Stephen Harper – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Tue, 30 Jun 2020 01:26:11 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 Pas facile finalement pour le gouvernement Trudeau d’écarter le F-35. https://infoaeroquebec.net/pas-facile-finalement-pour-le-gouvernement-trudeau-decarter-le-f-35/ Mon, 04 Feb 2019 04:44:23 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=28204 MONTRÉAL – Nombre de mots : 1183 – Temps de lecture : 7 minutes.

Dans un article de Lee Berthiaume de la Presse Canadienne, du 23 janvier 2019, nous apprenions que le gouvernement du Canada n’aurait nullement l’intention de se retirer du programme du chasseur de cinquième génération Joint Strike Fighter (JSF) LockheedMartin F-35 Lightning II.

L’article nous apprend ainsi que le Canada devrait bientôt payer des dizaines de millions de dollars pour le développement futur de l’avion de chasse F-35 alors même que le gouvernement fédéral devrait lancer un appel d’offres pour le remplacement de ses vieux McDonnell Douglas F-18 Hornet livrés entre 1982 et 1988.  Mais surtout trois ans et demi après que le candidat au poste de premier ministre, le Libéral Justin Trudeau, aussi avide du pouvoir que la machine de son parti, avait fait du F-35 son bouc-émissaire de campagne et de la légalisation du cannabis, sa principale promesse électorale.

Qui pourrait oublier le spectacle qu’a donné le candidat Trudeau sur le dos du F-35 sur lequel le gouvernement du Conservateur Stephen Harper, alors au pouvoir, avait porté son choix avec l’achat de 65 exemplaires.

Ainsi le dimanche 20 septembre 2015, 50ièmejour de la campagne, le Parti Libéral du Canada par la voix de son chef et candidat au poste de premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a sorti de son chapeau le dossier du F-35 et du remplacement des CF-18 Hornet de l’Aviation royale canadienne.Entouré de partisans libéraux, monsieur Trudeau lors d’une activité partisane au Musée canadien de l’immigration situé à la jetée 21 du port d’Halifax en Nouvelle-Écosse déclara sans équivoque à défaut d’arguments valables: ‘We will not buy the F-35 fighter jet’.

Un CF-18 volant en formation au-dessus d’Hawaii. Photo: U.S. Navy.

Il propose alors de remplacer les McDonnell Douglas CF-18 Hornet entrés en service en 1983 par des aéronefs plus abordables que le Lockheed Martin F-35 Lightning II qu’il n’identifie nullement.

Volte-face bien Libérale,Patrick Finn, sous-ministre adjoint aux matériels au Ministère de la Défense nationale et responsable de l’approvisionnement militaire, a indiqué que le Canada n’envisageait nullement de se retirer du groupe des neuf partenaires du programme F-35 avant la l’annonce du choix du remplaçant des F-18 de l’Aviation royale canadienne.

Aussi étrange que cela puisse paraître pour un gouvernement qui voulait rayer le F-35 de sa liste de candidats, le Canada demeure un partenaire du Joint Strike Fighter aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Turquie, de l’Australie, de la Norvège et du Danemark.

Nous sommes loin des esclandres électoraux du fils Trudeau contre l’avion de combat américain. Le candidat Libéral a passé sa campagne à dire tout ce que l’électorat anti-Harper voulait entendre sachant très bien qu’une fois élu, les choses seraient différentes. Parmi les promesses à l’emporte-pièce figurèrent naturellement, celle de ne pas équiper le Canada du F-35. En fait, l’une des seules promesses tenues par Trudeau fut la légalisation de la marijuana, chose dont le pays aurait pu se passer.

Boeing F/A-18E Super Hornet. Photo: U.S. Marine Corps.

Eurofighter Typhoon.
Photo: Airbus.

Saab Gripen E.
Photo: Saab Aircarft.

Quoiqu’il en soit, jusqu’à présent, le F-35 figure parmi les quatre aéronefs, aux côtés du Boeing F-18E/F Super Hornet, de l’Airbus Eurofighter Typhoon et du Saab Gripen E, qui devraient être évalués.

