F-35A – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Tue, 25 Sep 2018 03:32:29 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 Le cirque médiatique d’Airbus au Canada ne fait que commencer. https://infoaeroquebec.net/le-cirque-mediatique-dairbus-au-canada-ne-fait-que-commencer/ https://infoaeroquebec.net/le-cirque-mediatique-dairbus-au-canada-ne-fait-que-commencer/#comments Tue, 25 Sep 2018 03:32:29 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=27235 MONTRÉAL – Nombre de mots : 1368 – Temps de lecture : 10 minutes.

Croire que le constructeur aérospatial franco-germano-espagnol, Airbus Industrie, création des états français et allemands, au prix de centaines de milliards de dollars de subventions depuis sa création selon l’hebdomadaire économique britannique The Economist dans un long article publié il y a une dizaine d’années, a sauvé le biréacté monocouloir de 100 à 130 places C Series par bonté d’âmes, serait vraiment naïf.

Alain Bellemare, pdg de Bombardier et Tom Enders, pdg d’Airbus.
Photo: Philippe Cauchi.

Airbus nous a habitués aux grands effluves d’amour pour obtenir des contrats au Canada. Rappelons-nous du début des années 1980 alors que le consortium jadis franco-germano-espagnol-britannique voulait placer ses avions de ligne chez le transporteur national Air Canada. Après avoir été heureusement rejeté au profit de Boeing et de son tout nouveau biréacté bicouloir 767, Airbus persévéra pour caser, en 1987, son biréacté à fuselage large moyen-courrier A310 auprès du transporteur Wardair d’Edmonton, en Alberta, qui passeront chez Canadian International Airlines de Calgary, en Alberta lors de sa reprise par ce dernier. Canadian International Airlines passera une modeste commande de 13 biréactés monocouloirs de 150 places A320.  Puis stupéfaction, en juillet 1988, au prix de promesses de retombées économiques et industrielles mirifiques et même de la location de somptueux bureaux à la Place Ville-Marie, en plein cœur de Montréal, Airbus plaça son A320 auprès du transporteur national canadien, encore à l’époque ‘société de la couronne’ ou plus simplement propriété de l’état canadien, avec la commande de 34 A320 au prix de $1,5 milliard. La flotte d’Air Canada n’était alors constituée que d’aéronefs américains, des Boeing 737,747,767, des McDonnell Douglas DC-9 et des Lockheed L-1011 TriStar.

Airbus A320 d’Air Canada.

Tout le monde connaît la suite, Air Canada opéra au fil des ans plus de 150 Airbus : A319, A320, A320, A330 et A340.

Puis le gouvernement fédéral Progressiste Conservateur de Brian Mulroney, dont le nom sera lié au scandale Karlheinz Schreiber, viendra au secours de Canadian International Airlines qui avait hérité de dix A310 suite à sa reprise de Wardair, en rachetant cinq d’entre eux pour la Force aérienne canadienne ou Canadian Air Force et qui deviendront les CC-150 Polaris dont deux ont été transformés en Allemagne en ravitailleur en vol A310MRTT et un en avion d’état, transportant le Premier ministre lors de ses déplacements.

Airbus CC-150 Polaris de l’aviation royale canadienne.
Photo: MDN.

Mais depuis près de trois ans, Airbus est en campagne pour s’emparer des contrats aérospatiaux à venir du Ministère de la défense nationale du Canada.  Une entrevue réalisée avec Simon Jacques, président d’Airbus Defence and Space Canada lors du Salon CANSEC tenu en mai 2016 en témoigne http://infoaeroquebec.net/cansec-2016-les-trois-priorites-dairbus-defense-and-space-canada/.

