Sylvain Lambert – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Mon, 30 May 2016 23:12:39 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 La nouvelle stratégie aérospatiale du Québec présentée à l’ÉNA par Philippe Couillard et Dominique Anglade. https://infoaeroquebec.net/la-nouvelle-strategie-aerospatiale-du-quebec-presentee-a-lena-par-philippe-couillard-et-dominique-anglade/ Mon, 30 May 2016 21:03:24 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=15806 SAINT-HUBERT – La presse fut convoquée en ce lundi matin sur le coup de 9h00 à l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) aux abords de l’aéroport de Saint-Hubert, en banlieue sud de Montréal, pour la présentation par le Premier ministre du Québec, monsieur Philippe Couillard et la Ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, madameDominique Anglade en présence de représentants de l’industrie aérospatiale dont Suzanne Benoit, pdg d’Aéro Montréal et du directeur de l’École, Sylvain Lambert.

Vous retrouverez ci-dessous, des extraits choisis de la nouvelle politique.

Extraits des documents officiels

La stratégie se compose de 10 objectifs répartis en 4 axes : 

 

AXE 1: Renforcer et diversifier la structure de l’industrie

  1. Attirer des maîtres d’œuvre et des fournisseurs de rang 1 et 2

En vue de coordonner les efforts de prospection ayant pour but d’attirer des maîtres d’oeuvre et des fournisseurs de rang 1 et 2, le gouvernement mettra en place un groupe d’intervention tactique en aérospatiale, coordonné par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

Le groupe d’intervention sera composé d’intervenants actifs dans la prospection d’investissements étrangers, notamment Investissement Québec et Montréal International. Il travaillera en partenariat avec l’industrie.

Le groupe d’intervention mettra en place les moyens nécessaires pour attirer concrètement les investissements souhaités.

Toujours afin d’attirer des maîtres d’oeuvre et des fournisseurs de rang 1 et 2, le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation réservera une enveloppe d’intervention de 150 millions de dollars sur cinq ans, dans le cadre du Fonds du développement économique. Les interventions réalisées devraient permettre d’attirer des investissements privés estimés à plus de 825 millions de dollars au cours de la même période. L’impact budgétaire de cette mesure est estimé à 57,4 millions de dollars pour la période 2016-2021.

 

Dans le cadre de la Stratégie québécoise de l’aérospatiale, le gouvernement du Québec contribuera à la promotion de l’industrie québécoise et des atouts du Québec lors des grands salons internationaux, notamment :

  • le Salon international de l’aéronautique et de l’espace Paris-Le Bourget, en France;
  • le Salon international de l’aérospatialede Farnborough, au Royaume-Uni;
  • le salon de l’Association nationale de l’aviation d’affaires, aux États-Unis.

 

Le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation investira à cette fin 1,7 million de dollars au cours des cinq prochaines années

 

  1. Promouvoir et renforcer les secteurs de la sécurité et de la défense

En collaboration avec l’industrie, le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation mettra sur pied Croissance Sécurité Défense Québec, un portail Web offrant un ensemble de services aux entreprises et aux organismes souhaitant accroître leurs activités dans les domaines de la sécurité et de la défense.

 

  • Croissance Sécurité Défense Québec offrira des services d’information technique, d’accompagnement et de représentation.

 

  • Le portail présentera une cartographie des secteurs québécois de la sécurité et de la défense. Cette cartographie servira de vitrine pour mieux promouvoir les atouts du Québec, notamment à l’occasion des grands salons internationaux.

 

  • Croissance Sécurité Défense Québec informerales entreprises, notamment les PME, au sujet de la politique fédérale des retombées industrielles et technologiques. Cette information permettra aux entreprises de mieux tirer parti des contrats de défense accordés par le gouvernement du Canada.

 

  • Une coopération sera établie avec Développement économique Canada pour les régions du Québec afin de promouvoir le portail et d’en maximiser le contenu.

 

Au cours des trois prochaines années, le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation investira 600 000 $ dans le portail et les services d’accompagnement.