Il est vraiment qu’il est alléchant pour le gouvernement canadien et l’industrie aérospatiale canadienne de participer à un programme qui mènera à la construction de plus de 4000 appareils de très haute technologie. En 2018, 91 F-35 ont été livrés, 130 le devraient bientôt en 2019 et dès 2023 plus de 160 annuellement.  À titre de comparaison, le Typhoon dont le vol inaugural remonte à 1994 et dont quelques 550 exemplaires ont été livrés, devrait péniblement dépasser le cap des 600 livraisons avant la fin de sa production.

F-35 Facts and figures 2019. Photo: LockheedMartin.

Comme l’indiqua si bien monsieur Flynn, les entreprises canadiennes ont déjà bénéficié de contrats totalisants $1,25 milliard alors que la montée en puissance de la production en série du F-35 vient juste de s’amorcer. Au cours des vingt dernières années, le Canada a investi un peu plus de $500 millions dans le programme.

Encore une autre virevolte de la part des Libéraux, l’histoire nous y a habitué.

Quel contraste avec les propos tenus par Justin Trudeau lors de la campagne électorale fédérale de 2015 alors qu’il jouait à fonds le fait de promettre aux électeurs ce qu’ils voulaient.  D’ailleurs, au fil du temps, les Libéraux fédéraux nous ont habitués à ce genre de manœuvre électoraliste.

Rappelons-nous qu’à la suite à l’élection en 1993 du maître à penser de Justin Trudeau, Jean Chrétien, ce dernier avait annulé, dès sa prise du pouvoir, le contrat passé en 1990 par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney pour l’achat d’hélicoptères GKN Westland EH-101 qualifiés de façon opportuniste par le chef Libéral de ‘Cadillac’. Son annulation coûta pour ce dédit aux contribuables canadiens la bagatelle somme de 478 millions de dollars de l’époque, ce qui n’empêcha pas le même gouvernement Libéral d’acquérir en 1998, 15 Cormorant, essentiellement des EH-101 rebaptisés et livrés entre 2001et 2003.

Sous le régime Conservateur de Stephen Harper, trois programmes d’acquisition de matériel aéronautique militaire ont été menés à bien, en douceur et dans le respect des budgets et des dates de livraison : ceux des quadriréactés de transport stratégique Boeing C-17 Globemaster III, des hélicoptères lourds Boeing CH-47F Chinook et des quadriturbopropulsés de transport tactiques Lockheed Martin C-130J Hercules.

Faut-il se souvenir que le F-35 a été sélectionné également par l’US Air Force, l’US Navy et l’US Marine Corps, mais aussi par le Royaume-Uni, l’Australie, la Turquie, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Corée du Sud et la Belgique.

Mais encore plus significative reste la sélection du F-35 par deux forces aériennes des plus sélectives et rigoureuses au monde dans leur processus d’acquisition de matériel militaire, Heyl Ha’Avir, l’armée de l’air d’Israël et les Japan Self Defence Forces avec des commandes totales de 105 F-35A et de 42 F-35B, faisant du Japon, le plus important client international du F-35.

Lockheed Martin F-35I Adir.
Photo: IAF.

Justin Trudeau et son gouvernement reviendront-ils finalement à la raison en optant pour le F-35 pour le remplacement des F-18 de l’Aviation royale canadienne.  Si cela se concrétisait,  il pourra toujours prétexter que depuis ses déclarations bien calculées de la campagne de 2015, le F-35 a muri et gagné ses lettres de noblesse.

En date d’aujourd’hui, plus de 360 F-35 ont été livrés qui ont accumulé plus de 177 000 heures de vol à partir de 16 bases aériennes dans le monde alors que 760 pilotes et 6900 mécaniciens sont qualifiés sur ce chasseur-bombardier de cinquième génération. De plus, le coût unitaire actuel du F-35A est passé à 89,2 millions de dollars américains, une réduction de 60% alors que LockheedMartin vise un coût unitaire de 80 millions de dollars d’ici 2020.

Il faut dire que d’ici l’annonce du nom du successeur des F-18 Hornet des Forces armées canadiennes, les prochaines élections fédérales auront eu lieu.

