Airbus – Info Aéro Québec https://infoaeroquebec.net Toutes les nouvelles et l'Information aéronautique à un seul endroit. Articles, Éditoriaux, chroniques et communiqués de presse couvrant l'actualité. Fri, 29 Mar 2019 01:58:28 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3.20 L’A380: une histoire d’obsession et d’entêtement. https://infoaeroquebec.net/la380-une-histoire-dobsession-et-dentetement/ https://infoaeroquebec.net/la380-une-histoire-dobsession-et-dentetement/#comments Sun, 17 Feb 2019 04:34:20 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=28298  

MONTRÉAL – Nombre de mots: 1334  – Temps de lecture : 8 minutes.

Le 14 février est tombée la nouvelle que tous les experts en aéronautique attendaient depuis longtemps, je ne parle ici ni des aficionados de l’avionneur européen Airbus, ni des bloggeurs de tout acabit: l’arrêt de la production de l’A380.

Malheureusement les médias de Montréal semblent, depuis mes prises de positions à contre-courant mais parfaitement fondées et logiques lors du différend Boeing – Bombardier, ne plus faire appel à mes services.

Abonné depuis 1982 à Aviation Week & Space Technology, l’autorité incontestée en matière de journalisme aérospatial au monde et ayant assisté à tous les Salons du Bourget depuis 1993 alors que commençait ma carrière dans le secteur, j’ai assisté, du début à la fin, à la saga de l’A380.

Vol inaugural du 747-100. Photo: Boeing.

Alors que certains pensaient encore qu’Airbus était une marque d’autobus, j’ai capté dès la seconde moitié des années 1980, la montée de l’obsession d’Airbus et du gouvernement français afin de construire un avion plus gros que le Boeing 747 de l’avionneur américain de Seattle dont le 50ièmeanniversaire du vol inaugural fut célébré le 9 février 2019.

Car même si l’Airbus A380 a effectué son vol inaugural le 27 avril 2005 et est entré en service le 27 octobre 2007, ses origines remontent à la deuxième moitié des années 1980, sous le nom de A3XX dans le but avoué de briser le monopole du Boeing 747 sur le marché des jumbo jets.

L’idée de construire un avion plus gros que le 747 de l’américain Boeing obsédait les milieux politiques et aérospatiaux français depuis longtemps.  D’ailleurs, rappelons qu’Airbus et Concorde sont nés des obsessions anti-américaines du chef de l’État français de l’époque, Charles De Gaulle.

L’Airbus A380 deviendra source de gloire nationale, tout comme d’ailleurs le CSeries, l’A220, devrais-je dire.  J’étais présent lors de sa première apparition au Salon du Bourget de 2005. Lors de ses évolutions aériennes, il souleva aussi bien l’admiration que le patriotisme aussi dans les chalets lors des journées professionnelles que parmi les foules lors des journées grand public. Le quadriréacté géant franco-germano-espagnol eut droit aux cris de joie, aux exclamations d’admiration, aux superlatifs et aux commentaires dithyrambiques des spectateurs.

D’ailleurs, lors des Salons qui suivirent les dirigeants d’Airbus vantèrent leur avion géant, sans négliger d’écorcher le 747 à satiété jusqu’à la mémorable remarque lors de l’édition de 2005 alors que, devant moi, Philippe Jarry, vice-président, stratégie sous Noël Forgeard, se permit de pousser que ‘The only 747 at the Show is at the Museum’, faisant ici allusion au 747-200 d’Air France exposé au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.  Cela reflétait bien l’esprit méprisant des gens d’Airbus.

Mais essayons plutôt de comprendre comment avant même son lancement, le sort de l’Airbus A380 était scelé.

À la fin des années 1980, le 747 en était à sa deuxième version avec le -400 qui entra en service en février 1989. Boeing avait alors déjà vendu 935 ‘Seven Forty Seven’ et livré 755. Ainsi lors de ses vingt premières années de service, le 747 avait déjà franchi le cap des 60% de ses ventes totales.

Boeing 747-400. Photo: Boeing.

