James Cherry – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Mon, 08 May 2017 02:34:04 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 En 2016, toujours de meilleurs résultats pour Aéroports de Montréal. https://infoaeroquebec.net/en-2016-toujours-de-meilleurs-resultats-pour-aeroports-de-montreal/ Mon, 08 May 2017 02:34:04 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=20262 1710 mots – Temps de lecture : 7 minutes.

MONTRÉAL –   Jeudi sur le coup de dix heures s’ouvrit l’assemblée annuelle d’Aéroports de Montréal au siège de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en plein centre-ville de Montréal.

Incorporée en 1989, Aéroports de Montréal ou simplement ADM qui chapeaute les aéroports de Montréal-Trudeau et Montréal-Mirabel est l’autorité aéroportuaire du Grand Montréal créée dans la foulée du Programme de cession des aéroports. ADM est liée à Transports Canada par un bail qui a pris effet le 31 juillet 1992, il y a 25 ans, et qui viendra à échéance en 2072.

Ainsi il s’agissait de la première assemblée générale d’Aéroports de Montréal avec à sa tête, Philippe Rainville qui a succédé à James Cherry le 1er janvier 2017, suite à la décision de ce dernier de prendre sa retraite après 15 ans à la barre d’ADM.

Normand Legault. Photo: Philippe Cauchi.

Normand Legault.
Photo: Philippe Cauchi.

Monsieur Normand Legault, président du conseil d’administration rappela que monsieur Rainville travaille au sein de l’entreprise depuis une dizaine d’années ayant auparavant occupé les fonctions de vice-président, Planification aéroportuaire, ingénierie et construction et vice-président, Finances et administration et chef de la direction financière.

Il conclut sa courte introduction en soulignant l’arrivée au Conseil d’administration de Josée P. Dorais à titre d’administrateur, avocat spécialisé en droit des affaires et en droit du développement durable, et invita monsieur Rainville a présenté les résultats pour l’année 2016 et le premier trimestre 2017.

Tout de go, le pdg d’Aéroports de Montréal, fit part de bonnes nouvelles. En 2016, Montréal-Trudeau a accueilli seize millions de passagers, une hausse de 6,9% par rapport à 2015, la 7e hausse consécutive depuis la fin de la récession de 2009.  En 2001, environ, huit millions de passagers empruntèrent les aéroports de Montréal et treize millions en 2008.

Le nombre de passagers du transfrontalier ont cru de 4,3%, ceux à l’international de 6,0% mais ceux du domestique ont fait un bond de 9,5%.

Philippe Rainville. Photo: Philippe Cauchi.

Philippe Rainville.
Photo: Philippe Cauchi.

Aux dires de monsieur Rainville, Montréal-Trudeau s’est développé comme la plaque tournante de la Francophonie en Amérique du Nord par de nombreux vols vers Paris et Lyon, Bruxelles et Genève, Casablanca, Alger et Tunis.

En 2016, trois nouveaux transporteurs, Wow air, Icelandair et Tunisair, se sont ajoutés pour porter le total à 32 transporteurs.

Montréal-Trudeau dessert maintenant à 136 destinations directes don 83 internationales, 28 au Canada; et 25 aux États-Unis dont nouvellement: Reykjavik, Tunis, Denver, San Juan (Porto Rico) et Glasgow.

La nouvelle desserte la plus marquante reste, sans contredit, Shanghai desservi quotidiennement par un Boeing 787 Dreamliner d’Air Canada depuis février.

Boeing 787 Air Canada New Livery. Photo: Air Canada.

Boeing 787 Air Canada New Livery.
Photo: Air Canada.

Air Canada desservira bientôt Reyjavik, Alger, Marseille, Dallas, Tel Aviv et Lima. Montréal sera désormais reliée par vol direct à l’Amérique du Sud : Air Transat, Tel Aviv et Porto et WestJet, Québec, Halifax et Boston.

Montréal – Paris, avec jusqu’à huit départs par jour, demeurera la liaison internationale la mieux desservie au départ de Montréal.

Le nombre de passagers en correspondance a atteint un nouveau record avec trois millions de passagers soit 18,6% du trafic.  En dix, le nombre de passagers en correspondance a doublé.  Certains vols long-courriers comptent plus de 50 % de passagers en correspondance, les vols vers l’Asie, nommément Beijing et Shanghai, comptent beaucoup sur le trafic de correspondance.