De deux choses l’une.  Réélu, Trudeau pourra alors opter pour le F-35 sans problème, il aura atteint son but se faire réélire ou chassé du pouvoir, les Conservateurs pourront reprendre alors ce que Stephen Harper avait commencé en passant commande du F-35.

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ÉDITORIAL : Le gouvernement Trudeau aurait jeté son dévolu sur le F-18E/F. https://infoaeroquebec.net/editorial-le-gouvernement-trudeau-aurait-jete-son-devolu-sur-le-f-18ef/ Wed, 08 Jun 2016 16:04:29 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=15939  

MONTRÉAL – Selon un article du 5 juin 2016 du quotidien d’Ottawa The Citizen, le gouvernement Libéral de Justin Trudeau aurait une préférence marquée pour le Boeing F-18E/F Super Hornet pour remplacer les actuels 77 F-18 Hornet encore en service des 138 livrés entre 1982 et 1988.

Rien d’étonnant de la part d’un gouvernement dont une partie de la campagne électorale de l’automne dernier a reposé sur le rejet du chasseur de cinquième génération Lockheed Martin F-35 Lightning II, bien que le Canada joignit le programme Joint Strike Fighter (JSF) en 2007 en tant que ‘Level 3 Participant’ au même titre que l’Australie, la Norvège, le Danemark et la Turquie, sous le gouvernement Libéral de Jean Chrétien dès 2007, celui du Conservateur Steven Harper avait annoncé en 2010, l’achat de 65 F-35 sans appel d’offres.

Logo JSF

Rien d’étonnant en comparant les activités des divers prétendants soit Boeing, Lockheed Martin, Dassault Aviation, Eurofighter et Saab lors des salons CANSEC 2015 et 2016.

Maquette du F-35 au stand Lockheed Martin à CANSEC 2016. Photo: Philippe Cauchi.

Maquette du F-35 au stand Lockheed Martin à CANSEC 2016.
Photo: Philippe Cauchi.

En 2016 contrairement à 2015, Lockheed Martin a mis en évidence ses systèmes destinés aux frégates en dépit d’une maquette de bonne taille du F-35 arborant un empennage double aux couleurs de l’unifolié.  Quant à Dassault Aviation, aucune activité publique ne traita du Rafale tandis que le responsable du programme qui fit le voyage depuis la France pour l’édition 2015 brilla par son absence cette année.  Eurofighter avec son Typhoon et Saab avec son Gripen furent tout aussi discrets.

Riccardo Travern, Richard Schallom, Robeto Valla. Photo: Philippe Cauchi.

Riccardo Travern, Richard Schallom, Robeto Valla.
Photo: Philippe Cauchi.

À l’opposé, Boeing amena une fois encore son simulateur mobile du F-18E/F et organisa une conférence de presse réunissant le pilote d’essai en chef du programme Super Hornet et ancien pilote des Forces armées canadiennes Riccardo Traven ainsi que Roger Schallom, responsable, Canada Industrial Participation Program, Integrated Defense Systems et Roberto Valla, vice-président Canada, Defense, Space & Security.

En optant pour le Boeing F-18E/F Super Hornet, le gouvernement Trudeau pourra ainsi remplir une promesse électorale et surtout du même coup gagner du temps.

Le ministreHarjit Singh Sajjan à CANSEC 2016. Photo: Philippe Cauchi.

Le ministreHarjit Singh Sajjan à CANSEC 2016.
Photo: Philippe Cauchi.

Rappelons-nous qu’au matin du deuxième jour de CANSEC 2016, le ministre de la défense canadien, Harjit Sajjan, déclara que le ‘Canada will soon be looking at a capability gap due to the aging CF-18 fleet…. We are risk-managing a gap between our NORAD and NATO commitments and the number of fighters available for operations’. Il ajouta que ‘We can foresee a growing capability gap, and this I find unacceptable and it’s one thing that we plan to fix’.

Le ministre ne pouvait être plus clair.

Justin Trudeau gagnerait du temps avec une solution intérimaire qui consisterait en un achat d’un nombre réduit de F-18E/F afin de remplacer les plus vieux CF-18.