Le 747-400 qui offrait de nombreuses améliorations mais par-dessus tout un poste de pilotage à deux hommes équipé d’une avionique tout écran et des winglets si caractéristiques, adoptait le pont supérieur rallongé du -300 tout en permettant un rayon d’action et des capacités d’emport, en passagers et en fret augmentés.  Un total de 696 Boeing 747-400 seront livrés dont 166 en version cargo.

Au moment où Airbus se lançait dans l’aventure de l’A380, le 747 avait déjà vécu ses plus belles années.  L’entrée en service, le 7 juin 1995, du révolutionnaire biréacté long et très long rayon d’action et à grande capacité qu’est le Boeing 777, allait changer la donne. Le temps des gros porteurs quadriréactés était révolu, avec l’arrivée du 777 et, plus tard, du 787, tous deux biréactés qui permirent la desserte point à point de tant de villes aux quatre coins de la planète.

Vue d’artiste de l’Airbus A3XX. Photo: Airbus Industrie.

Vue d’artiste de l’Airbus A3XX. Photo: Airbus Industrie.

Vue d’artiste de l’Airbus A3XX. Photo: Airbus Industrie.

Néanmoins, Airbus réunira en secret, les 26 et 27 juin 1996, dans un hôtel Relais & Châteaux du sud de la France, des représentants de treize importantes compagnies aériennes, les américaines Delta, Northwest et United, les européennes Air France, British Airways, KLM et Lufthansa et les asiatiques All Nippon Airways, Cathay Pacific, Japan Air Lines, Japan Air System, Singapore Airlines et l’australienne Qantas, pour à la fois leur présenter le dossier de l’A3XX et sonder leur intérêt pour un long courrier de plus de 500 places. Les responsables d’Airbus se convaincront du succès du programme qui portera bientôt le nom d’A380.  Leurs idées étaient déjà prises d’avance.

Certes Boeing, face à la pression d’Airbus et de son A380, a songé à deux reprises d’offrir des versions fortement augmentées de la ‘Queen of the Sky’.

Vue d’artiste des Boeing 747-500X et 747-600X. Photo: Boeing.

Ainsi au Salon de Farnborough de 1996, le constructeur de Seattle dévoila les 747-500X et 747-600X qui, reprenant le fuselage du 747-400, rallongé respectivement de 18 et 47 pieds, y greffait une nouvelle aile dérivée de celle du 777.

Vue d’artiste des Boeing 747X et 747X Stretch. Photo: Boeing.

Vue d’artiste des Boeing 747X Stretch. Photo: Boeing.

Quatre ans, plus tard, Boeing proposa le 747X et 747X Stretch qui ne suscitèrent pas plus d’intérêt de la part des transporteurs aériens que les 747-500X et 747-600X.

Finalement, le 14 novembre 2005, Boeing lancera la troisième et certainement dernière version de son Jumbo Jet : le 747 Advanced ou 747-8.

Vol inaugural du Boeing 747-8. Photo: Boeing.

Entré en service en version cargo, 747-8F, le 8 février 2010 et en version passager, 747-8I, le 20 mars 2011, le 747-8 qui arbore une aile totalement nouvelle et les moteurs GE GEnx dérivés de ceux du 787, perdurera grâce à sa porte d’accès frontale si recherchée pour le transport de frêt.  D’ailleurs sur les 154 commandes fermes, 107 le sont pour sa version cargo, 747-8F. Pas moins de 11 exemplaires du 747-8I sont destinés au marché VIIP dont deux pour le remplacement des VC-25A (747-200B) ‘Air Force One’ en service depuis 1990. Lufthansa, Korean Air et Air China ont commandé en tout seulement 36 747-8I.

Vue d’artiste des Boeing 747-8I et 747-8F. Photo: Boeing.

En date du mois de janvier 2019, il reste plus en service que 536 Boeing 747 dont une majorité, soit 309 en version cargo. Parmi les grands transporteurs aériens mondiaux, seuls British Airways et Lufthansa en alignent une flotte importante avec 36 appareils tous des 747-400 pour le britannique et avec 32, 13 747-400 et 19 747-8 pour l’allemande.  À titre de comparaison, 1426 777 sillonnent le ciel aux quatre coins du monde dont 160 en version cargo. Les plus importants utilisateurs du ‘Triple Seven’ au monde sont Emirates avec 161 exemplaires, United Airlines, 92, Air France, 70 et Cathay Pacific, 69.

