Jacques Daoust – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Tue, 30 Jun 2020 01:20:51 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 Toute première remise à Swiss d’un Bombardier CSeries CS100. https://infoaeroquebec.net/toute-premiere-remise-a-swiss-dun-bombardier-cs100/ Thu, 30 Jun 2016 07:02:27 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=16124  

MIRABEL – En ce dernier mercredi de juin 2016, Bombardier Aéronautique a procédé à la livraison au transporteur helvétique Swiss, filiale de l’allemand Lufthansa et membre de Star Alliance, du tout premier CS100.

A l’occasion journalistes, notables et fournisseurs furent invités aux installations de Mirabel, à 40km au nord de Montréal.

Deux vols au-dessus des Laurentides d’une durée de 45 minutes eurent lieu.

Le premier était destiné aux membres de la presse aussi bien locale qu’internationale et le second aux notables dont Jacques Daoust, ministre des transports du gouvernement provincial québécois depuis le 28 janvier dernier    et d’avril 2014 à janvier 2016, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des exportation et Marc Garneau, ministre des transports du gouvernement fédéral canadien depuis le 4 novembre dernier et Denis Coderre, maire de Montréal.

L'aile gauche du CS100 FTV-5 C-GWXZ. Photo: Philippe Cauchi.

L’aile gauche du CS100 FTV-5 C-GWXZ.
Photo: Philippe Cauchi.

Au nombre de la cinquantaine de journalistes invités, nous avons embarqué abord du CS100, FTV-5, C-GWXZ qui se mis à rouler à 14h45.  Quinze minutes plus tard, le chef-pilote du programme CSeries, Estaban Arrias engagea l’appareil sur la piste 29 de l’aéroport de Montréal-Trudeau et mis les pleins gaz pour un vol de 45 minutes au-dessus des Laurentides jusqu’au Mont-Tremblant atteignant une altitude de 16 000 pieds.

L'ombre du CS100 FTV-5 C-GWXZ. Photo: Philippe Cauchi.

L’ombre du CS100 FTV-5 C-GWXZ.
Photo: Philippe Cauchi.

Le décollage fut puissant tout en restant doux.  Même étant assis à la rangée 20 soit à l’arrière des deux réacteurs Pratt & Whitney P1500G Pure Power de 21 000 livres de poussés, nous avons pu constater le bas niveau sonore en cabine.  En vol, tenir une conversation sans avoir à hausser le ton fut réalisable.

La cabine du CS100 FTV-5 C-GWXZ. Photo: Philippe Cauchi.

La cabine du CS100 FTV-5 C-GWXZ.
Photo: Philippe Cauchi.

Configuré pour accueillir 118 passagers en classe unique, ce CS100 présente cinq sièges de front, deux à tribord et trois à bâbord offrant un ample dégagement pour les jambes de 30 pouces ou 76 cm.

Hublots du CS100. Photo: Philippe Cauchi.

Hublot du CS100.
Photo: Philippe Cauchi.

Hublot du CS100. Photo: Daniel Bordeleau.

Hublot du CS100.
Photo: Daniel Bordeleau.

Sans conteste, le fait le plus marquant resta l’étonnante luminosité en cabine qui est le fruit de hublots 50% plus vaste que ceux de la famille de l’Airbus A320.

Compartiment à bagages du CS100. Photo: Philippe Cauchi.

Compartiment à bagages du CS100.
Photo: Philippe Cauchi.

Soulignons enfin la grande capacité des compartiments à bagages, du même gabarit que ceux des avions de ligne long courrier, accueillant aisément les valises de cabine sur roulettes.

Rob Dewar, vice-président du Programme d’avions CSeries de Bombardier Avions commerciaux et Peter Wojahn, Chief Technical Officer chez Swiss. Photo: Philippe Cauchi.

Rob Dewar, vice-président du Programme d’avions CSeries de Bombardier Avions commerciaux et Peter Wojahn, Chief Technical Officer chez Swiss.
Photo: Philippe Cauchi.