Et la stratégie paye même si je devrais dire que la prise du pouvoir par les Libéraux de Justin Trudeau, n’est certainement pas étrangère au premier succès d’Airbus auprès de l’Aviation royale canadienne (ARC) ou Royal Canadian Air Force (RCAF). Contre tout attente, l’avionneur européen avec son biturbopropulsé à aile haute C295W remporta la compétition visant au remplacement des CC-115 Buffalo, le ‘Projet de remplacement d’aéronefs de recherche et de sauvetage à voilure fixe’ (ARSVF) ou Fixed Wings Search and Rescue (FWSAR).  Depuis le début du processus en 2002, le Leonardo, anciennement Alenia AermacchiC-27J Spartan, avait toujours figuré comme favori. Étrangement, quelques jours avant l’annonce, les gens d’Airbus furent invités à tenir un point de presse par Aéro Montréal.

Airbus Military C295W.
Photo: Airbus Defense and Space.

Mais la légitime poursuite engagée par Boeing contre Bombardier auprès de l’US International Trade Commission (ITC) suite à la vente à prix bradé par Bombardier de 75 C Series au transporteur américain Delta Air Lines qui tourna en drame national au royaume de Bombardier, allait donner au constructeur européen l’occasion de se poser en ‘chevalier blanc’, en ‘défenseur de la veuve et de l’orphelin’, en volant au secours du programme C Series.

Mais nul n’est dupe qu’il y a eu intervention du gouvernement Trudeau auprès d’Airbus qui a dû certainement promettre de favoriser Airbus lors des tout prochains importants appels d’offres du Ministère de la défense nationale du Canada: remplacement des McDonnell Douglas F-18 Hornet, des Airbus CC-150 Polaris, des Lockheed CP-140 Aurora, des MilSatCom sans oublier des conséquents contrats en cyber sécurité.

Lockheed Martin F-35A Lightning II.
Photo: USAF.

F-18E Super Hornet.
Photo: US Navy.

Airbus proposera son Eurofighter Typhoon dont le vol inaugural remonte au mois de mars 1994 pour remplacer les F-18C/D de la RCAF et affronter les Boeing F-18E/F Super Hornet, Lockheed Martin F-35A Lightning II, Dassault Rafale et Saab Gripen. Pour succéder au CC-150, Airbus proposera son A330MRTT face au Boeing KC-46A Pegasus, dont le premier exemplaire vient d’être tout récemment accepté par l’US Air Force et choisi par la Japan Air Self-Defence Force (JASDF) et, sur le point de l’être, par Heyl Ha Havir.

Vol inaugural du KC-46A.
Photo: Boeing.

Au remplacement des avions de patrouille et de lutte anti-sous-marine (ASW) Lockheed CP-140 Aurora (P-3A Orion), Airbus proposera une version ASW de l’ATR ou offrira un ‘avion de papier’ basé sur l’A320 ou même l’A220, connu naguère sous le nom de C Series afin de contrer le Boeing P-8A Poseidon, en service dans l’US Navy et choisi, pour l’instant, par les forces armées du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Corée du Sud, du Japon, de l’Inde, de la Norvège et de la Nouvelle-Zélande.

L’enjeu est de taille pour Airbus qui actuellement au Canada n’a connu de succès qu’avec Air Transat, qui, il faut le reconnaître, est une quantité négligeable face aux flottes d’Air Canada, WestJet et SunWing qui ont tous opté pour les avions de ligne de Boeing : 737NextGen, 737Max, 777 et 787.

Boeing 787-9.
Photo: Boeing.

Airbus va donc jouer à fonds les promesses de retombées économiques et, ‘tout naturellement, rappeler son geste de bonne volonté qui a ‘sauvé’ le C Series.

Ainsi l’offensive médiatique grand public se poursuit avec un texte signé de Tom Enders, pdg d’Airbus, publié dans l’édition du 6 septembre 2018 du quotidien de Toronto, ‘The Globe and Mail’. Nous nous rappellerons des grandes accolades et fous rires de Tom Enders et d’Alain Bellemare, pdg de Bombardier, lors de l’annonce de la reprise du programme C Series par Airbus, en septembre 2017, puis en juillet 2018, lors du passage sous le giron d’Airbus des installations du C Series à Mirabel.