À titre de comparaison, l’Airbus A380 a finalement obtenu 254 commandes fermes pour un total de 234 appareils en service au moment de l’annonce de la fin de sa fabrication.

Dans un tel contexte, il fallait de l’aveuglement de la part de la direction d’Airbus mais aussi un financement public assuré, pour lancer l’A380.  Rappelons que le Boeing 747 fut développé sur les fonds propres de Boeing alors que l’Airbus A380 aurait englouti entre 25 et 30 milliards de dollars américains de fonds publics français, allemands, espagnols et britanniques, sans oublier ceux de la Communauté Économique Européenne.

Il faut dire que les représentants d’Airbus étaient si convaincants que je me souviens même d’avoir entendu, dans les années 2000, des jovialistes à l’emploi d’Industrie Canada et du Ministère de l’Industrie et du Commerce du Québec, prêcher pour une participation canadienne et québécoise dans ce paquebot du ciel.

L’arrivée de lAirbus A380 à l’aéroport Montréal-Trudeau (YUL). Photo: The Montreal Gazette.

La direction de l’aéroport Montréal-Trudeau (YUL) eut même eu la bêtise de succomber aux charmes des sirènes d’Airbus en aménageant à fort coût des portes pour l’Airbus A380.  Air France y exploita un vol quotidien pendant un an. D’ailleurs, le transporteur français n’honorera jamais l’intégralité de sa commande de douze A380.

Des hordes de curieux s’étaient même agglutinés aux abords de l’aéroport montréalais afin d’assister au premier atterrissage du quadrimoteur géant d’Airbus.

Avec l’Airbus A380, l’aviation spectacle aura atteint son apogée.

 

 

 

 

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Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. https://infoaeroquebec.net/un-tiens-vaut-mieux-que-deux-tu-lauras/ https://infoaeroquebec.net/un-tiens-vaut-mieux-que-deux-tu-lauras/#comments Mon, 21 Jan 2019 05:05:31 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=28131 MONTRÉAL – Nombre de mots : 872 – Temps de lecture : 4 minutes.

Alors que l’Airbus North America Media Tour 2019’ se conclut après les visites des installations de Mirabel, Columbus et Mobile, il n’y a plus un seul doute sur les intentions d’Airbus au Canada.

Voulant tirer de sa grande générosité d’avoir sauvé le CSeries et de l’hostilité envers Boeing, bien entretenue par la direction de Bombardier, les politiques, particulièrement l’ancien premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sa ministre de l’Économie, Dominique Anglade, le ministre fédéral du commerce international, François-Philippe Champagne, le coordonnateur québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (IAMAW), David Chartrand et même, dans une certaine mesure, la presse par la voix de certains journalistes pour ne pas dire commentateurs, Airbus voit grand.

Le Premier Ministre du Québec avait même été jusqu’à prononcer, le 27 septembre 2017, aux installations de Bombardier de Mirabel, à quelques pieds de moi ‘Pas un boulon, pas une pièce, pas un avion de Boeing au Canada’.

Mais tous ces gens ont la mémoire bien courte.

Qui se souvient que le gouvernement français a bloqué l’offre de motorisation de l’avion de transport tactique Airbus A400M d’un moteur déjà existant de Pratt & Whitney Canada, le PW180, par un moteur encore sur la planche à dessin, l’Europrop TP400, qui a demandé la collaboration de Safran, Rolls Royce, ITP et MTU.  L’occupant de l’Élysée de l’époque, le Président Jacques Chirac, en avait fait une affaire personnelle en intimant à Airbus de trouver une solution européenne. La mise au point du moteur européen s’avèrera un cauchemar, comme celle d’ailleurs de l’avion.

Il est essentiel de rappeler qu’Airbus favorise les entreprises françaises et allemandes puis plus largement, européennes même sur ces avions civils, ce qui se traduit par le fait que tous les Airbus sont par exemple équipés de trains d’atterrissage, MessierDowty, à l’exception de l’A380 et de suites avioniques et de tubes Pitot Thales.

Alors que les dirigeants d’Airbus se voient déjà remporter les importants contrats de l’Aviation royale canadienne (ARC), il est de mise de se demander si le marché français de la défense est ouvert aux entreprises non-européennes.

