JSF – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Tue, 01 Aug 2017 05:03:34 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 Salon du Bourget 2017 – Le F-35 vedette incontestée. https://infoaeroquebec.net/salon-du-bourget-2017-le-f-35-vedette-incontestee/ Tue, 01 Aug 2017 05:03:34 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=21807  

LE BOURGET – 1304 nombre de mots – Temps de lecture :  5 minutes. Tous les grands salons aéronautiques, qu’il s’agisse du Salon du Bourget, de Farnborough International, de Bahreïn International, de Singapore Airshow, du NBAA BACE ou d’HAI Heli Expo, ont leur vedette et le Salon de l’aéronautique et de l’espace de Paris n’échappe pas à la règle.

Lors de l’édition 2015 du Salon du Bourget, le biréacté de cent places Bombardier CSeries CS100 vola la vedette des démonstrations en vol, le Lockheed Martin F-35 Lightning II ayant déclaré forfait. Pour l’édition 2017, le chasseur bombardier monoréacté de cinquième génération fut incontestablement la vedette incontestée pour cette première apparition publique sur le continent européen.

L’an dernier, deux F-35B, la version VSTOL commandée par l’US Marine Corps, survolèrent le salon Farnborough International, un des deux effectua un vol stationnaire devant la foule, avant de se poser sur la base aérienne RAF Fairford au Royaume-Uni.

Le 6 mai dernier, à peine deux semaines après que les responsables du F-35 Joint Programme Office aient déclaré que le F-35 n’apparaitrait pas au Salon du Bourget de cette année, sa venue était annoncée.

Deux jours plus tard, le chef d’état-major de l’US Air Force, le général David Goldfein, confirmait l’envoi sur le territoire français afin de participer au Salon du Bourget, de deux F-35A provenant de Hill AFB, dans l’Utah, la base hébergeant le premier escadron opérationnel de l’US Air Force. Au même moment, huit autres appareils provenant du même escadron seront en déploiement opérationnel en Europe, afin de participer à des exercices interalliés.  Rappelons que le F-35A a été déclaré opérationnel (Initial Operational Capability IOC) en août 2016 par l’US Air Force et effectua son premier déploiement en Europe en avril 2017. Les deux F-35 devaient y effectuer des démonstrations en vol aux mains de pilotes d’essais de Lockheed Martin. Pour sa part, l’US Marine Corps après avoir octroyé au F-35B son ‘Initial Operational Capability’ (IOC) le 31 juillet 2015 à la base MCAS Yuma, en Arizona, a depuis janvier 2017, stationné de façon permanente, un premier escadron de F-35B hors des États-Unis, à la base MCAS Iwakuni, au Japon.

Lockheed X-35A.

Lockheed X-35A.

Boeing X-32A.

Boeing X-32A.

Déclaré vainqueur de la compétition Joint Strike Fighter (JSF) en mars 2001 face au Boeing X-32, le X-35 fut lancé en 1996. Devenu le F-35, le vol inaugural du premier appareil de production est survenu en 2007 des installations de Lockheed Martin de Fort Worth, au Texas. L’historique et gigantesque Plant 4 a produit depuis la seconde guerre mondiale plus de 10 000 avions dont les B-24 Liberator, B-36 Peacemaker, F-111 Aardvark et F-16 Fighting Falcon sous Consolidated Aircraft, General Dynamics Lockheed puis Lockheed Martin.

Déjà 220 F-35 ont été livrés et en 2019, 17 F-35 seront produits tous les mois à Fort Worth, sans compter ceux qui sortiront des chaines d’assemblage de Cameri, en Italie et de Nagoya, au Japon

Le Joint Strike Fighter est décliné en trois versions: le F-35A, le F-35B à décollage court et atterrissage vertical et un F-35C pour l’aéronavale.

L’US Air Force devrait recevoir plus de 1763 F-35A. L’US Navy, l’US Marine Corps 353 F-35B et 67 F-35C, l’US Navy, 260 F-35C.

À l’international, parmi les partenaires du programme JSF, le Royaume-Uni recevra 138 F-35B pour la Royal Navy, la Turquie, 100 F-35A, l’Italie, 90 F-35 dont 30 F-35B pour la Marina Militare et 60 F-35A pour la Aeronautica Militare, l’Australie, 72 F-35A, la Norvège, 52 F-35A, les Pays-Bas, 29 F-35A et le Danemark, 27 F-35A.