F-18F Super Hornet de la RAAF. Photo: Boeing.

F-18F Super Hornet de la RAAF.
Photo: Boeing.

En fait, il n’a rien inventé et pourrait simplement suivre l’Australie qui bien qu’elle se joigna au Joint Strike Fighter dès juin 2002 pour assurer la relève de ses McDonnell Douglas F-18, passa commande en mai 2007 de 24 Boeing F-18E/F Super Hornet pour remplacer ses General Dynamics F-111 Advaark puis de 12 EF-18G Growler en mai 2013 sans tourner le dos au F-35.

General Dynamics F-111C Advaark. Photo: USAF.

General Dynamics F-111C Advaark.
Photo: USAF.

McDonnell Douglas F-18B de la RAAF. Photo: RAAF.

McDonnell Douglas F-18B de la RAAF.
Photo: RAAF.

En octobre 1981, l’Australie opta pour le biracté F-18 de préférence au monoréacté General Dynamics F-16 Fightning Falcon, un gage de sécurité afin de survoler le vaste territoire national quasi-désert et les immenses étendues d’eau qui l’entourent. Les 57 F-18A et 18 F-18B entrèrent en service au sein de la Royal Australian Air Force entre 1980 et 1990.

L’Australie devrait réceptionner ses deux premiers F-35 d’ici 2018, 26 d’ici 2020 et la totalité des 72 aéronefs commandés d’ici 2023.

Ainsi l’Aviation royale canadienne pourrait, dans un premier temps, passer commande d’une trentaine de F-18E/F qui auraient l’avantage d’être des bimoteurs pour le survol des grandes étendues de neige du Canada et pour assurer la défense de l’espace aérien nord-américain dans le cadre de NORAD.

Dans un second temps, alors que le F-35 aura atteint sa pleine maturité et son coût unitaire aura été réduit par une cadence de production élevée, le Canada pourrait en acquérir au moins une trentaine pour remplir ses obligations outre-mer auprès de l’OTAN qui les amèneraient au-dessus de terrains d’opérations des plus hostiles.

Quant à ceux qui pensent que le Canada ne peut entretenir deux flottes d’avions de combat, ils n’auront qu’à se tourner vers l’Australie. Si elle en est capable, pourquoi le Canada ne le serait-il pas ?

De surcroit dans le passé, l’Aviation royale du Canada a bien maintenu parallèlement deux flottes d’avions de combat : dans les années 1970 et 1980, les Lockheed F-104 Starfighter, le McDonnell Douglas F-101 Voodoo et les Northrop F-5 Freedom Fighter et dans les années 1990, les McDonnell Douglas F-18 Hornet et les Northrop F-5 Freedom Fighter.

 

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Ottawa coincé entre Énergie Est et l’aide au CSeries de Bombardier. https://infoaeroquebec.net/ottawa-coince-entre-energie-est-et-laide-au-cseries-de-bombardier/ Thu, 28 Jan 2016 05:54:27 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=14630 MONTRÉAL – L’aide du gouvernement fédéral canadien pourrait-elle être victime de la bataille qui se dessine entre l’Ouest canadien et le Québec sur la question de la construction du pipeline Énergie Est.

En tout premier lieu, rappelons que l’oléoduc Énergie Est est un projet de Trade Canada Pipelines visant à acheminer du pétrole extrait des sables bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan à un terminal maritime situé à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick en traversant le Manitoba, l’Ontario et le Québec tout en desservant les trois raffineries de l’est du Canada.

Le pétrole de l’Alberta est pour l’instant enclavé et faute de pipelines ne peut accéder aux marchés mondiaux et se retrouve à ne pouvoir être écoulé que sur le marché américain à un prix moindre que le cours mondial. L’Ouest canadien, producteur de ce pétrole soutenu par l’ancien gouvernement fédéral, celui des Conservateurs de Stephen Harper, est en faveur des pipelines Northern Gateway vers l’océan Pacifique, Keystone XL vers le Golfe du Mexique et Énergie Est de 4600 km vers l’océan Atlantique.