Un survol rapide du parc des aéronefs de l’Armée de l’Air, de l’Armée de terre, de la Marine nationale, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale est édifiant.

A quelques exceptions près, tous les aéronefs proviennent de manufacturiers français ou, à défaut, européens.

Les quelques exceptions sont les vieux tankers Boeing KC-135 Stratotanker achetés dans les années 1960 et maintenant remplacés sans aucun appel d’offres par les Airbus A330MRTT, quelques systèmes de détection et de commandement aéroporté (SDCA ou en anglais AWACSAirborne Warning and Control System)Boeing E-2A Sentry et NorthropGrumman E-2B Hawkeye, aucun avion français ou européen ne pouvant assurer la surveillance du ciel mais auxquels Airbus souhaite maintenant offrir un remplaçant ainsi que quelques LockheedMartin C-130J Super Hercules, les Airbus A400M étant incapables de ravitailler en vol les hélicoptères.

Qu’il s’agisse des chasseurs bombardiers Dassault Mirage 2000B/C/D/F et Rafale B/C/M, des hélicoptères SA342 Gazelle,  TTH-90/NH-90 Caïman, EC-665Tigre, EC-725 Caracal, AS532 Cougar, SA330 Puma, EC120 Calliopé, AS555 Fennec, SA-365F Dauphin, AS-565 Panther, des avions de liaison TBM-700, des avions de transport A310-200, A330-200, A340-200, C-160 Transall, C235 et A400M, des ravitailleurs A330MRTT Phénix, des avions de guerre électronique C-160 Transal Gabriel, des avions de transport VIP Dassault Falcon 900, 2000 et 7X, des avions d’entraînement TB-30 et Dassault Dornier AlphaJet, des avions de patrouille maritime Dassault Falcon 200, 50M et ATL2 Atlantique, ils ont été tous acquis sans appel d’offres donc par des contrats de gré à gré.

Il en est de même dans le secteur paramilitaire alors que la Gendarmerie et la Police Nationale n’alignent pas un seul Bell Helicopter, Sikorsky ou MD Helicopters, leurs flottes étant constituées exclusivement d’Airbus Helicopters.

Il en est de même en Allemagne où hormis les hélicoptères lourds Sikorsky CH-53G acquis en juin 1970, aucun hélicoptère européen n’étant capable d’héliporter des pièces d’artillerie.

Il va de soi que tous ses aéronefs sont équipés d’une motorisation, d’une avionique, de systèmes et d’équipements francais.

Récemment, des rumeurs voulaient que la Luftwaffe s’intéresse au chasseur bombardier américain de cinquième génération LockheedMartin F-35 Lightning II pour remplacer ses vieux Panavia Tornado. Le Président de la France, Emmanuel Macron se rua alors à Bonn pour convaincre la Chancelière allemande, Angela Merkel, de ne pas se laisser tenter par l’avion d’Outre-Atlantique. Le chef de l’état français réussit à embarquer son homologue allemande dans un projet d’avion de combat futur furtif ‘de papier’ sous l’égide, tout naturellement, d’Airbus et de Dassault Aviation.

Dans ce contexte, le gouvernement fédéral du Libéral Justin Trudeau devrait bien réfléchir avant de se jeter à corps perdu dans les bras d’Airbus pour avoir ‘sauvé, le CSeries et promettre mer et monde en matière de retombées économiques.

À elles seules, les retombées économiques de Boeing au Canada sont de l’ordre de 4 milliards de dollars par an sans compter celles des autres constructeurs aérospatiaux américains comme LockheedMartin, Bell Helicopters, des motoristes comme Pratt & Whitney et GE Aviation et des équipementiers. Celles d’Airbus avoisinent, à peine, annuellement, un milliard de dollars.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

 

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La longue liste de vœux d’Airbus Canada. https://infoaeroquebec.net/la-longue-liste-de-voeux-dairbus-canada/ Wed, 16 Jan 2019 05:53:30 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=28097 MONTRÉAL – Nombre de mots : 1004 – Temps de lecture : 5 minutes.