Le pdg d’Aéroports de Montréal annonça avec plaisir que le pourcentage de passagers satisfaits, très satisfaits ou extrêmement satisfaits atteignait 97,7 % au départ et 96,1 % à l’arrivée.

Montréal-Trudeau Départ États-Unis et tour de contrôle

Au chapitre de la sécurité, Aéroports de Montréal a investi plus de cinquante millions de dollars en 2016 et a poursuivi l’aménagement des nouveaux points de contrôle permanents des non-passagers et des véhicules aux points d’entrée du site aéroportuaire qui ‘sont ni plus ni moins que des postes-frontières’ affirma monsieur Rainville.

L’an dernier, les investissements ont atteint près de 255 millions de dollars.

Alors que Montréal – Dorval accueille depuis la suspension des vols commerciaux à Mirabel, tous les de passagers, Mirabel étant devenu un parc aéronautique et industriel accueillant de nombreuses entreprises aéronautiques dont Pratt & Whitney Canada, Turbomeca, L3 MAS et la chaine d’assemblage des CRJ et CSeries de Bombardier.

En 2016, cinquante-huit millions de dollars ont été investi dans la réfection d’une des deux pistes de 12 000 pieds.  Pour sa part, le démantèlement du bâtiment de l’ancienne aérogare est maintenant chose faite.

 

En 2016, les revenus d’Aéroports de Montréal ont atteint 527 millions de dollars, soit 7,9 % de plus que l’année précédente tandis que les charges d’exploitation ont augmenté de 5,8 %.  À eux seuls, le loyer à Transports Canada et les taxes municipales ont totalisé 96,2 millions de dollars, soit environ 20 % des revenus bruts.

 

Néanmoins, l’exercice s’est ainsi soldé par un excédent comptable des produits sur les charges de 35,8 millions de dollars et le BAIIA s’est établi à 254 millions de dollars, une hausse appréciable de 9,3% par rapport à 2015.

 

Quant au premier trimestre 2017, le trafic à l’aéroport Montréal-Trudeau a atteint quatre millions de passagers, en hausse de 6 % alors que les produits consolidés se sont élevés à 134 millions de dollars, une hausse de 6,5 % principalement attribuable à l’accroissement du trafic passagers.

 

Pour leur part, les charges d’exploitation sont passées à 49,4 millions de dollars, une augmentation de 9,3 % conséquence de la mise en opération de la jetée internationale et de l’augmentation des coûts liés aux conditions hivernales.

Néanmoins, le trimestre terminé le 31 mars 2017 s’est soldé par un excédent comptable des produits par rapport aux charges de 2,8 millions de dollars avec un BAIIA en hausse de 4,7% pour atteindre 59,8 millions de dollars.

Au chapitre du développent durable, Aéroports de Montréal a investi huit millions de dollars en 2016 selon monsieur Rainville alors d’ADM est passé au niveau 3 du Airport Carbon Accreditation en 2016 après avoir été certifié ISO 14001 en 2000 et BOMA BESt en 2008.

Plusieurs gestes ont été posé dont la recherche de la certification LEED de la nouvelle jetté internationale, l’édification d’un mur végétal, l’installation de bornes de recharge additionnelles pour les voitures électriques tandis que la moitié de la flotte des taxis desservant l’aéroport est hybride.

Monsieur Rainville a rappelé que la gestion du climat sonore reste toujours un sujet d’intérêt pour lui bien que cette responsabilité incombe aussi à NavCan.  D’ailleurs, à l’assemblée générale, très peu de questions portant sur le bruit ne furent posées.

Bien qu’il s’agisse d’une responsabilité partagée pour le climat sonore entre Transports Canada, Nav Canada, ADM et les transporteurs, de par sa mission, ADM a le devoir de maintenir un équilibre entre fournir les prestations aéroportuaires, participer activement au développement économique de la région et cohabiter de façon harmonieuse avec le milieu. Rôle qu’elle prend très au sérieux

En 2016, les investissements d’ADM atteindront le demi-milliard de dollars pour 2016 et 2017.

Aéroports de Montréal

Au rythme de 250 millions de dollars pour chacune des deux années, ces investissements toucheront plusieurs secteurs de l’aéroport.

ADM et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont travaillé conjointement avec une firme d’experts de réputation mondiale en matière de planification/conception aéroportuaire. Des simulations par ordinateur ont permis de mieux comprendre les causes de la congestion et de déterminer des solutions à apporter par ADM et l’ASFC.