Par le biais des Foreign Military Sales (FMS), Israël acquerra au moins 50 F-35A destinés à Heyl Ha’avir, le Japon, 42 F-35A pour la Japan Air Self-Defense Force (JASDF) et la Corée du Sud, 40 F-35A pour la Republic of Korea Air Force.

La venue du F-35 au Salon du Bourget a pour but pour les responsables de Lockheed Martin et du F-35 Joint Fighter Office est de séduire de nouveaux clients européens, particulièrement la Belgique et la Finlande, et de faire oublier les problèmes techniques et financiers du Lightning II alors que ses performances en combat aérien rapproché ont parfois été jugées limitées.

Si Washington a refusé la vente du premier chasseur de supériorité aérienne furtif, le Lockheed Martin F-22A Raptor, à Israël et au Japon, en dépit de leur insistance, il en est tout autrement avec le F-35 qui, tout comme son prédécesseur, le Lockheed Martin (originellement General Dynamics) F-16 Falcon, compte sur les ventes à l’export comme le rappela Richard Aboulafia, Vice President of Analysis, Teal Group de Fairfax, en Virginie.

Au final, ce fut un F-35A qui toucha le tarmac de l’aéroport du Bourget (LBG).  Il s’agit de la troisième présence d’un avion de combat furtif au Salon parisien. Lors de l’édition 1991, un Lockheed Martin F-117A Nighthawk, auréolé de sa participation lors de la Première guerre du Golfe fut exposé au statique alors que lors de celle de 1995, un NorthropGrimman B-2A Spirit se posa, gardant les moteurs allumés, le temps que l’équipage salut la foule avant de repartir.

Lockheed Martin F-35S Lightning II. Photo: Philippe Cauchi.

Lockheed Martin F-35S Lightning II.
Photo: Philippe Cauchi.

Lockheed Martin F-35S Lightning II. Photo: Philippe Cauchi.

Lockheed Martin F-35S Lightning II.
Photo: Philippe Cauchi.

Stationné au Department of Defense Coral derrière deux rangées de barrières, protégé par des policiers militaires américains lourdement armés, le F-35A était entouré d’un Boeing P-8A Poseidon, d’un Bell/Boeing MV-22 Osprey, d’un Lockheed Martin F-16 Fighting Falcon, d’un Boeing CH-47F Chinook, d’un Boeing AH-64D Apache et d’un Sikorsky UH-60 Black Hawk.

Du premier jour du Salon destiné aux professionnels au dernier jour grand public, le F-35 piloté par Billy Flynn, pilote d’essai senior des programmes F-16 et F-35 chez Lockheed Martin et ancien pilote au sein de l’Aviation royale canadienne, effectua vers 15h30 tous les jours, une démonstration en vol d’une durée de huit minutes, quatre minutes de moins que celle du Rafale de Dassault Aviation, donnée plus tôt dans l’après-midi.

Billie Flynn. Photo: Philippe Cauchi.

Billie Flynn.
Photo: Philippe Cauchi.

Aux dires du pilote de Lockheed Martin, le F-35A par cette performance de huit minutes fut présenté comme jamais auparavant comme il l’expliqua en conférence de presse : ‘The F-35’s slow-speed maneuverability and the power of Pratt & Whitney’s 40,000-lb.-thrust engine were on full display, with the aircraft climbing vertically into the sky and gently falling into a controlled, 360-deg. pedal turn’.

Vidéo de la demonstration en vol: https://www.f35.com/news/detail/the-f-35-at-paris-air-show-2017

Flight Demonstration F-35 Paris Air Show 2017

Il ajouta que contrairement à ses concurrents, le F-35 lors de la démonstration en vol est en configuration de combat, ses missiles et bombes étant dans la soute.

Lieutenant Colonel Scott Gunn du 33rd Fighter Wing de l’US Air Force. Photo: Philippe Cauchi.

Lieutenant Colonel Scott Gunn du 33rd Fighter Wing de l’US Air Force.
Photo: Philippe Cauchi.

Il fut appuyé dans ses dires par le Lieutenant Colonel Scott Gunn du 33rd Fighter Wing de l’US Air Force qui expliqua par des tableaux chacune des manœuvres de la démonstration en vol quotidienne.