Airbus Canada n’a pas invité une trentaine de journalistes hormis pour la deuxième fois ceux d’Info Aéro Québec, à son Airbus North American Tour 2019 pour seulement les entretenir des vertus indéniables du CSeries devenu après le don du programme à l’avionneur européen, l’A220, le même avion que John Leahy, l’ancien directeur des ventes d’Airbus, ‘l’homme aux dix milles Airbus’ avait qualifié en janvier 2016, d’’Orphan’ et de ‘Little nice aircraft’ et de ‘Poor seller’.

Lundi, après avoir visité les installations d’Airbus à Mirabel, le groupe de journalistes et de bloggers a été transporté vers l’usine d’assemblage d’Airbus Helicopters à Columbus, au Mississipi (GTR), dans un A319 d’Air Canada dédié aux transports VIP de membres des clubs de sport professionnels.  Cette visite occupa son mardi avant qu’il ne s’envole à nouveau afin de découvrir le hall d’assemblage d’Airbus à Mobile, en Alabama (MOB), où sont assemblés à partir de kits venus d’Europe depuis 2016 des Airbus A320 et à partir de 2020, des A220, naguère connus sous le nom de CSeries.

La machine à propagande d’Airbus n’a pas déplacé tout ce beau monde, y compris des journalistes et bloggers canadiens, pour lui seriner uniquement les qualités de l’A220.

L’objectif est de préparer le terrain pour fondre sur les prochains gros contrats que va octroyer le gouvernement canadien au profit de l’Aviation royale canadienne (ARC) ou Royal Canadian Air Force (RCAF).

Le constructeur aérospatial franco-germano-espagnol voit grand, même très grand

Rin de nouveau vous me direz car dès mon entrevue réalisée avec Simon Jacques, président d’Airbus Defence and Space Canada, lors du Salon CANSEC tenu en mai 2016 alors que je devinais avant bien d’autres le plan du constructeur européen http://infoaeroquebec.net/cansec-2016-les-trois-priorites-dairbus-defense-and-space-canada/.

Mais heureusement, le Canada a une longue tradition d’achats d’avions militaires américains avec

Les chasseurs :

North American F-86 Sabre en 1950

McDonnell F2H Banshee en 1955

Lockheed F-104 Starfighter en 1961

McDonnell F-101 VooDoo en 1963

McDonnell F-18 Hornet en 1982,

 

Les avions de transport tactique :

Lockheed C-130E/H Hercules

Lockheed Martin C-130J Super Hercules

 

Les avions de transport stratégique :

Boeing C-137

Boeing C-17 Globemaster III

 

Les avions de patrouille maritime :

Grumman CP-121 Tracker

Lockheed CP-127 Neptune

Lockheed CP-140 (P-3A Orion)

 

Les hélicoptères légers :

Bell Helicopter CH-136 Kiowa

Bell Helicopter CT-139 JetRanger

Bell Helicopter CH-118 Iroquois

Bell Helicopter CH-135 Twin Huey

Bell Helicopter CH-146 Grifon

 

Les hélicoptères moyens :

Boeing CH-113 Labrador

Boeing CH-113 Voyageur

 

Les hélicoptères lourds :

Boeing CH-47A

Boeing CH-47D

Boeing CH-47F

 

Les hélicoptères maritimes :

Sikorsky CH-124 Sea King

Sikorsky CH-149 Cyclone

 

Les avions d’entraînement:

Lockheed CT-133 Silver Star

Beechcraft CT-156 Harvard II.

 

Mais le sauvetage, en septembre 2017, de la gamme de jets commerciaux biréactés monocouloirs de 100 à 130 places CSeries de Bombardier par Airbus, semble donner à ce dernier des ailes pour ne pas dire une arrogance certaine.

Le raisonnement d’Airbus et des attachés militaires français est simple : Pourquoi ne pas récompenser le Chevalier blanc, en l’occurence Airbus qui a sauvé Bombardier des affres des poursuites du géant aérospatial américain Boeing en lui octroyant les prochains très importants contrats d’achats d’aéronefs de l’Aviation royale canadienne. Rien de plus normal dans la logique Airbus. Afin de décrocher des commandes civiles, le constructeur de Toulouse n’a pas hésité à permettre au poulet thaïlandais d’entrer sur le marché européen en échange d’une commande d’Airbus par Thai Airlines au détriment, bien entendu de Boeing et à concéder des portes à l’aéroport Paris-Orly (ORY) à la Low Cost EasyJet si elle se détourne des Boeing 737 en faveur des Airbus A320. L’hebdomadaire ‘The Economist’ en a dressé la liste dans un article publié il y a une dizaine d’années.  Au Canada, nous savons très bien ce que le nom de Karlheinz Schreiber évoque.