En mêlée de presse sur le tarmac, aux côtés de l’avion, au retour du vol, Fred Cromer, président, Bombardier Avions commerciaux, flanqué de Rob Dewar, vice-président du Programme d’avions CSeries de Bombardier Avions commerciaux et de Peter Wojahn, Chief Technical Officer chez Swiss, déclara que ‘Today is a significant moment for Bombardier, Swiss and their employees… I heartily congratulate our teams and thank our launch operator Swiss for its longstanding support of the programme’.

Fred Conner, Alain Bellemare, Pierre Beaudoin. Photo: Philippe Cauchi.

Fred Conner, Alain Bellemare, Pierre Beaudoin.
Photo: Philippe Cauchi.

Un peu plus loin, de l’autre côté de l’appareil, Alain Bellemare, pdg de Bombardier et Pierre Beaudoin, président du conseil d’administration de Bombardier s’adressèrent aux journalistes. Exubérant quant à l’avenir du programme CSeries, monsieur Bellemare me manqua pas de rappeler que le dernier-né de Bombardier est ‘le tout premier avion entièrement conçu pour le marché des avions de 100 à 150 sièges en près de trente ans’ soit depuis l’Airbus A320 dont le vol inaugural remonte au 22 février 1987.

Fred Conner, Alain Bellemare, Pierre Beaudoin. Photo: Daniel Bordeleau.

Fred Conner, Alain Bellemare, Pierre Beaudoin.
Photo: Daniel Bordeleau.

Le premier CS100 de Swiss, aménagé pour accueillir 125 passagers, s’envolera jeudi matin vers 6h00 à destination de Zurich, en Suisse où il sera intégré à la flotte et effectuera sa première liaison commerciale, le 15 juillet prochain par un vol entre Zurich (ZRH) et Paris-Charles-de-Gaulle (CDG).

Alain Bellemare. Photo: Daniel Bordeleau.

Alain Bellemare.
Photo: Daniel Bordeleau.

Jacques Daoust. Photo: Daniel Bordeleau.

Jacques Daoust.
Photo: Daniel Bordeleau.

Rob Dewar. Photo: Daniel Bordeleau.

Rob Dewar.
Photo: Daniel Bordeleau.

Peter Wojahn. Photo: Daniel Bordeleau.

Peter Wojahn.
Photo: Daniel Bordeleau.

Remise officielle du premier CS100. Photo: Daniel Bordeleau.

Remise officielle du premier CS100.
Photo: Daniel Bordeleau.

Le carnet de commandes de Swiss comporte 15 CS100 et d’autant de CS300 après la conversion de 5 CS100 pour un nombre égal de CS300. Neuf CSeries auront rejoint la flotte de Swiss cette année au rythme d’un par mois en juillet, août et septembre puis de deux par mois pour le reste de l’année et de dix autres en 2017.

En date d’aujourd’hui, le CSeries peut compter sur 370 commandes fermes assorties de 242 options.

La remise du tout premier CSeries à un client est l’aboutissement de douze années tumultueuses car lancé en 2004 et mis en production dès 2008, le programme CSeries a vu ses coûts de développement plus que doubler pour atteindre 5,4 milliards de dollars américains au prix de trois ans de retard.

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25 milliards de dollars de ventes en 2020 pour Bombardier selon Alain Bellemare. https://infoaeroquebec.net/25-milliards-de-dollars-de-ventes-en-2020-pour-bombardier-selon-alain-bellemare-2/ Sun, 01 May 2016 04:05:23 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=15463  

MONTRÉAL – Au lendemain de l’annonce de la commande de 75 CS100 par l’américaine Delta Air Lines, Bombardier faisait encore la une.

Vendredi matin à 10h00 aux installations de Bombardier Avions commerciaux à Mirabel, dans un hangar d’assemblage de CRJ et de CSeries, étaient convoqués actionnaires, notables et journalistes à l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise québécoise. Parmi les notables se trouvaient Suzanne Benoit, pdg d’Aéro Montréal, Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et de placements du Québec (CDPQ), Jean Bouchard, maire de Mirabel, Simon Marcil, député du Bloc Québécois du comté fédéral de Mirabel et Sylvie D’Amours, députée de la Coalition Action Québec du comté provincial de Mirabel. Aucun représentant du gouvernement fédéral canadien n’était présent.