Le F-35 Lightning II de Lockheed Martin va rester longtemps le principal acteur du marché militaire mondial avec une position dominante incontestable et incontestée.  Richard Aboulafia me rappela durant le Salon en précisant que le F-35 représentera, en valeur, 50,1% du marché mondial des avions de combat pour la période 2016-2025.

Même si les ministres canadien et québécois ont boudé le chalet de Lockheed Martin durant le dernier Salon du Bourget, le F-35 aura incontestablement dominé les présentations en vol mais aussi les conférences de presse des lundi et mardi matins.

Certes, il est vrai, que le F-35 a connu un développement long et parsemé de problèmes mais il marque un saut technologique par rapport à ses contemporains et concurrents dont plusieurs ont effectué leur vol inaugural dans les années 1990.

Il est éloquent de constater que les pays qui craignent pour leur sécurité et même parfois leur existence menacée, comme Israël, le Japon ou la Corée du Sud, ont opté pour le F-35. Cela est un gage de confiance envers cet avion de combat.

Ceci contraste avec d’autres pays qui prennent des années avant d’enfin porter leur choix sur un modèle en particulier et pour qui, l’achat d’avions de combat semble se limiter à des considérations de retombées industrielles et d’emplois locaux.

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Suite au coup d’état en Turquie, ne pas mettre des F-35 dans n’importe quelle main. https://infoaeroquebec.net/le-coup-detat-en-turquie-et-les-risques-quant-au-f-35/ Sun, 24 Jul 2016 14:35:39 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=16429  

MONTRÉAL – Bien que la présidente de Lockheed Martin, constructeur du F-35, madame Maryllin Hewson semble rassurée sur la situation en Turquie, au lendemain du coup d’état du 15 juillet dernier, les choses ne semblent pas si simples.

Lockheed Martin F-16 de la Türk Hava Kuvvetleri). Photo: Lockheed Martin.

Lockheed Martin F-16 de la Türk Hava Kuvvetleri).
Photo: Lockheed Martin.

Pour Lockheed Martin, la Turquie est un important client avec un parc de 158 chasseurs F-16C Fighting Falcon, de 15 avions de transport C-130B/E Hercules, de 70 Sikorsky S-70 ainsi que de systèmes sophistiqués tels que le Lantirn et le Sniper, des missiles Hellfire. Mais, encore plus important, ce pays à cheval sur l’Europe et l’Asie, partenaire majeur dans le programme d’avions de combat Joint Strike Fighter (JSF), a passé commande de 100 F-35 Lighting II mais aussi d’au moins 109 Sikorsky S-70 et devrait obtenir l’établissement d’une chaine de montage qui pourrait à terme assembler jusqu’à 600 S-70 pour la Turquie et des clients tiers.

La Turquie devrait recevoir son premier F-35 en 2017.

Membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) depuis 1952, la Turquie a été longtemps les oreilles de ses membres sur tout le bloc soviétique ainsi que l’hôte d’une base avancée d’une importante capitale, Incirlik AB, située dans le sud du pays aux abords d’Adana. Y décollèrent entre autres à partir de 1956 les avions espions Lockheed U-2 Dragon Lady survolant l’URSS durant la Guerre froide dont celui de Gary Powers qui sera abattu le 1er mai 1960 au-dessus du territoire soviétique.  Elle servira aussi d’escale indispensable pour les avions militaires lors de la Première et Seconde guerre du Golfe. Actuellement y sont entreposées au moins 50 des 180 bombes nucléaires tactiques américaine B61 stationnées en Europe. D’Incirlik décollent tous les jours chasseurs, bombardiers et ravitailleurs luttant contre les forces de l’État Islamique, celle-ci étant à seulement 100 miles nautiques d’Alep, en Syrie, centre névralgique de Daesch.

Ainsi dix entreprises aéronautiques turques sont fortement impliquées dans la production du F-35 et de son moteur le Pratt & Whitney F135. Il s’agit de pièces structurelles, de câblage et d’éléments des trains d’atterrissage d’une valeur de plus de 12 milliards de dollars américains.

Maquette du SOM. Photo:

Maquette du SOM.
Photo:

Turkish Aerospace Industries collabore avec NorthropGrumman à la fabrication du tronçon central du fuselage, de panneaux de fuselage et de voilure en composite et de portes de la soute à armement du F-35. Roketsan et Tubitake-SAGE développe le SOM, une petit missile de croisière qui pourra être larguée de la soute du F-35.