Donc ainsi, si Airbus a dépensé tant d’argent pour traiter aux petits oignions une trentaine de journalistes mais aussi de bloggers dans ce périple de trois jours, c’est aussi pour exposer sa liste de vœux et avancer sa cause auprès du gouvernement du Canada, de celui du Québec mais aussi de la population.

La liste de vœux d’Airbus est longue :

Eurofighter Typhoon.
Photo: Airbus.

Placer ses chasseurs bombardiers bi-réactés de quatrième génération Typhoon dont le vol inaugural remonte à 1994 face au Boeing F-18E/F Super Hornet de quatrième génération et demi et le LockheedMartín F-35A Lightning II, le seul avion de combat de cinquième génération avec son grand frère, le chasseur de supériorité aérienne F-22A Raptor.

Airbus A330 MRTT.
Photo: Airbus Industrie.

Placer son ravitailleur en vol A330MRTT face au Boeing KC-46A Pegasus sélectionné par l’US Air Force, la Japan Self Defense Air Force (JSDAF) et très bientôt Heyl Ha Avir. Boeing a construit plus de 2000 tankers, Airbus moins de 60.

Vue d’artiste de l’Airbus A319MPA.
Photo: Airbus Industrie.

Placer son A319MAP (Maritime Aircraft Patrol), un avion de papier encore au stade du dessin face au Boeing P-8A Poseidon en service au sein de l’US Navy depuis 2013 qui, pour l’instant, en a passé commande de 122 exemplaires et choisi par les forces armées de l’Inde, du Royaume-Uni, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège et de l’Australie.

Placer ses satellites de communications militaires (MilComSat) face à ceux de Boeing et de LockheedMartin.

De plus depuis le Love-In Airbus-Bombardier d’octobre 2017, Airbus est partout et ses représentants et porte-paroles sont infiltrés lors de tous les salons et conférences portant sur la défense et l’aérospatiale au Canada: Canadian Aeropace Summit de l’AIAC, le Colloque sur la défense et le Forum Innovation en aéronautique (FIA) d’AéroMontréal et CANSEC de CADSI pour ne citer que ceux-ci.

Et Airbus n’a fini d’ici-là de se manifester.

L’octroi, contre toute attente par les Libéraux fédéraux de Justin Trudeau, le 1erdécembre 2016, du contrat de l’avion de recherche et de sauvetage à voilure fixe (ARSVF-FWSAR) à Airbus et à son C295, a certainement donné des ailes au constructeur européen.  Cette compétition remontant au début des années 2000 et visant au remplacement des vieux De Havilland Canada CC-108 avait pour favori, le biturbopropulsé Leonardo (anciennement Alenia) C-27J.

L’élection d’un gouvernement Conservateur avec à sa tête Andrew Scheer aux élections fédérales d’octobre 2019 qui relèguerait les Libéraux de Justin Trudeau aux bancs de l’opposition, pourrait marquer la fin des espoirs d’Airbus au Canada.

C’est à souhaiter ardemment!

 

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Le cirque médiatique d’Airbus au Canada se poursuit. https://infoaeroquebec.net/le-cirque-mediatique-dairbus-au-canada-se-poursuit/ Tue, 15 Jan 2019 04:58:03 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=28095 MONTRÉAL – Nombre de mots : 1004 – Temps de lecture : 5 minutes.

En ce début d’année, le constructeur aérospatial franco-germano-espagnol, Airbus Industrie, création des états français et allemand, au prix de centaines de milliards de dollars de subventions, a organisé pour les journalistes majoritairement américains, français et canadiens, un tour de ses installations nord-américaines du nom d’’Airbus North American Tour’, les 14, 15 et 16 janvier 2019 auquel Info Aéro Québec n’a pas été invité comme d’ailleurs lors de la tournée de promotion à Montréal, le 26 octobre 2018, de Guillaume Faury, pdg de la division des avions commerciaux d’Airbus et prochain pdg d’Airbus.