Assemblée des actionnaires de Bombardier 2016. Photo: Philippe Cauchi.

Assemblée des actionnaires de Bombardier 2016.
Photo: Philippe Cauchi.

À la tribune avec comme fonds un CS300 en cours d’assemblage déjà sur ses atterrisseurs mais démunis de moteurs et de peinture, se trouvaient John Di Bert, vice-président principal et chef de la direction financière de Bombardier, Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, président du Conseil d’administration et Me Daniel Desjardins, vice-président principal, affaires juridiques et Secrétaire de la Société, Bombardier.

Alain Bellemare, porté par l’annonce de la commande de Delta Air Lines, la veille, au même endroit, s’adressa à l’audience de 900 personnes qui a nécessité l’installation de deux gradins qui montaient presque jusqu’au plafond du hangar.

Le pdg avait choisi ce lieu afin de montrer aux invités les produits en nature, de présenter les ingénieurs et ouvriers au travail et de faire comprendre le niveau de complexité de l’assemblage d’un avion.

Dans son discours, monsieur Bellemare voulait réitérer la vision de l’entreprise québécoise :

         Fabriquer des avions et les trains les plus performants au monde

         Offrir des services de qualité supérieure aux clients

         Être chef de file dans chacun de ses secteurs

         Et générer de la valeur pour ses actionnaires.

L’ancien président de Pratt & Whitney Canada et de l’équipementier américain géant UTC Aerospace Systems en rappelant que les ventes de Bombardier avaient atteint les 18 milliards de dollars en 2015, lança qu’il visait les 25 milliards en 2020.

A ses dires, les vedettes de la division aéronautique de Bombardier que sont le CSeries ‘qui n’a aucun équivalent dans la catégorie des avions de 100 à 150 places’ et le Global 7000 ‘sans conteste le meilleur avion d’affaires au monde’.

Tout en remerciant, le gouvernement provincial du Québec de Philippe Couillard pour le partenariat annoncé par le ministre de l’industrie de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations de l’époque, Jacques Daoust, le 29 octobre dernier, Alain Bellemare en appela au gouvernement fédéral de Justin Trudeau pour aller de l’avant avec l’aide demandée.

Le pdg souligna que la direction de Bombardier a posé depuis son entrée en poste soit depuis le 13 février 2015, des gestes déterminants pour stabiliser la Société :

         Une actualisation pour éviter de dire une réduction de production des jets d’affaires à large cabine et long rayon d’action Global 5000 et Global 6000

         L’annulation du programme bi réacté d’affaires de taille moyenne tout composite Learjet 85

         Le remaniement du calendrier du bizjet à cabine large et très long rayon d’action Global 7000 et, par conséquent du Global 8000

         La restructuration de la division Avions d’affaires.

Alain Bellemare souligna que Bombardier est le champion canadien en terme de dépenses en recherche et développement.  Néanmoins, ces dépenses comprennent une part importante dévolue aux essais en vol et non pas en recherche fondamentale contrairement à Pratt & Whitney Canada.

Selon Alain Bellemare, l’année 2016 sera une année de transition marquée par la hausse des fonds dévolus au développement du biréacté d’affaires à cabine large et très long rayon d’action Global 7000 et par une entrée en service sans faille du biréacté monocouloir de 100 places CS100.

Ligne d'assemblage du Bombardier CSeries. Photo: Philippe Cauchi.

Ligne d’assemblage du Bombardier CSeries.
Photo: Philippe Cauchi.

Mais les vraies questions furent soulevées ensuite lors de la période des questions des actionnaires et lors de la mêlée de presse.

Interpelé par une représentante du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (Médac) sur la brulante question des actions à votes multiples qui donnent le contrôle de l’entreprise à la famille Beaudoin Bombardier, Pierre Beaudoin répondit tout de go qu’’il n’était pas de leur intention de changer quoi que ce soit’ surenchérissant en soulignant que la famille Beaudoin avait toujours été là dans les bons et les moins bons moments.