Ainsi une semaine après ce coup d’état manqué, l’état d’urgence a été imposé par le président Recep Tayyip Erdogan qui a fait arrêter plus de 20 000 militaires et fonctionnaires dont un bon nombre de juristes.

Richard Aboulafia. Photo: Teal Group.

Richard Aboulafia.
Photo: Teal Group.

Richard Aboulafia, vice-président du Teal Group de Fairfax, en Virginie, craint un glissement de la Turquie vers un ‘autoritarisme teinté d’Islamisme’.  Il ajoute que ‘l’arrestation de milliers de militaires turcs indique un glissement des priorités gouvernementales vers la sécurité intérieure au détriment de la défense nationale’.

Les gestes d’Erdogan qui ont suivi la tentative de coup d’état ont déjà refroidi les relations de la Turquie non seulement avec les États-Unis mais aussi avec des pays européens clients du F-35.

La furtivité du F-35 ainsi que la sophistication de ses systèmes électroniques et de ses systèmes d’armes inquiètent Washington craignant que ses technologies de pointe ne tombent dans de mauvaises mains surtout que la Turquie a été choisie pour l’établissement à Eskisehir du premier centre régional en Europe dédié à la maintenance et aux réparations des moteurs F135 du F-35.

Un possible gel des relations américano-turques pourrait aussi rapprocher Ankara de Moscou.

Mais aussi pour des raisons budgétaires, le gouvernement Erdogan pourrait aussi décider de retirer la Turquie du programme F-35, réduire ou annuler sa commande de l’avion de combat de cinquième ce qui se traduirait par une augmentation du coût unitaire de chaque appareil des autres membres du club JSF.

Le coup d’état manqué du 15 juillet et l’imposition de l’état d’urgence qui s’en est suivi posent la question de la pertinence de mettre entre n’importe quelles mains des systèmes d’armes aussi sophistiqués que le F-35.

Lockheed Martin F-22A Raptor. Photo: US Air Force.

Lockheed Martin F-22A Raptor de l’US Air Force.
Photo: US Air Force.

Il y a à peine quelques années, Washington refusa aussi bien à Israël qu’au Japon, ses deux alliés les plus proches, l’acquisition du chasseur de cinquième génération Lockheed Martin F-22A Raptor, peu de temps avant la fermeture de sa chaîne d’assemblage.

Boeing F-15I Ra'am de Heyl Ha'Avir Photo: IDF.

Boeing F-15I Ra’am de Heyl Ha’Avir
Photo: IDF.

Antérieurement, le chasseur de supériorité aérienne de troisième génération McDonnell Douglas F-15 Eagle ne fut accessible durant presque dix ans après sa mise en service au sein de l’US Air Force en 1972 qu’aux forces aériennes israéliennes et japonaises.

Grumman F-14A de l'Armée de l'air de la République islamique d'Iran.

Grumman F-14A de l’Armée de l’air de la République islamique d’Iran.

Le cas du Grumman F-14A Tomcat sera l’exception. Il est à noter qu’hormis l’Iran du Shah, grand allié de Washington et gendarme du Golfe Persique, aucun autre pays musulman n’a été équipé par Washington de matériel militaire dernier-cri. En janvier 1974, l’Armée de l’air impériale d’Iran avait reçu l’aval de Washington pour l’acquisition de 80 chasseurs de supériorité aérienne Grumman F-14A Tomcat dont 79 furent livrés ainsi que de son système de missiles air-air très longue portée Hughes AIM-54 Phoenix. Entre 1980 et 1988, ils seront utilisés avec succès contre l’Iraq alors l’allié de Washington mais aussi jusqu’à présent contre les avions et navires de combat américains dans le Golfe Persique.

De 1974 à 2006, le seul autre utilisateur du F-14 sera l’US Navy avec 623 exemplaires.

Le Shah d’Iran envisageait même d’accueillir une chaîne d’assemblage du General Dynamics F-16 suite à la commande en 1976 de 160 exemplaires du chasseur léger monoréacté et une autre devant produire 350 Bell 214. Le départ en exil du Shah, le retour de l’Ayatollah Khomeiny et l’avènement de la République islamique d’Iran en décembre 1979 mirent fin abruptement à tous ces grandioses projets aéronautiques

Boeing KC747 de l'Armée de l'air impériale d'Iran.