Par mes recherches sur Twitter, LinkedIn ainsi que dans nombre de publications américaines et françaises et grâce à un article paru dans le quotidien montréalais ‘La Presse’, j’ai trouvé que cette tournée a débuté, aujourd’hui lundi, aux installations d’Airbus à Mirabel, à 40 kilomètres au nord de Montréal, anciennement propriété de Bombardier et cédées à coût nul, pour ne pas dire donné, au constructeur européen après le renflouement de l’avionneur québécois par le gouvernement provincial, à hauteur de trois milliards de dollars canadiens.  La tournée se continuera très certainement aux installations d’Airbus, à Mobile, en Alabama, qui ont bénéficié des largesses financières de l’État et d’une main-d’œuvre à faible coût non-syndiqué contrairement aux installations de Boeing sises dans l’état de Washington. Elle se conclura peut-être aux installations d’Airbus Helicopters à Columbus, au Mississipi, un autre état ‘Right to Work’ peu favorable aux syndicats, contrairement à celles de Bell Helicopter au Texas, de Sikorsky, au Connecticut et de Boeing, en Pennsylvanie.

Simon Jacques, président Airbus Defense and Space Canada.
Photo: Airbus.

Bien que Noël soit maintenant derrière nous, Airbus, par la voix du président d’Airbus Defense & Security Canada, monsieur Simon Jacques, diplômé du Collège militaire royal du Canada situé à Kingston, en Ontario, et ayant servi au sein de la Marine Canadienne pendant onze ans, promit aujourd’hui la construction de deux nouvelles installations au Québec.

Dans un premier temps, Airbus promet la construction à Mirabel, d’une chaîne d’assemblage final à condition que le constructeur aérospatial franco-germano-espagnol emportait le contrat de fournitures de mini-satellites de communications de Telesat Canada.

Dans un second temps, l’avionneur européen envisagerait l’ouverture d’une chaîne d’assemblage pour son chasseur Typhoon, connu lors de son vol inaugural en 1994 sous le nom d’Eurofighter, si ce dernier remportait la compétition visant au remplacement des McDonnell Douglas F-18 Hornet livrés à l’Aviation royale canadienne (ARC) ou Royal Canadian Air Force (RCAF) entre 1982 et 1988.

Si Airbus a peut-être une chance de placer ses mini-satellites, ses chances sont nulles avec son Typhoon dont le prototype s’envola pour la première fois en 1994 et dont le premier exemplaire de série entra en service en 2003.  Cet avion de combat de quatrième génération fut acquis par les forces aériennes de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Italie dont les gouvernements financèrent le développement et de quelques autres forces aériennes de moindre importance : Autriche, Arabe Saoudite, Oman, Qatar et Koweït. Quelques 550 exemplaires du Typhoon furent livrés dont la production devrait s’arrêter dans, au plus tard, quelques années pour dépasser péniblement les 625 exemplaires. À titre de comparaison, plus de 4700 LockheedMartin F-16,    1480 McDonnell F-18A/B/C/D Hornet et plus de 600 Boeing F-18E/F/G Super Hornet/Growler ont été livrés à la même epoque.

Lockheed Martin F-35A Lightning de l’USAF.
Photo: USAF.

Le gouvernement canadien optera certainement pour le chasseur bombardier de cinquième génération LockheedMartin F-35A Lightning II, le favori des aviateurs de l’ARC, surtout si le gouvernement Libéral de Justin Trudeau est heureusement balayé hors du pouvoir aux élections d’octobre 2019 et remplacé par les Conservateurs d’Andrew Scheer.

Vol inaugural du KC-46A.
Photo: Boeing.

Là, où Airbus se jettera à corps perdu pour l’emporter sera le contrat de remplacement des ravitailleurs en vol Airbus CC-150 (A310MRTT) où il se retrouvera avec son A330MRTT face au tout nouveau Boeing KC-46A Pegasus dont le tout premier exemplaire opérationnel vient tout juste d’être livré à l’US Air Force qui a passé commande de 179 exemplaires.  Depuis les années 1950, Boeing a livré plus de 2000 ravitailleurs en vol, KB-29, KC-50, KC-97, KC-135 et KC-10 tandis qu’Airbus, moins de 60.