Quant à l’octroi de l’aide d’Ottawa, l’impasse origine de ces divergences sur la question du contrôle familial de l’entreprise, les actions à droit de votes multiples permettant à la famille Beaudoin-Bombardier de contrôler 53,23% des droits de vote.

Dans ses interventions, le représentant du MÉDAC, Willie Gagnon, a également dénoncé les modifications du régime d’options d’achat d’actions proposées par Bombardier ainsi que la politique de rémunération des membres de sa haute direction.

Celui-ci a notamment rappelé que messieurs Bellemare et Beaudoin s’étaient partagés plus de 10,2 millions de dollars américains en rémunération totale au cours du dernier exercice. Ainsi, la rémunération des cinq plus hauts dirigeants a dépassé les 19 millions de dollars en 2015.

Alain Bellemare à l'Assemblée des actionnaires de Bombardier 2016. Photo: Philippe Cauchi.

Alain Bellemare à l’Assemblée des actionnaires de Bombardier 2016.
Photo: Philippe Cauchi.

En point de presse, le grand patron de Bombardier qui n’était pas accompagné de monsieur Beaudoin, a répliqué que la rémunération des dirigeants de l’entreprise tenait compte de comparaisons avec celles en pratique dans des entreprises de taille similaire au Canada ainsi qu’à l’étranger.

Selon le pdg de Bombardier, le redressement entamé par son équipe depuis la dernière année justifie les salaires octroyés et une telle structure de rémunération a permis, selon lui, ‘d’attirer des candidatures impressionnantes et cela a été reconnu par les analystes financiers’.

Monsieur Bellemare interrogé sur la situation de la division Avions d’affaires assura de sa confiance dans le biréacté haut de gamme à cabine large et très long rayon d’action Global 7000 qui devrait effectuer son vol inaugural cette année et entrer en service en 2018. Des centaines d’ingénieurs travaillent à son développement tandis que des sommes importantes y sont investies.

Alain Bellemare à l'Assemblée des actionnaires de Bombardier 2016. Photo: Philippe Cauchi.

Alain Bellemare à l’Assemblée des actionnaires de Bombardier 2016.
Photo: Philippe Cauchi.

Aux dires de monsieur Bellemare, l’avenir de Bombardier sera porté, du coté Aéronautique, par les nouveaux programmes que sont le CSeries et les Global 7000 et Global 8000.  Ils permettront au chiffre d’affaires de Bombardier de passer de 18 à 25 milliards de dollars d’ici 2020.

Toutefois après l’embellie des cinq derniers jours, l’action de Bombardier  (BBD-B.TO) plongeait de 7,35%, ou 15 cents, vendredi après-midi, à la clôture de la Bourse de Toronto, pour se transiger à $1,89.

 

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Le CS100 reçoit sa certification de Transports Canada. https://infoaeroquebec.net/le-cs100-recoit-sa-certification-de-transport-canada/ Mon, 21 Dec 2015 02:09:56 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=14374 MIRABEL – En fin d’après-midi jeudi, Bombardier a convoqué les membres de la presse pour une conférence de presse le jour suivant, soit vendredi à 9h00, aux installations de Mirabel situées à 50 km au nord de Montréal.

En ce vendredi matin, exceptionnellement doux, Bombardier avait aménagé l’extrémité de la chaîne d’assemblage des CRJ avec un CS100 blanc et bleu aux couleurs du constructeur sous les feux de la rampe entouré de deux CS300 participant aux essais en vol et un troisième en construction.

Une estrade, un lutrin, trois drapeaux, un fonds de fumée, des projecteurs et un aéropage d’invités d’honneur, d’élus, d’employés et de journalistes constituaient le décor de cet événement dont le thème était deviné de tous ou presque : l’annonce de la certification du CS100 de 108 à 133 places par Transport Canada au terme d’une campagne de tests en vol de plus de 2400 heures lors de plus de 1000 vols étalés sur 27 mois depuis le vol inaugural du premier exemplaire, le 16 septembre 2013 des pistes de l’aéroport de Montréal – Mirabel.

