Jean Chrétien – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Tue, 30 Jun 2020 01:20:51 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 La pression monte sur Ottawa pour aider le CSeries et Justin Trudeau se réveille. https://infoaeroquebec.net/la-pression-monte-pour-aider-le-cseries-et-justin-trudeau-se-reveille/ Wed, 11 Nov 2015 04:39:39 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=13873  

MONTRÉAL – Le mardi 10 novembre, la Presse Canadienne nous informait que Justin Trudeau aurait évoqué à huis clos avec les dirigeants du Congrès du travail du Canada le dossier de Bombardier et du CSeries.

Ce développement semble le dernier épisode de cette montée de pression sur les divers paliers de gouvernements canadiens pour secourir le dernier-né de Bombardier.

Bien que cela a tout d’un scénario bien ficelé, petit à petit les manœuvres du constructeur québécois se dévoilent.

Maintenant bien installé au pouvoir, Justin Trudeau commence tout à coup à s’intéresser à Bombardier, je dirais même à en prononcer le nom car lors de la campagne électorale il resta totalement muet sur la question de peur de s’aliéner des précieux votes en Ontario et même ailleurs dans le ROC (Rest of Canada).

Par contre le candidat Libéral fut bien loquace pour sortir sa verve et son énergie contre le F-35 par pur opportunisme politique pour ne pas dire électoraliste.

Revenons à Bombardier et au CSeries.

Mais maintenant au pouvoir avec une majorité parlementaire, le nouveau Premier ministre canadien ne pourra que suivre le pas de son mentor, Jean Chrétien, qui engouffra plus d’un milliard de dollars de l’époque de fonds publics dans Canadair, alors société de la Couronne, avant sa ‘vente’ à Bombardier.

La stratégie de Bombardier qui aboutit maintenant à une demande supplémentaire d’aide auprès du fédéral a été bien orchestrée.

L’avionneur montréalais s’étant tourné en vain vers Airbus, les Chinois, Embraer et peut-être même Boeing alors que ses liquidités flambaient à cause de l’allongement du programme de certification et du report des livraisons du CSeries, Québec ne pouvait rester immobile.

Il ne pouvait s’en suivre que l’annonce du 29 octobre dernier du ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations du Québec, Jacques Daoust, qui donna presque deux milliards de dollars canadiens à Bombardier.

Ensuite, il ne restait qu’à mettre Ottawa au pied du mur et cela fut fait, Québec pressant le gouvernement fédéral fraichement élu d’appuyer financièrement à son tour Bombardier.

En arrière-fonds, nous apprenons qu’à son tour la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CPDQ) s’affaire à un montage financier favorable au constructeur du CSeries.

Finalement, il ne manquait plus qu’un battage médiatique pour conquérir l’opinion publique afin qu’elle accepte les aides à Bombardier tout en ne remettant pas en question le contrôle de la famille sur l’entreprise.

Dans ce but, se succédèrent alors les interventions médiatiques de Michel Nadeau, Mehran Ebrahimi et Guy Savard en faveur d’un soutien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Faut-il sauver le soldat Bombardier ? La suite. https://infoaeroquebec.net/faut-il-sauver-le-soldat-bombardier-la-suite/ Sat, 31 Oct 2015 21:57:24 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=13711 MONTRÉAL – Comme nous l’avions prévu lors de la campagne électorale fédérale, Ottawa est maintenant appelé à soutenir pour ne pas dire à secourir le CSeries.

Grâce à un article de Frédéric Tomesco du bureau de Bloomberg à Montréal, nous apprenons qu’en conférence téléphonique, vendredi matin dernier, Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations du Québec, demanderait au gouvernement fédéral canadien d’allonger un milliard de dollars en faveur de Bombardier.

Jean Chrétien.

Jean Chrétien.

Rien de vraiment étonnant ou de nouveau. Du temps de Jean Chrétien, ministre de l’Industrie puis des Finances sous Pierre-Elliot Trudeau, le gouvernement fédéral canadien dépensa, au seuil des années 1980, plus d’un milliard de dollars (plus de trois milliards de dollars de 2015) afin de soutenir Canadair, encore société de la Couronne, et de lui permettre de développer le Challenger à partir d’une idée de l’américain Lear.

Le candidat et chef du Parti Libéral du Canada Justin Trudeau s’est bien retenu de soutenir Bombardier durant la campagne électorale de crainte de s’aliéner des votes ontariens. Maintenant installé au pouvoir, majoritaire de surcroît, il aura de la difficulté de ne pas suivre les pas de son mentor.

Canadair Challenger 600.

Canadair Challenger 600.

Car cette semaine, c’est en fait presque deux milliards de dollars que le gouvernement du Québec a consenti à Bombardier : un milliard de dollars américains (plus de 1,3 milliard de dollars canadiens) pour contrôler les 49,5% de la société en commandite avec Bombardier mais aussi 442 millions sous forme de l’achat de 200 millions d’actions de classe B de la firme québécoise à $2,21 chacune.

En dépit de cette aide de Québec, il manque toujours un milliard de dollars à Bombardier pour mener à bien la certification, la mise en service et la montée en production du CSeries. D’ailleurs, jeudi dernier en conférence de presse, le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, glissa que deux milliards de dollars seraient nécessaires à ces fins.

En fait, Bombardier a compris et applique la formule si familière adoptée par Airbus et Embraer pour financer leurs programmes aéronautiques civils. À lui seul, l’Airbus A380 a absorbé, au bas mot, quinze milliards de dollars américains d’aides publiques ce qui ne l’empêche pas d’être un éléphant blanc comme le fut avant lui l’A340.

Airbus peut compter sur les ‘Deep Pockets’ de la Communauté européenne, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Espagne ; Embraer, celles du Brésil et Bombardier, celles de Québec, Ottawa et Belfast.

Aux commentateurs qui ramèneront les prétendues aides militaires reçues par Boeing, McDonnell Douglas et Lockheed, il suffira de leur rappeler que les contrats militaires américains connaissent la compétition, ce qui n’est forcément le cas en Europe. Les commandes de Rafale, A400M, A330MRRT, Tigre et NH-90 des forces armées françaises ont été octroyées sans aucun appel d’offres.

Une fois, les coffres de Bombardier bien remplis d’argent public, il restera à ses équipes de vente de faire du CSeries un succès commercial. Là réside le plus grand défi.

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