 

  1. Développer le secteur des drones et ses applications civiles

Avec le Centre d’excellence sur les drones d’Alma, le Québec dispose du seul emplacement consacré aux drones civils et commerciaux dans l’est du Canada. Pour tirer profit de cet atout, le gouvernement du Québec collaborera avec le Centre d’excellence sur les drones d’Alma et Transports Canada au développement d’un centre d’essai pour la préqualification de systèmes de drones, dont la mission sera la suivante :

  • contribuer à l’élaboration des réglementations du secteur et à l’introduction de nouvelles normes de qualité;
  • permettre à l’industrie de valider, en situation de fonctionnement, les équipements et les résultats de la recherche. À cette fin, le centre construira des infrastructures représentatives de la réalité.

L’investissement nécessaire pour créer un centre de préqualification de systèmes de drones est estimé à 2,5 millions de dollars. Le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation financera le tiers de cet investissement, ce qui représente une contribution de 800 000 $.

 

AXE 2: Soutenir la croissance de l’industrie: appuyer les projets et investir dans la main-d’œuvre

  1. Appuyer les projets d’investissement d’envergure

Les interventions gouvernementales en faveur des projets d’investissement d’envergure seront effectuées par l’intermédiaire du Fonds du développement économique du Québec, Investissement Québec agissant à titre de mandataire du gouvernement du Québec. Certaines de ces interventions seront liées au programme ESSOR du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. L’objectif du programme ESSOR est d’appuyer les projets d’investissement au Québec dans une perspective d’accroissement de la compétitivité, de création d’emplois et de développement durable.

 

Selon les estimations effectuées, le soutien de 210 millions de dollars réservé dans le cadre de la Stratégie aux projets d’investissement d’envergure devrait permettre la réalisation de projets d’investissement privé totalisant près de 1,2 milliard de dollars.

 

  1. Investir dans la main-d’œuvre

 

L’aérospatiale fait rêver, en raison de ses succès, de ses innovations et des défis technologiques qu’elle suscite. Il s’agit également d’un secteur créateur d’emplois de qualité et bien rémunérés.

 

Pour assurer la relève de la main-d’oeuvre nécessaire à la croissance à long terme de l’industrie, des initiatives seront soutenues ou engagées afin de sensibiliser les jeunes à l’aérospatiale et d’éveiller leur intérêt pour ce secteur d’activité. Ces initiatives se déploieront dès le primaire.

 

La Stratégie québécoise de l’aérospatiale prévoit des ressources de 600 000 $ au cours des cinq prochaines années à cette fin.

 

AXE 3: Accompagner les PME dans leur développement

  1. Favoriser le passage des PME à l’industrie 4.0

Le gouvernement du Québec apporte son soutien à une nouvelle démarche d’amélioration de la compétitivité des PME, l’approche MACH-FAB 4.0, fondée sur l’initiative MACH d’Aéro Montréal. MACH-FAB 4.0 est une mesure de parrainage et d’accompagnement sur mesure conçue à l’intention des PME. Le but est de favoriser l’implantation des technologies numériques et de la fabrication avancée au sein des PME participantes, notamment par la formation de la main-d’oeuvre appelée à utiliser les nouveaux outils numériques.

La mise en oeuvre de cette nouvelle initiative sera sous la responsabilité d’Aéro Montréal, qui collaborera à cette fin avec Sous-traitance industrielle au Québec, le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO) et l’École de technologie supérieure.

La Stratégie québécoise de l’aérospatiale prévoit une contribution du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation de 9,5 millions de dollars sur cinq ans, à laquelle s’ajoute une contribution équivalente du secteur privé. L’initiative MACH-FAB 4.0 permettra de soutenir 50 PME du secteur de l’aérospatiale dans leur passage vers l’entreprise numérique du futur.

 

  1. Encourager les fusions et les acquisitions

Dans le cadre de la Stratégie québécoise de l’aérospatiale, le gouvernement du Québec met en place deux initiatives visant à aider les PME à réaliser les fusions et acquisitions nécessaires à leur développement.

DES EXPERTS-CONSEILS EN FUSION ET ACQUISITION

Le gouvernement assumera une partie des coûts associés aux services professionnels externes nécessaires aux processus de fusion et d’acquisition au Québec – soit ceux associés à l’embauche d’experts-conseils en fusion et acquisition.

Une somme de 2 millions de dollars est réservée à cette fin pour les cinq prochaines années, ce qui permettra d’accompagner 20 PME du secteur de l’aérospatiale dans leur processus de fusion ou d’acquisition.