Se trouvaient au premier rang Alain Bellemare, pdg de Bombardier, Fred Cromer, président, Avions commerciaux chez Bombardier, Jean-François Casa, vice-président du développement de produits et ingénieur en chef de Bombardier et chef de l’organisme d’approbation de conception de Bombardier, le consul du Royaume-Uni à Montréal, le ministre fédéral canadien des Transports, Marc Garneau, et le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations du Québec et député de Verdun, Jacques Daoust.

Le CSeries est en fait le premier monocouloir totalement nouveau depuis l’Airbus A320 dont le premier vol remonte au 22 février 1987 et l’entrée en service le 18 avril 1988 au sein d’Air France.

Le suspens ne dura pas longtemps alors que Marc Garneau, nouveau ministre fédéral des transports depuis le 4 novembre suite aux élections du 19 octobre dernier qui a porté au pouvoir le Libéral Justin Trudeau. Député de Notre-Dame-de-Grâce – Westmount depuis 2008, ancien officier de la Marine canadienne, premier astronaute canadien et ancien président de l’Agence spatiale canadienne (ASC), Marc Garneau monta sur l’estrade et prit la parole pour annoncer la certification par Transports Canada du premier membre de la famille CSeries, le CS100 propulsé par une paire de réacteurs Pratt & Whitney PW1500G Pure Power qui entraîna un éclatement d’applaudissements. ‘La certification de la CSeries de Bombardier marque un tournant historique pour le secteur aérospatial canadien’ souligna le Ministre en ajoutant qu’‘il s’agit de la certification du plus gros avion passager jamais approuvée par Transport Canada’. Rappelons que le 17 novembre dernier, Bombardier avait annoncé que la campagne des tests en vol du CS100 en vue de la certification avait prit fin.

Marc Garneau. Photo: TVA.

Marc Garneau.
Photo: TVA.

Monsieur Garneau rappela que la certification par les autorités aéronautiques canadiennes sera suivie sous peu de celles de la Federal Aviation Administration (FAA) et de l’European Aviation Safety Agency (EASA).

Signe des temps, le ministre fit allusion à l’environnement en affirmant que le CSeries par sa consommation de 20% inférieure à celle de ses concurrents sera ‘un atout précieux pour le domaine du transport aérien dans le monde entier’ et qu’il va ‘contribuer à atteindre les objectifs environnementaux que le Canada s’est fixés récemment à Paris’. Pour lui ‘Il aura une forte influence dans la place qu’occupe le Canada dans le monde de l’aérospatial’.

Pour conclure sa présentation, Marc Garneau s’embarqua dans une envolée oratoire en criant presque que ‘Nous souhaitons tous que nous allons exporter des centaines et des centaines de CSeries’.

Jean-François Casa. Photo: Philippe Cauchi.

Jean-François Casa.
Photo: Philippe Cauchi.

Jean-François Caza, vice président, développement de produits et ingénieur en chef et chef du groupe d’approbation des produits chez Bombardier, enchaîna en déclariant d’entrée de jeu que ‘la journée en était une très importante pour l’ensemble de Bombardier lui qui a conçu, développé et testé ce grand avion qu’est le CSeries’.

Selon lui, la certification de type est une étape très importante car elle permet le début des livraisons de cet avion ‘né d’une vision de Bombardier qui a cerné un besoin qui n’était pas satisfait’.

Jacques Daoust. Photo: Philippe Cauchi.

Jacques Daoust.
Photo: Philippe Cauchi.

À son tour à la tribune, le ministre Daoust lança que ‘le CSeries de Bombardier est emblématique du travail, de la détermination, de l’expertise, du talent et de la créativité des 2300 employés de Bombardier…vraiment un avion du 21ième siècle…ses caractéristiques le rendant unique par son économie en carburant et son silence’.

Fred Cromer. Photo: Philippe Cauchi.

Fred Cromer.
Photo: Philippe Cauchi.

Ensuite, ce fut au tour de Fred Cromer, président, Avions commerciaux chez Bombardier qui a reconnu que cela faisait longtemps que le CSeries n’avait enregistré une seule commande mais que sa certification allait changer la situation ‘It has been a long time since the last order but this milestone is changing the way airlines is thinking about the CSeries program…and we are getting more and more interest certification is a strategic move for our potential customers…they are looking at their fleet plans they are very interested in the 100-150 seat segment’.