Boeing KC747 de l’Armée de l’air impériale d’Iran.

Le nouveau régime hérita de forces armées très modernes constituées entre autres de 79 Grumman F-14A, 166 Northrop F-5E/F et 15 RF-5F, 224 McDonnell Douglas F-4D/E et RF-4E Phantom II, 42 Lockheed C-130E/F Hercules, une douzaine de Boeing 707 dont plusieurs servant de ravitailleur en vol et plusieurs Boeing 747 dont un transformé en ravitailleur en vol, une vingtaine de Boeing CH-47C Chinook, 202 Bell AH-1J Cobra et 296 Bell 214A et 39 Bell 214C.

Heureusement, les F-14A livrés à l’Iran était dépourvu de certains systèmes électroniques classifiés et aucun F-16 ne fut livré à l’Iran avant la chute du Shah.  Néanmoins, en dépit de l’embargo de la fourniture de pièces de rechange et de munitions par les canaux légaux, la République islamique d’Iran réussit à faire voler une partie de cet imposante flotte aérienne.

La Turquie pose le problème d’une manière encore plus aigüe du risque de transfert de technologie dans des mains indésirables en cas de changement de gouvernement ou de réalignement de sa politique extérieure s’opposant au reste des membres de l’OTAN ou par un rapprochement du pays vers la Russie.

L’annulation de la commande de 160 F-16 par le Shah d’Iran entraîna une hausse importante du coût unitaire du nouveau chasseur pour les autres partenaires du programme qu’étaient alors la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège regroupés au sein du European Participating Air Forces (EPAF). Heureusement, les premiers F-16 destinés à l’Iran finirent dans les mains d’Heyl Ha Avir, l’armée de l’air israélienne. Une annulation par la Turquie de sa commande de F-35 pèserait sur les comptes du programme JSF malgré tout.

 

 

 

 

 

 

 

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ÉDITORIAL : Le gouvernement Trudeau aurait jeté son dévolu sur le F-18E/F. https://infoaeroquebec.net/editorial-le-gouvernement-trudeau-aurait-jete-son-devolu-sur-le-f-18ef/ Wed, 08 Jun 2016 16:04:29 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=15939  

MONTRÉAL – Selon un article du 5 juin 2016 du quotidien d’Ottawa The Citizen, le gouvernement Libéral de Justin Trudeau aurait une préférence marquée pour le Boeing F-18E/F Super Hornet pour remplacer les actuels 77 F-18 Hornet encore en service des 138 livrés entre 1982 et 1988.

Rien d’étonnant de la part d’un gouvernement dont une partie de la campagne électorale de l’automne dernier a reposé sur le rejet du chasseur de cinquième génération Lockheed Martin F-35 Lightning II, bien que le Canada joignit le programme Joint Strike Fighter (JSF) en 2007 en tant que ‘Level 3 Participant’ au même titre que l’Australie, la Norvège, le Danemark et la Turquie, sous le gouvernement Libéral de Jean Chrétien dès 2007, celui du Conservateur Steven Harper avait annoncé en 2010, l’achat de 65 F-35 sans appel d’offres.

Logo JSF

Rien d’étonnant en comparant les activités des divers prétendants soit Boeing, Lockheed Martin, Dassault Aviation, Eurofighter et Saab lors des salons CANSEC 2015 et 2016.

Maquette du F-35 au stand Lockheed Martin à CANSEC 2016. Photo: Philippe Cauchi.

Maquette du F-35 au stand Lockheed Martin à CANSEC 2016.
Photo: Philippe Cauchi.

En 2016 contrairement à 2015, Lockheed Martin a mis en évidence ses systèmes destinés aux frégates en dépit d’une maquette de bonne taille du F-35 arborant un empennage double aux couleurs de l’unifolié.  Quant à Dassault Aviation, aucune activité publique ne traita du Rafale tandis que le responsable du programme qui fit le voyage depuis la France pour l’édition 2015 brilla par son absence cette année.  Eurofighter avec son Typhoon et Saab avec son Gripen furent tout aussi discrets.