UN APPUI AUX ACQUISITIONS STRATÉGIQUES À L’ÉTRANGER

Sur le plan international, le gouvernement entend aider les PME québécoises à effectuer des acquisitions stratégiques ou à établir des ententes de partenariat stratégique. De telles acquisitions ou ces partenariats constituent souvent un moyen efficace pour une PME de s’intégrer à la chaîne d’approvisionnement mondiale. Ils devront avoir pour effet de créer et de maintenir des emplois au Québec.

Le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation aidera les PME qui désirent déterminer des cibles d’acquisition et négocier des partenariats stratégiques. Le Ministère prendra également en charge une partie des coûts des acquisitions, en rendant disponibles des prêts ou des garanties de prêt par l’entremise du Fonds du développement économique. À cette fin, la Stratégie québécoise de l’aérospatiale prévoit des ressources de 55 millions de dollars au cours des cinq prochaines années.

Les interventions pilotées par le Ministère permettront la réalisation de projets estimés à 130 millions de dollars. L’impact budgétaire de cette mesure est évalué à 19,8 millions de dollars pour les cinq prochaines années.

 

  1. Stimuler les exportations

Export Québec accompagnera les PME du secteur aérospatial pour promouvoir l’offre québécoise sur les marchés internationaux.

  • Export Québec organisera des missions économiques ciblées auprès de maîtres d’œuvre et de fournisseurs de premier rang non installés au Québec, en fonction des occasions d’affaires préalablement ciblées.
  • Export Québec concevra un outil de promotion des entreprises québécoises et de la capacité industrielle du Québec spécialement adapté aux caractéristiques et aux atouts des PME québécoises dans le secteur aérospatial. Cet outil de promotion visera les donneurs d’ordres non établis au Québec.

Export Québec ciblera un groupe d’attachés économiques qui, à partir des bureaux du Québecà l’étranger, approfondiront leur connaissance des entreprises du secteur ainsi que du marché de l’aérospatiale sur leurs territoires respectifs.

Ces attachés économiques établiront des relations ciblées dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’aérospatiale, particulièrement aux États-Unis et en Europe. Ils auront pour mandat d’aider les PME québécoises à prendre les bonnes décisions en matière d’exportation, ainsi qu’à mettre en oeuvre leurs stratégies d’expansion sur les marchés extérieurs.

 

AXE 4: Miser sur l’innovation

  1. Stimuler le développement de nouveaux produits et procédés

Le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation financera le fonctionnement des regroupements sectoriels de recherche industrielle, ainsi que leurs projets d’innovation collaborative.

Le Ministère soutiendra également les projets collaboratifs auxquels participeront plusieurs regroupements sectoriels de recherche industrielle, afin de favoriser la synergie interindustrielle. Cet appui concernera par exemple des projets faisant intervenir concurremment le secteur aérospatial et les secteurs de l’information et des communications, des matériaux avancés, de la transformation métallique et de l’aluminium.

Au cours des cinq prochaines années, le Ministère consacrera 2,5 millions de dollars à cet appui.

 

Dans le cadre de la Stratégie québécoise de l’aérospatiale, le gouvernement s’appuiera sur le projet SA2GE pour accroître la collaboration en matière d’innovation au sein du secteur.

 

  • Le gouvernement entend procéder à la mise en oeuvre de la phase 2 du projet SA2GE. Cette seconde phase représente un investissement total de 80 millions de dollars, réparti à égalité entre le gouvernement et l’industrie. Le soutien du gouvernement envers ce projet mobilisateur découle du Budget 2015-2016 et du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, financé par le Fonds vert.

 

  • À partir de 2018-2019, des appels de projets annuels assureront la poursuite du projet SA2GE. Ces appels s’adresseront principalement aux maîtres d’oeuvre et aux fournisseurs investissant en innovation, et ils mobiliseront les PME, les universités et les centres de recherche du

Québec.

 

Ainsi, au cours des cinq prochaines années, le gouvernement investira 65 millions de dollars afin de financer la seconde phase du projet mobilisateur SA2GE et les appels de projets qui suivront à partir de 2018-2019. L’investissement du secteur privé sera équivalent, ce qui permettra de consacrer 130 millions de dollars d’ici 2020-2021 au projet de l’avion plus écologique

 

 

  1. Faire croître l’innovation au sein des PME

La Stratégie québécoise de l’aérospatiale prévoit que le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation consacrera 8,2 millions de dollars au cours des cinq prochaines années au financement de projets de démonstration technologique répondant aux besoins des PME. Cet appui devrait soutenir des investissements de près de 16 millions de dollars.