Néanmoins, l’opposition de nombre de citoyens et de communautés du Québec relayée maintenant par les élus de la Province met en danger Énergie Est.

Le nouveau gouvernement fédéral du Libéral Justin Trudeau, contrairement à son prédécesseur, ne veut prendre officiellement position et se veut hypocritement un arbitre dans le dossier.

Bombardier CS100 Photo: Philippe Cauchi.

Bombardier CS100
Photo: Philippe Cauchi.

Reste toujours dans l’air, l’aide financière fédérale au programme CSeries, attendue depuis celle du gouvernement du Québec annoncée le 29 octobre dernier et vivement souhaitée par le gouvernement québécois du Libéral Philippe Couillard.

Monsieur Trudeau en ayant traîné ses pieds sur ce dossier cher au Québec qui lui a quand même donné une majorité de députés, avec 40 des 78 sièges de la province, se trouve maintenant en fâcheuse posture. Il faut reconnaître que Justin Trudeau fut plus prompt depuis son élection, le 19 octobre dernier, à organiser à grande hâte l’accueil au Canada des migrants syriens.

Le gouvernement Trudeau aura maintenant beaucoup de difficulté à amadouer l’Ouest du Canada, historiquement hostile à toute aide à Bombardier, alors que les maires de Montréal, Denis Coderre, un ancien député fédéral Libéral, et le maire de Québec, Régis Labeaume, parmi d’autres, s’opposent véhément au pipeline Énergie Est.

Bombardier CS300. Photo: Bombardier.

Bombardier CS300.
Photo: Bombardier.

Par quel tour de passe-passe ou par quelle pirouette, le gouvernement Trudeau qui promet depuis sa prise de pouvoir, par la voix des ministres Marc Garneau et Navdeep Singh Bain, travailler à trouver un moyen d’aider Bombardier, arrivera-t-il à satisfaire aussi bien le Québec que l’Alberta et la Saskatchewan?

Le gouvernement Trudeau a eu amplement le temps d’échafauder un plan de soutien de Bombardier mais il a préféré se tourner vers les migrants syriens.

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Aéro Montréal ne combattra pas le rejet du F-35. https://infoaeroquebec.net/aero-montreal-ne-combattra-pas-le-rejet-du-f-35/ Thu, 22 Oct 2015 05:11:34 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=13332 Aéro Montréal n’a pas l’intention de combattre l’abandon du chasseur F-35 par le nouveau gouvernement de Justin Trudeau. C’est ce qu’a affirmé Martin Lafleur, directeur principal pour le Chantier défense et sécurité mis sur pied par l’organisme Québécois, lors d’un symposium sur le marché canadien de la défense et de la sécurité à Boucherville.

Monsieur Lafleur explique cette décision par le fait que plusieurs membres d’Aéro Montréal collaborent également avec les manufacturiers des avions concurrents du F-35. «Une chose est claire, que ce soit le F-35 ou qu’on revienne en appel de propositions, l’industrie va toujours être présente pour faire valoir les capacités industrielles du Québec. La décision va appartenir au gouvernement. La seule chose qu’on va demander, c’est que la décision se prenne le plus rapidement possible de façon à ce que l’industrie sache sur quel pied danser.»

Logo Aéro Montréal.

Plus de retombées au Québec Aéro Montréal insiste par contre pour que l’entretien des futurs avions se fasse au Québec et un mémoire à ce sujet a été remis au gouvernement fédéral le printemps dernier. L’entente négociée par le gouvernement Harper prévoyait que l’entretien des F-35 se ferait essentiellement aux États-Unis, comme l’exigeait le gouvernement américain, en vertu de ses règles sur la protection des secrets militaires (ITAR).

Quant aux retombées industrielles pour le Québec, Monsieur Lafleur admis qu’Aéro Montréal ne possédait aucune étude comparant celles du F-35 à celles promises par ses concurrents. «On n’a pas de données comparant un appareil par rapport à l’autre pour savoir si il y avait plus de fournisseurs québécois. Notre information est que chacune des propositions est assez bien équilibrée côté fournisseur québécois. Dans le cas d’Aéro Montréal nous n’allons vraiment pas prendre position sur un programme d’appareil par rapport à un autre.