Sous le titre de ‘Airbus – Canada partnership can build a bright future off a storied past’, Tom Enders commence par encenser le passé glorieux de l’industrie aérospatiale canadienne ‘Canada has a great history of innovation in aerospace’ mais se ressaisit vite en ajoutant qu’Airbus veut participer au futur plein de succès de l’industrie aérospatiale canadienne.

Condescendance oblige, monsieur Enders souligne les premières mondiales venues du Canada : l’avion de ligne Avro C102 Jetliner en 1949, les satellites Alouette I en 1962 et le Canadair Regional Jet à la fin des années 1980, sans oublier le C Series devenu en juillet 2018 l’Airbus A220 depuis que le programme a été donné à l’avionneur européen.

Le pdg ne put s’empêcher de souligner à nouveau les 1000 emplois d’Airbus au Canada et le milliard de dollars d’achat de biens et services que réalise l’avionneur européen au Canada chaque année. Il est à noter que cela est peu face au quatre milliards de dollars d’achats effectués au Canada chaque année, par Boeing, sans compter les achats de Lockheed Martin, Bell Helicopter Textron, Pratt & Whitney,…

Naturellement, Airbus, par la plume de son pdg, s’engage à être aux côtés de l’industrie aérospatiale canadienne……à plus forte raison si Ottawa s’arrange pour imposer à l’Aviation royale canadienne (ARC), l’Eurofighter, l’A330MRTT, l’A320ASW et les SatCom d’Airbus

Tom Enders y va d’une dernière envolée ‘Aviation and aerospace are crucial growth and prosperity drivers for the future. Airbus and Canada, by continuing to work and innovate together, will make it fly’. Tout personne sensée et non-partisane, se souviendra de l’attitude d’Airbus après avoir été choisi pour la première fois par Air Canada en 1988, avec l’A320 face aux McDonnell Douglas MD-88 et Boeing 737-400. Airbus alors ferma ses bureaux de la Place Ville-Marie et dirigea toute son énergie sur le prochain marché à conquérir.

À l’opposé, Boeing, même si ces avions de ligne ont été boudés pendant près de 20 ans par Air Canada, continua à considérer le Canada comme un des pays où il s’approvisionne le plus, année après année.

Il est facile d’imaginer que le cirque médiatique d’Airbus au Canada ne fait que commencer.

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Le tweet de Trump et les déclarations de Trudeau sur le F-35 passeront et le F-35 restera. https://infoaeroquebec.net/le-tweet-de-trump-et-les-declarations-de-trudeau-sur-le-f-35-passeront-et-le-f-35-restera/ https://infoaeroquebec.net/le-tweet-de-trump-et-les-declarations-de-trudeau-sur-le-f-35-passeront-et-le-f-35-restera/#comments Tue, 13 Dec 2016 04:38:44 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=18807 MONTRÉAL – Personne n’aurait cru que le President Elect Donald John Trump était aussi un expert en aéronautique.

Après s’être attaqué dans un Tweet, la semaine dernière, à Boeing, le plus important avionneur au monde et numéro deux mondial dans le secteur de la défense, pour sa gestion du contrat d’acquisition des successeurs des deux Boeing VC-25A, l’avion le plus emblématique et reconnu au monde, servant au transport du Président des États-Unis, le milliardaire New-Yorkais s’en prend aujourd’hui, à Lockheed Martin, numéro un mondial de la défense et à son avion de combat de cinquième génération, le F-35 Lightning II.

 

Donald Trump.

Donald Trump.

The F-35 program and cost is out of control. Billions of dollars can and will be saved on military (and other) purchases after January 20th.

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Quelle sera sa cible, la semaine prochaine? Le Boeing KC-46A Pegasus, le Sikorky VH-92A ‘Marine One’, le Northrop Grumman B-21 Spectre…? Dieu seul le sait…..