 

Le gouvernement souhaite également inciter les PME du secteur de l’aérospatiale à participer à des projets d’innovation collaborative sur le plan international.

 

Le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation entend appuyer la réalisation de projets internationaux de recherche et d’innovation réalisés conjointement par des acteurs des milieux de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’industrie. Il entend aussi encourager les partenariats de haut niveau en recherche industrielle en soutenant les initiatives internationales stratégiques.

 

Dans le cadre de la Stratégie québécoise de l’aérospatiale, une enveloppe budgétaire de 2,5 millions de dollars sera consacrée à la participation des PME aérospatiales au réseau d’innovation mondial, au cours d’une période de cinq ans.

 

Source :  https://www.economie.gouv.qc.ca/objectifs/informer/par-secteur-dactivite/aerospatiale/page/strategies-21620/?no_cache=1&tx_igaffichagepages_pi1%5Bmode%5D=single&tx_igaffichagepages_pi1%5BbackPid%5D=148

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Yves Rossi dit ‘Jetman’ à l’ÉNA : une idée formidable. https://infoaeroquebec.net/yves-rossi-dit-jetman-a-lena-une-idee-formidable/ Sun, 08 May 2016 03:41:54 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=15518  

SAINT-HUBERT – Ce mercredi à midi, à l’École nationale d’aérotechnique sise aux abords de l’aéroport de Saint-Hubert (CYHU) sur la Rive Sud de Montréal, le suisse Yves Rossy connu aussi sous le nom de Jetman était l’invité du professeur Carl Garneau et de ses étudiants du groupe Aéro-ÉNA, dans le cadre du Programme de valorisation et de reconnaissance mis sur pieds par l’ÉNA, ‘Siège des héros’. Grâce à ce projet, des personnalités inspirantes du monde de l’aviation présentent une conférence et prennent les commandes d’un avion entièrement construit par les étudiants, un RV-6.

Venu expressément au Québec à cette occasion devant plus de 400 étudiants, professeurs, employés et invités de l’École nationale d’aérotechnique, le plus grand institut d’aérotechnique en Amérique du Nord, monsieur Rossy a raconté le formidable parcours qui l’a mené à devenir le premier humain à voler à l’aide d’une aile propulsée fixée sur son dos.

Il commença tout de go en rappelant que ‘l’homme n’était pas fait pour voler, on est des pierres, des enclumes, on n’a malheureusement pas des plumes comme les oiseaux’.

Avant même de commencer sa présentation, suite à sa visite de l’École, lui qui a fait des études en mécanique, mais déjà passionné d’aviation, s’est dit ’jaloux devant de telles installations’.

C’est attaché à une aile rigide de 2,4 mètres d’envergure munie de quatre micro-réacteurs qui lui a permis d’atteindre les 300 km/h et de se faire appeler ‘Jetman’.

Yves Rossi devant un Mirage IIIC. Photo: Philippe Cauchi.

Yves Rossi devant un Mirage IIIC.
Photo: Philippe Cauchi.

Sa présence à un spectacle aérien à l’âge de 13 ans allait déterminer le cours de la vie d’Yves Rossy, né le 27 août 1959 dans le canton de Neufchâtel en Suisse.  Il se joindra aux forces aériennes suisses (en allemand Schweizer Luftwaffe, en italien Forze Aeree Svizzere et en romanche Aviatica Militare Svizra) où pilote, il se retrouvera aux commandes de Hawker Hunter, Northrop F-5A Freedom Fighter et Dassault Mirage IIIC. Il intégra les lignes aériennes Swissair qui deviendra Swiss International Airlines où en tant que capitaine, il pilotera des Airbus et des Boeing dont le 747-400.

Yves Rossi devant un Boeing 747-400. Photo: Philippe Cauchi.

Yves Rossi devant un Boeing 747-400.
Photo: Philippe Cauchi.