Pour sa part, ADM s’est engagée à mettre en place les mesures suivantes représentant des investissements de 14,2 millions de dollars dans le hall des douanes canadiennes :

  • Définition de nouveaux parcours et réorganisation du hall des douanes ;
  • Aménagement d’un centre de correspondance ;
  • Affichage des temps d’attente;
  • Ajout d’une équipe dédiée pour faciliter le flux des passagers ;
  • Installation des nouvelles bornes de contrôle douanier de nouvelle génération.

Amorcé en 2011, le réaménagement du hall des départs internationaux et domestiques se poursuit dans le bâtiment central de l’aérogare, les travaux se déroulant actuellement dans le secteur Est occupé principalement par Air Canada. Ces travaux visent à augmenter la capacité d’enregistrement et à améliorer l’offre commerciale, tout en rafraîchissant et en harmonisant l’image architecturale. Comprenant l’installation de 60 bornes d’enregistrement à usage commun et de 15 dépôts bagages automatisés, ces travaux seront terminés en 2018.

Ce projet d’optimisation de la salle à bagages aura pour effet d’augmenter la capacité globale de bagages traités en fonction de la croissance du trafic passagers afin de la capacité de traitement à 3 800 bagages à l’heure.

Répondant aux nouvelles exigences de Transports Canada conformément aux normes internationales de l’OACI, quatre nouveaux postes de contrôle des non-passagers et des véhicules ont été aménagés aux différents points d’entrée du site et livrés le 1er avril dernier.

Les travaux sur le débarcadère des départs se poursuivent. Ils visent à imperméabiliser et à réhabiliter le trottoir de la voie de circulation au niveau des départs. Ils seront exécutés par phases afin de maintenir la fluidité particulièrement pendant la saison estivale.

Fut soulevée par monsieur Rainville, la question de la privatisation des aéroports canadiens discutée depuis l’examen de la Loi sur les transports au Canada.

Cet examen, qui a d’abord été confié à l’honorable David Emerson, mentionnait une avenue possible, soit celle de la privatisation des aéroports. Depuis, le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a d’ailleurs récemment fait entendre que la privatisation des aéroports n’était pas dans les priorités du gouvernement.  Pour l’instant, faudrait-il comprendre.

À ses dire, la position d’ADM est simplement de trouver un moyen d’offrir la meilleure expérience-client au meilleur coût. Monsieur Rainville exprima son désir de trouver une solution plus équitable sur la question des loyers versés à Ottawa particulièrement dans le cas de Montréal – Mirabel.

Le pdg d’Aéroports de Montréal conclu en rappelant les priorités de son organisation et les moyens de les atteindre.

La priorité numéro un reste la satisfaction des clients d’ADM : les passagers et les compagnies aériennes tout en respectant la mission de l’organisme qui consiste :

Assurer une prestation de services aéroportuaires de qualité ;

Contribuer au développement économique de la région métropolitaine ; et

Maintenir une cohabitation harmonieuse avec le milieu en particulier quant à la protection de l’environnement.

Pour cela, ADM, aux dires de Philippe Rainville s’assurer que ses infrastructures croissent avec les besoins de ses clients.

Pour cela, Aéroports de Montréal investira plus d’un milliard de dollars lors des cinq prochaines années dont la moitié dans des projets d’accroissement de capacité.

 

 

]]>
James Cherry et la privatisation d’Aéroports de Montréal. https://infoaeroquebec.net/james-cherry-et-la-privatisation-des-aeroports-canadiens/ https://infoaeroquebec.net/james-cherry-et-la-privatisation-des-aeroports-canadiens/#comments Thu, 13 Oct 2016 01:32:51 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=17053  

MONTRÉAL – Dans le cadre de la première semaine de l’aviation civile de Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) accueillait le vendredi 30 septembre 2016 sur le coup de midi devant plus de 400 personnes, James Cherry, pdg d’Aéroports de Montréal.  Il est à noter que la semaine de l’aviation civile de Montréal accueillait en même temps deux événements majeurs qui attireront plus de 5000 participants: le congrès annuel du Airport Council International (ACI) et l’assemblée triennale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Logo semaine de l'aviation civile de Montreal 2016.

En début d’allocution, monsieur Cherry souligna le 75iéme anniversaire de l’aéroport Montréal-Trudeau ou comme il le rappela ‘l’aéroport de Dorval comme certains l’appellent encore’.