Quoiqu’il en soit monsieur Trump par ce Tweet aussi idiot qu’inutile, a malheureusement éclipsé un moment bien plus important dans l’histoire du F-35 qui se déroulait exactement au même moment à 5000NM (9200km) de la tour Trump de New York.  Il s’agissait de l’arrivée tant attendue des deux premiers F-35A Adir qui signifie ‘puissant’ en hébreu, d’Heyl Ha Avir, les forces aériennes israéliennes, sur la base de Nevatim (LLNV) près de Beer-Shev’a, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Jérusalem.

Lockheed Martin F-35I Adir. Photo: IAF.

Lockheed Martin F-35I Adir arrivant à Nevatim AB.
Photo: IAF.

Après deux escales, ponctués de ravitaillements en vol, une à Lajes Field (LPLA) aux Açores puis une autre à la base de Cameri (LIMN),  à 25km à l’ouest de Milan, en Italie, qui abrite le Final Assembly and Check Out (FACO) Facility, une ligne d’assemblage et des ateliers de maintenance du F-35 assurant la production des F-35A de la Aeronautica Militare, des F-35B de la Marina Militare, et des F-35A de la Royal Netherlands Air Force, les deux premiers F-35I se posèrent en Israël à 20h16, heure locale, à une minute d’intervalle.  Juste avant, ils avaient tous deux effectué un passage à basse altitude en honneur des Président et Premier ministre d’Israël, Reuven Rivlin et Benjamin Netanyahu, du ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, du Secrétaire américain à la défense Ashton Carter, du chef d’état-major des forces aériennes israéliennes Amir Eshel et des 4000 invités présents.

Lockheed Martin F-35I Adir. Photo: IAF.

Lockheed Martin F-35I Adir arrivant à Nevatim AB.
Photo: IAF.

L’état hébreu a déjà confirmé l’achat de 33 F-35I sur les 50 projetés qui équiperont deux escadrons d’Heyl Ha Avir.

Toujours en ce lundi, à Ottawa, Justin Trudeau, interrogé sur le Tweet de Donald Trump portant sur le F-35 ressortit la cassette voulant que le remplacement des CF-18 de l’Aviation royale canadienne se fera d’une ‘timely manner by an open and transparent competition’ et en profita pour blâmer le gouvernement précèdent, celui du conservateur Stephen Harper, pour l’impossibilité pour le Canada de respecter ses engagements envers ses alliés d’où l’annonce du 22 novembre dernier de l’achat par son gouvernement de 18 F-18E/F Super Hornet.  Néanmoins, revenant sur sa déclaration fracassante du 20 septembre 2015 à Halifax en plein campagne électorale, le Premier ministre annonça que le F-35 sera considéré dans le cadre du programme de remplacement des CF-18 Hornet malgré les critiques aussi bien au Canada qu’à l’international.

Même si Donald Trump par son tweet du jour agita la blogosphère et fit couler beaucoup d’encre, le F-35 chemine pour devenir l’avion de combat de référence alors qu’il est maintenant en service au sein de l’US Marine Corps et de l’US Air Force et que les forces militaires du Royaume-Uni, de l’Italie, d’Israël, de la Norvège, de l’Australie, du Japon, des Pays-Bas ont vu leur premier F-35 effectuer leur vol inaugural.

Une cinquantaine de F-35 auront été livrés en 2016 alors que quelques deux cents exemplaires volent déjà.  Plus de 60 seront construits l’an prochain et en 2020, ce chiffre sera de l’ordre de 170 à 180.

D’ici là, Donald Trump aura oublié son Tweet du 12 décembre 2016, tout comme Justin Trudeau, sa déclaration du 20 septembre 2015 même si, le Canada n’aura pas encore choisi le remplaçant de ses CF-18 dont les plus jeunes seront entrés en service en 1988 et que le F-35 s’affirmera comme le choix évident.

 

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