Mais son rêve demeurait toujours de voler libre de toute contrainte physique, c’est-à-dire sans le carcan d’un fuselage. Pour lui ‘voler des machines supersoniques signifie la liberté mais on est dans des machines…puis j’ai volé dans le civil, des machines extraordinaires comme le Boeing 747-400 à 800kmh…mais elles restent des boites lorsque l’on rêve de voler comme un oiseau.’ Puis à l’âge de 30 ans, Yves Rossy a eu un flash en faisant de la chute libre où il retrouvait les ‘feelings’ qu’il éprouvait en pilotant des jets militaires. Il songe alors à pouvoir ajouter à la chute libre, le vol horizontal.

 

Lui-même adepte de surf des neiges ou snowboarding, de ski, de parachutisme, d’alpinisme et de parapente ou paragliding, il développe une première aile d’un mètre 30 aux performances limitées puis une seconde de deux mètres 30 avec une finesse de 4, constituée d’une partie centrale en composite et de deux embouts gonflables afin de pouvoir entrer dans l’avion et d’obtenir de meilleures performances.  Il l’attache dans son dos à l’aide d‘un harnais largable afin de se séparer de l’aile en cas de problème et parvient, sautant d’un Pilatus PC-6 Porter, à allonger le temps de la chute libre. Mais il reste insatisfait, son but étant le vol libre.

Monsieur Rossy passera alors à l’aile semi-rigide en fibre de carbone à laquelle il greffera la propulsion.

En 2004, il placera deux moteurs allemands alimentés au kérosène Jet-Cat P200 d’une masse unitaire de 84 onces (2,37kg) et d’une poussée de 51,7 livres (230N), d’un diamètre de 5,2 pouces (13,87cm), d’une longueur 13,78 pouces (35,5cm) tournant de 33 à 112 000 tours/minutes venant du modélisme sur son aile qui lui permettra le vol horizontal.  Le prix unitaire des P200 s’élève de 7 à 8000 Euros alors qu’il est toujours seul à financer le projet.  Deux ans, plus tard, deux moteurs additionnels permettront les manœuvres en vol et ainsi de se diriger dans les trois dimensions, le corps d’Yves Rossy servant d’ailerons, de gouverne de direction et de gouverne de profondeur et de déporteurs, ses seuls instruments étant un altimètre et une commande des gaz. Néanmoins, l’atterrissage nécessite toujours un parachute.

Pour en arriver là, celà lui aura demandé dix ans de travail et quinze prototypes avec un premier vol réussi au-dessus de son pays natal, le 24 juin 2004.

À partir de 2007, monsieur Rossy se pratiquera sur un aérodrome privé, celui de Skydive Empuriabrava à Castello d’Empires en Espagne.

L’année suivante, il commencera à voler au-dessus des Alpes suisses à la vitesse moyenne de 108knt (200km/h) pour atteindre une pointe de 165knt (304km/h).

Jetman attire l’attention du grand public pour la première fois le 14 mai 2008 lors de son premier vol officiel au-dessus des montagnes de son pays.

En septembre de la même année, il récidive en traversant la Manche 99 ans après Louis Blériot sur son monomoteur Blériot XI. Ayant dû renoncer les 24 et 25 septembre à cause d’une mauvaise météo, lancé au-dessus de Calais en France, d’un hélicoptère à 8200 pieds d’altitude (2500m), Jetman se posera, 35km plus loin, à Douvres en Angleterre, 9 minutes et 7 secondes plus tard après une pointe à 157knt (300km/h) pour se maintenir à 105knt (200km/h). Ce vol historique sera retransmis en direct dans 165 pays.

Le 7 mai 2011, Jetman survolera finalement le Grand Canyon en Arizona, aux États-Unis, après avoir attendu pendant une semaine les autorisations d’usage de la part de la Federal Aviation Administration (FAA).  Malheureusement, les caméras n’avaient pas eu autant de patience.

JetMan Dubai.

JetMan XDubai.

En juillet 2013, monsieur Rossy fut une des grandes attractions de l’Experimental Aircraft Association (EAA) Fly-In, grande messe de l’aviation générale qui se tient chaque année à Oshkosh, au Wisconsin, et qui attire en une semaine généralement 500 000 visiteurs et 10 000 aéronefs dont 2000 en exposition.

Yves Rossy et Vince Reffet.

Yves Rossy et Vince Reffet.

En 2014, il déménage à Dubai, lieu de son commanditaire XDubai.  L’année suivante, il présente son protégé, Vince Reffet, bien connu du monde du parachutisme avec plus de 15 000 sauts à son actif , Freely World Champion en 2004 et gagnant de médailles d’or au World Championships en 2005, 2006, 2008 et 2009.  Entraîné et mentoré par Yves Rossy, Vince Reffet va permettre la réalisation du vol en formation des deux hommes.