Riccardo Travern, Richard Schallom, Robeto Valla. Photo: Philippe Cauchi.

Riccardo Travern, Richard Schallom, Robeto Valla.
Photo: Philippe Cauchi.

À l’opposé, Boeing amena une fois encore son simulateur mobile du F-18E/F et organisa une conférence de presse réunissant le pilote d’essai en chef du programme Super Hornet et ancien pilote des Forces armées canadiennes Riccardo Traven ainsi que Roger Schallom, responsable, Canada Industrial Participation Program, Integrated Defense Systems et Roberto Valla, vice-président Canada, Defense, Space & Security.

En optant pour le Boeing F-18E/F Super Hornet, le gouvernement Trudeau pourra ainsi remplir une promesse électorale et surtout du même coup gagner du temps.

Le ministreHarjit Singh Sajjan à CANSEC 2016. Photo: Philippe Cauchi.

Le ministreHarjit Singh Sajjan à CANSEC 2016.
Photo: Philippe Cauchi.

Rappelons-nous qu’au matin du deuxième jour de CANSEC 2016, le ministre de la défense canadien, Harjit Sajjan, déclara que le ‘Canada will soon be looking at a capability gap due to the aging CF-18 fleet…. We are risk-managing a gap between our NORAD and NATO commitments and the number of fighters available for operations’. Il ajouta que ‘We can foresee a growing capability gap, and this I find unacceptable and it’s one thing that we plan to fix’.

Le ministre ne pouvait être plus clair.

Justin Trudeau gagnerait du temps avec une solution intérimaire qui consisterait en un achat d’un nombre réduit de F-18E/F afin de remplacer les plus vieux CF-18.

F-18F Super Hornet de la RAAF. Photo: Boeing.

F-18F Super Hornet de la RAAF.
Photo: Boeing.

En fait, il n’a rien inventé et pourrait simplement suivre l’Australie qui bien qu’elle se joigna au Joint Strike Fighter dès juin 2002 pour assurer la relève de ses McDonnell Douglas F-18, passa commande en mai 2007 de 24 Boeing F-18E/F Super Hornet pour remplacer ses General Dynamics F-111 Advaark puis de 12 EF-18G Growler en mai 2013 sans tourner le dos au F-35.

General Dynamics F-111C Advaark. Photo: USAF.

General Dynamics F-111C Advaark.
Photo: USAF.

McDonnell Douglas F-18B de la RAAF. Photo: RAAF.

McDonnell Douglas F-18B de la RAAF.
Photo: RAAF.

En octobre 1981, l’Australie opta pour le biracté F-18 de préférence au monoréacté General Dynamics F-16 Fightning Falcon, un gage de sécurité afin de survoler le vaste territoire national quasi-désert et les immenses étendues d’eau qui l’entourent. Les 57 F-18A et 18 F-18B entrèrent en service au sein de la Royal Australian Air Force entre 1980 et 1990.

L’Australie devrait réceptionner ses deux premiers F-35 d’ici 2018, 26 d’ici 2020 et la totalité des 72 aéronefs commandés d’ici 2023.

Ainsi l’Aviation royale canadienne pourrait, dans un premier temps, passer commande d’une trentaine de F-18E/F qui auraient l’avantage d’être des bimoteurs pour le survol des grandes étendues de neige du Canada et pour assurer la défense de l’espace aérien nord-américain dans le cadre de NORAD.

Dans un second temps, alors que le F-35 aura atteint sa pleine maturité et son coût unitaire aura été réduit par une cadence de production élevée, le Canada pourrait en acquérir au moins une trentaine pour remplir ses obligations outre-mer auprès de l’OTAN qui les amèneraient au-dessus de terrains d’opérations des plus hostiles.

Quant à ceux qui pensent que le Canada ne peut entretenir deux flottes d’avions de combat, ils n’auront qu’à se tourner vers l’Australie. Si elle en est capable, pourquoi le Canada ne le serait-il pas ?

De surcroit dans le passé, l’Aviation royale du Canada a bien maintenu parallèlement deux flottes d’avions de combat : dans les années 1970 et 1980, les Lockheed F-104 Starfighter, le McDonnell Douglas F-101 Voodoo et les Northrop F-5 Freedom Fighter et dans les années 1990, les McDonnell Douglas F-18 Hornet et les Northrop F-5 Freedom Fighter.

 

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