Monsieur Cromer fit état des prévisions de livraisons du CSeries : de 15 à 35 en 2017, de 45 à 55 en 2018, 75 à 85 en 2019 et de 90 à 120 en 2020. À terme, Bombardier compte livrer de 120 à 150 CSeries par an de ses deux chaines d’assemblage de Mirabel.

Rob Dewar. Photo: Philippe Cauchi.

Rob Dewar.
Photo: Philippe Cauchi.

Rob Dewar, vice président du programme CSeries présenta une vidéo rappelant l’histoire et toutes les étapes du programme.

Il conclut de façon prophétique par ‘It (The CSeries) is new reality for the single-aisle market’.

Alain Bellemare. Photo: Philippe Cauchi.

Alain Bellemare.
Photo: Philippe Cauchi.

Alain Bellemare monta à la tribune et souligna entre autres lors de son longue intervention que ‘la certification est un point tournant’ et que ‘le CSeries a le potentiel de porter notre industrie à un nouveau niveau’. Il ajouta que ‘Grâce à nos 2300 employés et nos 200 fournisseurs, nous avons réussi au-delà de nos espérances’ pour réaliser ‘Le meilleur avion dans le segment des 100 à 150 places’.

Enthousiaste, il ne s’arrêta pas là : ‘Nous avons la meilleur équipe d’ingénieurs au monde et nous sommes capables de développer, de certifier et de soutenir des avions partout dans le monde’.

Il conclut avec enthousiasme que Bombardier ‘est maintenant extrêmement bien positionné’ pour l’avenir. ‘Nous avons un appareil certifié, un appareil super performant, on est bien positionné, on a un créneau où il y a vraiment un marché intéressant de 5000 à 7000 appareils sur 20 ans …ce qui me rend confiant que nous attirerons des partenaires…ce qui nous donne un momentum pour parler avec les clients’.

Lors de la mêlée de presse qui suivit, le ministre Garneau, en réponse aux questions des journalistes portant sur une éventuelle aide d’Ottawa, se borna à déclarer que le dossier progressait.

Un peu plus loin, Alain Bellemare, réitéra que ‘Nous avons une excellente plateforme et les gens vont commencer à réaliser les avantages du CS100 et du CS300’ en ajoutant que ‘les doutes des clients potentiels, ne serait-ce que d’être capable de rencontrer le calendrier de certification avant la fin de l’année, sont maintenant du passé’.

Quant au soutien du fédéral, Alain Bellemare indiqua qu’il serait un gage de reconnaissance envers le programme CSeries, un vote de confiance, une aide financière additionnelle et quant à sa venue, il répondit ‘The soonner, the better’.

Interrogé sur la possibilité d’un CS500, Alain Bellemare répondit tout en s’éloignant que ‘If someone needs a bigger aircraft, we have the CS300’. Une déclaration qui contraste avec les propos tenus par Rob Dewar au journaliste d’Air Transport World, Graham Warwick d’Air Transport World, à qui il confia que le CSeries est ‘A platform with room to grow’.

Bombardier CS100 Photo: Philippe Cauchi.

Bombardier CS100
Photo: Philippe Cauchi.

La campagne d’essais en vol du CS100 s’est avérée plus longue et plus coûteuse que prévue, la plus chère de l‘histoire de Bombardier. Le CSeries affiche plusieurs premières dont l’usage des commandes de vol électriques Parker Aerospace, des panneaux d’ailes en transfert de résine composite infusé et des panneaux de fuselage en aluminium-lithium de Constellium, anciennement Alcan Engineered Products. Le CSeries représente aussi la plus importante application commerciale de la suite avionique intégrée ProLine Fusion de Rockwell Collins.

Actuellement, la famille CSeries compte 603 commandes, options et promesses d’achat dont 243 commandes fermes et Swiss Airlines devrait mettre en service le tout premier CS100 au second trimestre de 2016.