Quant à savoir si le F-35 devait être exclus d’un futur appel d’offre canadien, le porte-parole d’Aéro Montréal n’était pas en mesure de commenter.

Justin Trudeau. Photo: Presse Canadienne.

Justin Trudeau.
Photo: Presse Canadienne.

La déclaration de Justin Trudeau.

Lors d’une allocution à Halifax, M. Trudeau a promis d’abandonner l’achat du F-35, ce qui permettra d’économiser des dizaines de milliards de dollars afin de compléter la construction des navires déjà promis par le gouvernement Harper. http://www.cbc.ca/news/politics/canada-election-2015-trudeau-scrap-f35-halifax-1.3235791

«Un gouvernement libéral fera ce que le gouvernement conservateur de monsieur Harper aurait dû faire il y a plusieurs années déjà. Nous n’achèterons pas l’avion de combat F35. À La place nous allons lancer un concours ouvert et transparent pour remplacer le CF-18, tout en se rappelant que la mission principale de cet avion de combat est la défense de l’Amérique du Nord. Ce processus va également nous assurer que les soumissions comportent des garanties de retombées industrielles pour les compagnies canadiennes et leurs travailleurs. Parce que le plan conservateur, qui ne retenait qu’un seul fournisseur, ne le prévoyait pas. En choisissant de remplacer les actuels CF-18 par un avion plus abordable que le F-35, nous serons en mesure de nous assurer que les commandes déjà passées pour la marine seront remplies. Nous allons tenir les promesses faites aux chantiers maritimes d’Halifax.»

Question : «Monsieur Trudeau, vous avez annoncé ces changement aux Forces armées, mais vous n’avez pas annoncé le coût de ces mesures. Quel est-il ?»

«Nous savons que le choix d’annuler l’achat du F-35 décidé par le gouvernement conservateur et le choix d’opter plutôt pour une soumission concurrente, nous permettra d’économiser des dizaines de milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Cet argent va servir d’abord à nous assurer que le programme national de construction navale sera en mesure de livrer tous les navires promis et qu’il sera possible de poursuivre notre investissement dans les équipements et la formation des hommes et des femmes des Forces armées.»

Lockheed Martin F-35A Lightning II.

Lockheed Martin F-35A Lightning II.

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Les avions des chefs de partis fédéraux canadiens aux élections du 19 octobre 2015. https://infoaeroquebec.net/les-avions-des-chefs-de-partis-federaux-canadiens-aux-elections-du-19-octobre-2015/ https://infoaeroquebec.net/les-avions-des-chefs-de-partis-federaux-canadiens-aux-elections-du-19-octobre-2015/#comments Fri, 16 Oct 2015 02:40:42 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=13180 MONTRÉAL – Pendant toute la campagne lancée officiellement le 3 août 2015, les chefs des trois principaux partis politiques fédéraux ont sillonné le pays d’est en ouest et du nord au sud en avion.

Le premier ministre sortant et chef du Parti Conservateur du Canada, Stephen Harper, vole à bord d’un Airbus A319 d’Air Canada portant l’immatriculation C-GBHM.

Airbus A319 C-GBHM.

Airbus A319-100 C-GBHM.

Livré le 22 janvier 1998, cet Airbus A319-100 S/N0769 effectua son vol inaugural de l’aéroport de Hambourg-Finkenwerder en décembre 1997 sous l’immatriculation D-AVYB.

Le chef du Nouveau Parti Démocratique (NPD), Thomas Mulcair, utilise lui aussi un Airbus A319-100 S/N 546 d’Air Canada. Ayant effectué son vol inaugural de l’aéroport de Toulouse-Blagnac en août 1995 sous l’immatriculation F-WWDB, cet Airbus servit de prototype.

Airbus A319-100 C-GBIP.

Airbus A319-100 C-GBIP.