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Le 13 octobre 2015, tous deux réalisèrent un vol en formation historique au-dessus de Dubai, lancés de leur Bell 412 d’une altitude de 5000 pieds (1676m) avec un Airbus A380 d’Emirates de 335 tonnes à une altitude de 4000 pieds (1219m). Le vol d’une durée de dix minutes fut ponctué de montées et de descentes en parallèle du quadriréacté géant.

Yves Rossy. Photo: Daniel Bordereau.

Yves Rossy.
Photo: Daniel Bordereau.

Le pilote Suisse voulut conclure en soulignant devant ce parterre majoritairement constitué d’étudiants qu’il faut s’accrocher à ses rêves ‘Une idée, un rêve, il faut essayer et faire tout ce qu’on peut pour le réaliser. On n’a rien à perdre. Il faut y croire et surtout persévérer car il y a du travail derrière un succès. C’est normal de ne pas y arriver du premier coup’

Communicateur hors-pair, Yves Rossy confia que ‘Pour ma part, devenir un Jetman est ce que j’ai fait de plus gratifiant dans ma vie’.

Après sa forte intéressante présentation, monsieur Rossy fut invité par Carl Garneau à rester sur l’estrade alors que le premier invita Robert Piché, commandant de l’Airbus A330-200 C-GITS du vol 236 d’Air Transat posé d’urgence aux Açores après une panne séche, à se joindre à eux.

Yves Rossy et Robert Piché. Photo: ÉNA.

Yves Rossy et Robert Piché.
Photo: ÉNA.

En qualité de premier récipiendaire du trophée du ‘Siège des héros’, le pilote d’Air Transat remis la seconde édition du prix à Yves Rossy.

Sylvain Lambert et Robert Piché. Photo: ÉNA.

Sylvain Lambert et Robert Piché.
Photo: ÉNA.

À son tour, le directeur de l’ÉNA, Sylvain Lambert, en poste depuis le 3 août 2015, remit au commandant Piché, le trophée qui ne lui avait jamais été présenté.

Le RV-6A de l'ÉNA. Photo: Daniel Bordeleau.

Le RV-6A de l’ÉNA.
Photo: Daniel Bordeleau.

Pour clore, l’évènement, Yves Rossy fut invité à prendre les commandes du Van’s Aircraft RV-6A de l’École, un monomoteur à piston à ailes basses deux places côte à côte réalisé de toutes pièces par les étudiants de l’ÉNA dans le cadre de leur formation collégiale.

Yves Rossy aux commande du RV-6A de l'ÉNA. Photo: ÉNA.

Yves Rossy aux commande du RV-6A de l’ÉNA.
Photo: ÉNA.

Rappelons que bien que l’École ait acheté du constructeur d’avions en kits d’Aurora, en Oregon, les plans du RV-6A, ses étudiants ont revu tous les dessins et la conception de chaque pièce, améliorant même certains composants non critiques. Ainsi, les étudiants n’ont pas simplement assemblé l’appareil, mais bien qu’ils en ont fabriqué chaque pièce une à une, avec toutes les inspections et les tests de qualité que cela exige. Le RV-6A qui a effectué son vol inaugural le 22 janvier 2010, a obtenu de Transports Canada son certificat spécial de navigabilité pour une construction amateur.

Logo Jetman Dubai.

Logo Jetman Dubai.

Jet Man Jet Powered Wing
Envergure: 2,00m
Masse avec carburant et fumée 70kg
Masse à vide 40kg
Motorisation 4 Jet-Cat P400
Poussée 395N

88,7 livres

Type de carburant Kérosène Fuel J-A1 avec 5% d’huile à turbine Aero Shell 500 ou BP 2380
Capacité de carburant 15 à 30 litres
Vitesse moyenne: 220km/h
Vitesse en montée: 200km/h
Vitesse en descente: 350km/h
Taux de montée: 3000pieds/minute
Temps de vol: 6 à 13 minutes
Parachute: Parachutes de France Legend R
Harnais: Système de séparation automatique avec arrêt des gazs et ouverture automatique du parachute de l’aile

 

 

 

 

 

 

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