Quant au CS300 d’une capacité de 130 à 160 places en ‘haute densité’, il devrait être certifié d’ici six mois car le taux de communauté des systèmes avec le CS100 est de 95%. Deux CS300 font partie de la campagne de certification. Son entrée en service devrait survenir au second semestre 2016 au sein du transporteur Air Baltic.

Le programme CSeries, ponctué comme la plupart des programmes d’aéronefs civils de transport, de retards dont une pause de cinq mois de la campagne de tests en vol suite à l’incident survenu à un moteur Pure Power en juin 2014, a coûté 5,4 milliards de dollars américains contre 3,2 milliards initialement prévus en 2008.

Comparatif CSeries et monocouloirs

Il reste maintenant à Bombardier d’accomplir la première livraison à Swiss, réussir la mise en service, réaliser la montée en cadence de la production et de convaincre un grand transporteur américain d’opter pour le CSeries.

Le CS100 permet une économie de 20% par rapport aux monocouloirs en service et même de 10% par rapport à leur version remotorisée ce qui se traduit par une économie de 7 à 12 millions de dollars par avion sur sa durée de vie. Ses émissions en NOx sont aussi de 50% inférieures aux normes CAEP 6 selon le constructeur.

L’autonomie maximale du CS100 atteint maintenant 3300NM ou 6112km soit 350NM ou 648km de plus que prévu.

Vendredi, le titre de Bombardier (BBD-B.TO) a gagné 19 cents ou 16,24% pour clôturer à 1,36 dollar canadien. Quelques 31 millions d’actions ont été transigées soit six fois plus qu’en temps normal.

 

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Jacques Daoust devant la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain. https://infoaeroquebec.net/14091-2/ Sat, 21 Nov 2015 05:16:25 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=14091  

MONTRÉAL – En ce vendredi 20 novembre sur le coup de midi 45, Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, s’est exprimé devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain présents au Centre Sheraton dont à la table d’honneur, Alain Bellemare, PDG de Bombardier, sur le thème de ‘L’innovation, la clé de la prospérité’.

Le ministre en profita pour annoncer quatre mesures visant à stimuler davantage l’innovation au Québec au coût de 15 millions sur trois ans prévus dans le budget 2015-2016 :

  • Passeport innovation
  • Premier brevet
  • Premier emploi en recherche
  • Stages d’innovation en entreprise

Jacques Daoust souligna que ‘Le Québec s’est donné comme objectif de stimuler l’innovation, notamment auprès des PME’ afin de ‘propulser le Québec vers les plus hautes sphères de l’excellence en matière d’innovation’.

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Il rappela avec plaisir une citation de Steve Jobs, fondateur d’Apple Computer : ‘L’innovation est ce qui distingue le leader du suiveur’.

Mais ce fut en scrum ou mêlée de presse dans l’atrium de l’hôtel que le sujet de Bombardier ressurgit.

À une première question, le ministre répliqua que ‘le Québec a sorti le CSeries du groupe Bombardier, créé une entité propre et mis 1,5 milliard de dollars américains pour les liquidités et si le gouvernement fédéral fait une contribution, je laisse Bombardier discuter’. Le Ministre expliqua alors que l’important avec la création de cette entité, était l’assurance d’avoir assez de liquidités pour mener le développement du CSeries à terme puis à la rentabilité.

Sur la question de la chute récente du cours de l’action de Bombardier qui clôtura jeudi à CDN$1,28 contre CDN$1,53 le 15 novembre 2015, monsieur Daoust rappela que les actionnaires sont libres de leur mouvement et que chacun avait sa stratégie d’investissement et ses propres besoins. Il fit remarquer qu’en dépit de la sortie de ce 30% du secteur ferroviaire, le cours de l’action de Bombardier s’était maintenu.