Il rejoignit la flotte d’Air Canada le 3 avril 1998 pour prendre l’immatriculation C-GBIP

Finalement, le chef du Parti Libéral du Canada, Justin Trudeau, se déplace dans un Boeing 737-800. Ce 737-8Q8 S/N 30696 a réalisé son vol inaugural de l’aéroport de Renton dans l’état de Washington, le 28 février 2006.

Boeing 737-800 C-GTQB.

Boeing 737-800 C-GTQB.

Propriété d’ILFC, il fut livré le 17 mars 2006 à Air India Express sous l’immatriculation VT-AXD. Remisé en janvier 2014, il passa au loueur Aerocap et rejoint la flotte d’Air Transat le 10 avril 2014 sous l’immatriculation C-GTQB.

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https://infoaeroquebec.net/les-avions-des-chefs-de-partis-federaux-canadiens-aux-elections-du-19-octobre-2015/feed/ 2
Les patates chaudes du CSeries et du F-35 dans la campagne électorale fédérale canadienne. https://infoaeroquebec.net/les-patates-chaudes-du-cseries-et-du-f-35-dans-la-campagne-electorale-federale-canadienne/ Thu, 15 Oct 2015 21:40:37 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=13143 La plus longue campagne électorale de l’histoire du Canada tirant à sa fin, il est temps de brosser le portait des propositions des candidats touchant au secteur aérospatial.

CSeries CS100. Photo: Bombardier

CSeries CS100.
Photo: Bombardier

Les péripéties du dernier-né de la famille des Avions commerciaux de Bombardier Aéronautique n’ont pas vraiment suscitées les passions chez les candidats et particulièrement chez Justin Trudeau, chef du Parti Libéral du Canada, ni chez Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti Démocratique (NPD).

Peut-être par crainte de perdre des votes en Ontario où le résultat des élections du 19 octobre se jouera ou simplement par manque d’intérêt des électeurs même ceux de Montréal, 3ième ville aérospatiale au monde et du Québec, 6ième puissance aérospatiale au monde.

Messieurs Trudeau et Mulcair auraient pu saupoudrer le Québec en aidant le CSeries et l’Ontario en soutenant les Global 7000 et 8000 et peut-être l’éventuelle version 90 places du Q400. Les gains en terme de vote ne semblent pas en valoir la peine.

À moins que la cause en soit encore plus sérieuse : l’apathie de l’industrie et de la population pour ce secteur de haute technologie.

Par contre sur la question du remplacement des McDonnell Douglas CF-18 Hornet de l’Aviation royale canadienne par le Lockheed Martin F-35 Lightning II, les deux challengers et particulièrement Justin Trudeau furent plus loquaces pour traiter du sujet par opportunisme politique.

Il faut dire qu’il est si facile de surfer sur le sujet en jouant sur un antimilitarisme latent et sur un angélisme répandu dans la population canadienne.

Lockheed F-35A Lightning II. Photo: Lockheed Martin.

Lockheed F-35A Lightning II.
Photo: Lockheed Martin.

Justin Trudeau pousse l’opportunisme politique en promettant même que lors d’une nouvelle compétition, le F-35 serait exclu d’office. Mais de quel droit !

Pour sa part Thomas Mulcair pousse le bouchon moins loin en souhaitant une compétition ouverte qui, par contre, n’exclurait pas le chasseur furtif américain.

Justin Trudeau n’explique pas comment il pourra tenir sa promesse. Il suivra certainement les pas de son maître à penser, Jean Chrétien qui, pour respecter une de ses promesses électorales de 1993, annula l’AgustaWestland EH101 pour un peu plus tard passer commande du Cormoran, un EH101 rebaptisé, tout en versant au passage plus de 500 millions de dollars de pénalités à l’hélicoptériste anglo-italien.

Quel impact aurait sur l’industrie aérospatiale canadienne si le Canada se détournait du F-35, l’avion de combat de l’avenir au profit de modèles conçus dans les années 1980. Quel type de retombées économiques et de transfert de technologies pourraient obtenir les industriels canadiens avec des avions de combat en fin de carrière ?