L’histoire de Montréal-Trudeau qui ‘n’est pas banale’ à ses dires a commencé en septembre 1941 alors que la Deuxième Grande guerre battait son plein. La vocation de l’aéroport de Dorval à tout d’abord été militaire, comme cela a été le cas pour de nombreux autres aérodromes à travers le Canada. Aéroport de formation, Dorval fut aussi le point de transfert de plus de 10 000 avions vers la Grande-Bretagne car face à la menace montante des U-Boats Nazis, il fut décidé de faire voler vers l’Europe les avions et de ne plus les transporter desassemblés sur des navires.

L'aéroport de Dorval dans les années 1960.

L’aéroport de Dorval dans les années 1960.

Durant les années 1950 et 1960 grâce au développement rapide du transport aérien, l’aéroport de Dorval grandit et prospère. En 1960 sera inaugurée la nouvelle aérogare qui sera alors la plus moderne et la plus grande au monde et qui servira de porte d’entrée de l’Expo67.

À la fin des années 1960, l’aéroport de Dorval devenu le plus achanlandé au Canada, le gouvernemenet fédéral décida de la création de l’aéroport de Mirabel mais aussi en parallèle de celui de Pickering, en banlieue de Toronto. Mirabel ouvra ses portes en 1975 et accueilla ses premiers passagers internationaux pour les Jeux Olympiques de 1976 alors que Pickering ne verra jamais le jour.

L'aéroport de Mirabel dans les années 1975.

L’aéroport de Mirabel dans les années 1975.

Malheureusement, les attentes ne seront pas au rendez-vous et les deux plateformes aéroportuaires montréalaises vont connaître une période de déclin relatif pour le transport aérien à Montréal.

En 1992, le gouvernement Conservateur de Brian Mulroney confia, en vertu d’un bail expirant en 2072, la gestion, l’exploitation et le développement des deux aéroports montréalais, Dorval et Mirabel, à une corporation sans but lucratif créée expressément à cette fin: Aéroports de Montréal. Un détail peu connu est qu’à la fin du bail, les installations doivent retourner entre les mains d’Ottawa, sans dette.

Or, Montréal n’ayant simplement pas besoin de deux aéroports, tous les vols régulier internationaux reviendront à Dorval en 1997 et les charters en 2004.

Selon James Cherry, ‘N’eût été la pression exercée par l’échéance des Jeux olympiques, Mirabel n’aurait peut-être jamais vu le jour’.

Malgré tout, Mirabel est devenu une plateforme logistique et industrielle de classe mondiale, qui abrite notamment l’usine d’assemblage de la CSeries de Bombardier, mais aussi les installations de Turbomeca, Pratt & Whitney Canada, Stellia, UPS, FedEx qui emploie près de 4000 personnes.

Montréal-Trudeau dessert actuellement plus de 135 destinations directes dont quelques 80 à l’international dont Shanghai, à compter du 16 février prochain sur les ailes d’Air Canada grâce à l’entrée en service du Boeing 787-9 Dreamliner au sein du transporteur canadien, le seul avion de ligne rendant cette ligne possible et rentable.

La fréquentation à Montréal-Trudeau est en hausse ayant passé de 10 à 16 millions de passagers entre 2010 et 2016. Les activités d’ADM et celles des quelques 200 entreprises établies sur ses deux sites génèrent 55 000 emplois dont  27 000 emplois directs créant  une  valeur  ajoutée  de  5,5 milliards de dollars soit près de 4% du PIB de la région de Montréal.

Mais, à moins de trois mois de son départ d’Aéroports de Montréal, monsieur Cherry aborda l’épineuse question de la privatisation des aéroports canadiens, un sujet très peu médiatisé dans la métropole.

Il fit alors référence à l’Examen de la Loi sur les transports au Canada sous la direction de l’honorable David Emerson demandé par le gouvernement Harper. Selon ce rapport remis en décembre 2015 au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, la politique de transport aérien a donné d’excellentes installations aéroportuaires et d’excellents systèmes de navigation aérienne; de même que des transporteurs financièrement viables; une bonne connectivité avec les principaux marchés commerciaux et touristiques; ainsi qu’une excellente fiche de sécurité et de sûreté. Néanmoins, il révèle ses lacunes, telles que des contraintes réglementaires surannées, un lourd fardeau de taxes, charges et loyer, une concurrence limitée qui pousssent des passagers canadiens à opter pour les aéroports des États-Unis où les vols sont moins chers.