La question des crédits d‘impôt à la recherche et au développement à l’industrie aérospatiale fut mise de l’avant et Jacques Daoust rétorqua qu’il s’agissait là d’une décision du Ministère des finances. ‘Il faut bien comprendre’ rappela-t-il ‘que tous les ministères sont en demande et que le Ministre des finances doit réaliser un arbitrage’. Mon ministère peut émettre des recommandations mais la décision finale revient au Ministère des finances. Les crédits à la recherche sont bons a-t-il reconnu mais ‘notre geste est significatif’. L’an dernier, Bombardier tant par ses impôts que par ceux de ses employés ont rapporté au fisc québécois 531 millions de dollars. Quant au rétablissement éventuel du crédit d’impôt, il conclut à la blague, ‘je ne suis pas très objectif…..le Ministre des finances décidera’.

En réponse à une question sur la santé du segment Avion d’affaires de Bombardier suite au lancement cette semaine du Cessna Hemisphere, un concurrent direct du Challenger 650, Jacques Daoust assura qu’aucune discussion d’aide ne portait sur les autres secteurs aéronautiques de Bombardier.

Finalement, il conclut en rappelant que le Québec devait être solidaire de cette industrie qui se développe et ‘de ne pas abandonner un marathon au 40ième kilomètres.

En ce vendredi, le cours de l’action de Bombardier (BBD-B.TO) a reculé de 2 cents canadiens ou 1.56% pour se fixer à CDN$1.26.

 

 

 

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La pression monte sur Ottawa pour aider le CSeries et Justin Trudeau se réveille. https://infoaeroquebec.net/la-pression-monte-pour-aider-le-cseries-et-justin-trudeau-se-reveille/ Wed, 11 Nov 2015 04:39:39 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=13873  

MONTRÉAL – Le mardi 10 novembre, la Presse Canadienne nous informait que Justin Trudeau aurait évoqué à huis clos avec les dirigeants du Congrès du travail du Canada le dossier de Bombardier et du CSeries.

Ce développement semble le dernier épisode de cette montée de pression sur les divers paliers de gouvernements canadiens pour secourir le dernier-né de Bombardier.

Bien que cela a tout d’un scénario bien ficelé, petit à petit les manœuvres du constructeur québécois se dévoilent.

Maintenant bien installé au pouvoir, Justin Trudeau commence tout à coup à s’intéresser à Bombardier, je dirais même à en prononcer le nom car lors de la campagne électorale il resta totalement muet sur la question de peur de s’aliéner des précieux votes en Ontario et même ailleurs dans le ROC (Rest of Canada).

Par contre le candidat Libéral fut bien loquace pour sortir sa verve et son énergie contre le F-35 par pur opportunisme politique pour ne pas dire électoraliste.

Revenons à Bombardier et au CSeries.

Mais maintenant au pouvoir avec une majorité parlementaire, le nouveau Premier ministre canadien ne pourra que suivre le pas de son mentor, Jean Chrétien, qui engouffra plus d’un milliard de dollars de l’époque de fonds publics dans Canadair, alors société de la Couronne, avant sa ‘vente’ à Bombardier.

La stratégie de Bombardier qui aboutit maintenant à une demande supplémentaire d’aide auprès du fédéral a été bien orchestrée.

L’avionneur montréalais s’étant tourné en vain vers Airbus, les Chinois, Embraer et peut-être même Boeing alors que ses liquidités flambaient à cause de l’allongement du programme de certification et du report des livraisons du CSeries, Québec ne pouvait rester immobile.

Il ne pouvait s’en suivre que l’annonce du 29 octobre dernier du ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations du Québec, Jacques Daoust, qui donna presque deux milliards de dollars canadiens à Bombardier.

Ensuite, il ne restait qu’à mettre Ottawa au pied du mur et cela fut fait, Québec pressant le gouvernement fédéral fraichement élu d’appuyer financièrement à son tour Bombardier.

En arrière-fonds, nous apprenons qu’à son tour la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CPDQ) s’affaire à un montage financier favorable au constructeur du CSeries.

Finalement, il ne manquait plus qu’un battage médiatique pour conquérir l’opinion publique afin qu’elle accepte les aides à Bombardier tout en ne remettant pas en question le contrôle de la famille sur l’entreprise.

Dans ce but, se succédèrent alors les interventions médiatiques de Michel Nadeau, Mehran Ebrahimi et Guy Savard en faveur d’un soutien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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