De plus, pour un industriel canadien, être fournisseur du F-35 signifie un marché potentiel de plus de 4000 appareils dont seulement moins de 200 ont été construits. Dans le cas des concurrents européens, il s’agirait d’au mieux 400 aéronefs dans un cas et de 700 dans l’autre dont une forte proportion a déjà été livrée.

Selon une étude du gouvernement fédéral canadien, les 33 entreprises canadiennes impliquées dans le programme F-35 y réaliseront des ventes de l’ordre de 750 millions de dollars dès cette année.

Rappelons que les 65 F-35 prévus couteront aux Forces armées canadiennes 42 milliards de dollars sur une période de 45 ans soit un peu plus d’un milliard de dollar par année.

Les industriels canadiens de l’aérospatiale en discuteront certainement, en cas d’élections de Justin Trudeau ou de Thomas Mulcair, lors du Sommet de l’aérospatiale canadienne, la grande messe de l’industrie, qui se tiendra les 17 et 18 novembre prochain à Ottawa.

Il ne faudrait passer sous silence que sous le régime Conservateur de Stephen Harper, le Canada s’est doté de Boeing C-17 Globemaster III, de Lockheed Martin C-130J Hercules et de Boeing CH-47F Chinook, livrés sans tracas dans les délais et budgets convenus sans oublier les retombées économiques dont les plus évidentes ont rejaillies sur CAE, HerouxDevtek et Cascade Aerospace.

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Que peuvent faire les élus et candidats québécois et canadiens pour Bombardier ? https://infoaeroquebec.net/que-peuvent-faire-les-elus-et-candidats-quebecois-et-canadiens-pour-bombardier/ Sat, 10 Oct 2015 04:45:08 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=12981 MONTRÉAL – Au plan provincial, il est évident que le gouvernement Libéral de Philippe Couillard ne se lancera pas dans une offre d’aide directe sous forme d’avances ou de subvention, politique d’austérité oblige.

Par contre, Québec pourrait faire participer la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CPDQ) assise sur plus de 240 milliards de dollars d’actifs. La Caisse pourrait intervenir par le jeu ou le biais d’une prise de participation dans le capital actions de Bombardier. D’ailleurs en entrevue de presse à la Délégation générale du Québec à la veille du Salon du Bourget, en juin dernier à Paris, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust avait repoussé toute aide directe mais évoqué plutôt une entrée au capital de l’avionneur montréalais.

Au plan fédéral, les choses sont plus compliquées.

Aider l’industrie aérospatiale du Québec signifie pour tout candidat au poste de premier ministre fédéral, des pertes de votes dans l’Ouest. Qui ne se souvient pas de la levée de boucliers de l’Ouest lors de l’octroi par le gouvernement Progressiste Conservateur de Brian Mulroney du contrat d’entretien des chasseurs McDonnell Douglas CF-18 Hornet à Bombardier au lieu de Bristol de Winnipeg, au Manitoba.

Dans ce contexte, il serait peu probable de voir un des trois candidats nationaux ne serait-ce qu’aborder le sujet. Encore moins s’engager en faveur de Bombardier ou du CSeries.

Au lendemain des élections, les choses pourraient être bien différentes.

Un gouvernement majoritaire Conservateur, Libéral ou Néo-Démocrate n’aura d’autres choix que d’aider Bombardier pour assurer la certification et l’entrée en service des CS100 et CS300 dans le respect des règles de l’Organisation mondiale du commerce (WTO).

Mais néanmoins le scénario le plus favorable à l’avionneur québécois serait l’élection d’un gouvernement Conservateur minoritaire qui devrait forcément s’assurer du soutien du Bloc Québécois pour rester au pouvoir. Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois donnerait alors très certainement son soutien au gouvernement de Stephen Harper en échange d’une aide à l’avionneur québécois. Dans le passé, il l’a fait tout en allant chercher pour plus de trois milliards de dollars de transfert de fonds fédéraux au bénéfice du Québec.

Quoiqu’il advienne, la question de fonds restera inchangée comme le souligne Richard Aboulafia, vice président de Teal Group de Fairfax, en Virginie, ‘If the CS100 was a compelling plane at a compelling price, it would have been (already) sold to an important customer’.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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