Le pdg d’Aéroports de Montréal s’attarda à l’une de ces recommandations concernant les grands aéroports, qui se lit comme suit: ‘faire évoluer, d’içi trois ans, les administrations aéroportuaires en sociétés à capital-actions, avec un financement par capitaux propres d’investisseurs de grands établissements ainsi que des lois pour consacrer le mandat des aéroports,    soit    le    développement économique’.

Selon monsieur Cherry, ceci ouvrirait très certainement la porte à la vente totale ou partielle des aéroports à des intérêts privés ou à des institutions. Actuellement, un grand nombre d’aéroports dans le monde ont été privatisés et appartiennent aujourd’hui à des sociétés privées à but lucratif, comme Vinci Airports, Macquarie ou la canadienne Vantage Airport Group qui détient ou gère plusieurs aéroports dans le monde, dont l’aéroport de LaGuardia à New York.

Aéroports de Montréal, qui s’intéresse à la gouvernance des aéroports depuis nombre d’années, est très favorable à cette recommendation, le mémoire d’ADM au Comité Emerson traitant essentiellement  de la nécessité de faire évoluer le modèle actuel de gouvernance des grands aéroports et propose la corporatisation comme piste de solution avec ou sans vente d’actions.

Ainsi, aux dires de monsieur Cherry, la corporatisation permettrait notamment de régler les enjeux relatifs à l’expiration des baux alors que les aéroports devront être remis au gouvernement federal en bon état et exempts de dette.

Actuellement, les loyers versés par les aéroports canadiens à Ottawa grugent 12 % de leurs revenus bruts et les taxes municipals, un autre 8%.

Toutefois, la transformation des administrations aéroportuaires actuelles en sociétés à capital-actions ne fait pas l’unanimité parmi les gestionnaires des aéroports canadiens bien qu’à l’étranger, des exemples abondent d’aéroports entièrement ou partiellement privatisés fonctionnant très bien.

Des observateurs externes considérent la vente des aéroports comme une panacée, le produit de la vente des aéroports pouvant notamment servir au financement de nouvelles infrastructures de transport collectif dont les grandes villes comme Montréal ont cruellement besoin.

Mais comme le souligna, monsieur Cherry en conclusion, il faut se souvenir que l’équitée accumulée par les quatre grands aéroports canadiens évalués selon certains à dix milliards de dollars canadiens, s’est construite sur de la dette. Cette équité doit demeurait affirme sans broncher le pdg d’ADM, à la disposition des aéroports qui devront poursuivre leurs investissements dans les infrastructures.

James Cherry, pdg d'Aéro Montréal. Photo: Philippe Cauchi.

James Cherry, pdg d’Aéro Montréal.
Photo: Philippe Cauchi.

En melée de presse, monsieur Cherry précisa sa pensée.

Selon lui, il est évident qu’’Il faut changer le système en place’ et il a demandé à monsieur Emerson de baliser et d’évaluer toutes les possibilités.

Il rappela qu’au moment de la privatistion des aéroports canadiens aucun autre modèle que la propriété publique des aéroports n’existait. Puis est venue la privatization des aéroports britanniques sous le gouvernement de Margaret Thatcher et l’arrivée en bourse de la British Airport Authority.

Monsieur réaffirme qu’il ‘ne faut pas se limiter à un seul modele…il faut regarder plus large’.  Il veut une analyse complete ‘Voir les plus et les moins de toutes options avant de prendre un décision’.  Il reste un peu sceptique avec la proposition du rapport d’Emerson de privatisation en trois ans ‘Un peu agressif’ ajoue-t-il.

Le pdg d’Aéroports de Montréal reconnait qu’une privatisation donnerait un financement permanent surtout alors que les taux d’intéret actuels sont bas. Mais

‘Qu’est ce qui va arriver si les taux augmentent?’ demanda-t-il en introduisant la notion de capital permament et de capital patient.

Pour lui, toute privatization doit se faire dans un cadre d’un actionnariat partagé entre ville, état, chambre de commerce, le privé et le grand public.

‘Il faut du capital patient interessé par le long terme’.

]]>
https://infoaeroquebec.net/james-cherry-et-la-privatisation-des-aeroports-canadiens/feed/ 1