Néanmoins, Airbus pourra jouer sur le fait que le transporteur aérien Air Transat de Montréal, qui aligne une flotte entièrement composée d’avions de ligne Airbus dont des A330 pourra en assumer la maintenance à ses installations de l’aéroport de Montréal-Trudeau (YUL). De plus, l’alliance entre Airbus et le géant américain de la défense LockheedMartin pour faire la promotion de l’A330MRTT auprès de l’US Air Force pourrait aider le ravitailleur européen surtout si le Canada opte pour le F-35A.

Boeing P-8 Poseidon.
Photo: Boeing.

Airbus tentera sa chance aussi pour tenter de placer son A319MPA (Maritime Patrol Aircraft), un ‘avion de papier’ qui est encore au niveau des dessins pour remplacer les avions de patrouille maritime Lockheed CP-140 Aurora (P-3A Orion).  Il fera alors face là à un produit Boeing, le P-8A Poseidon, en service au sein de l’US Navy depuis 2013 qui, pour l’instant, en a commandé 122 exemplaires.  Ce biréacté de patrouille maritime construit sur la cellule de 737NextGen a été aussi sélectionné, pour l’instant, par les forces armées de l’Inde, du Royaume-Uni, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège et de l’Australie.

Quoiqu’il en soit, les qualités intrinsèques de chacun des appareils ne seront malheureusement pas les seuls facteurs considérés lors des choix du gouvernement. Rappelons-nous de l’affaire Karlheinz Schreiber…

Airbus et Bombardier à la CCMM.
Photo: Eric Carrière pour Cosmos Image.

De là, le cirque médiatique d’Airbus depuis le Love-In Airbus-Bombardier Tom Enders-Alain Bellemare de septembre 2017 qui marqua le don de la gamme du réacté de cent places de Bombardier à Airbus à coût nul. Dès le mois de mai 2016, lors du salon de la défense CANSEC, Simon Jacques lors d’une entrevue avec Info Aéro Québec, n’avait pas caché les grandes ambitions d’Airbus en terre canadienne : http://infoaeroquebec.net/cansec-2016-les-trois-priorites-dairbus-defense-and-space-canada/.

Il est temps pour les gens de Boeing et de Lockheed Martin d’occuper le terrain et de souligner auprès du public et des élus provinciaux et fédéraux comment depuis longtemps le Canada a bénéficié de son partenariat avec les industries de l’aérospatiale et de la défense des États-Unis.

 

 

 

 

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Dassault Aviation se retire pour le remplacement des F-18 des Forces armées canadiennes mais pas les français. https://infoaeroquebec.net/dassault-aviation-se-retire-pour-le-remplacement-des-f-18-des-forces-armees-canadiennes-mais-pas-les-francais/ Mon, 10 Dec 2018 02:25:19 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=27736 Dassault Aviation se retire pour le remplacement des F-18 des Forces armées canadiennes mais pas les français.

MONTRÉAL – Nombre de mots : 1687 – Temps de lecture : 12 minutes.

Le 6 novembre 2018, la Presse Canadienne et Reuters nous apprenaient que le constructeur aéronautique de Mérignac, en France renonçait à participer à l’appel d’offres visant au remplacement des 138 chasseurs bombardiers biplaces supersoniques McDonnell Douglas F-18 Hornet (98 F-18A monoplaces et 40 F-18B biplaces) de l’Aviation royale canadienne commandés en 1980 et livrés entre 1982 et 1988.

Cette étonnante décision survint un peu plus d’une semaine après la publication par le gouvernement fédéral des exigences de l’Aviation royale canadienne (ARC) ou en anglais Royal Canadian Air Force (RCAF) pour ce nouvel avion de chasse, et d’une ébauche de mécanisme qui doit mener au choix du modèle et de son fabricant, au début des années 2020.

L’appel d’offre (RFP Request for Proposal) portera sur l’acquisition de 88 avions de combat d’un montant de 16 milliards de dollars canadiens ou 12,2 milliards de dollars américains et requerra le dépôt des soumissions pour le mois de mai 2019 avec comme objectif des premières livraisons en 2025.

Avec le retrait de Dassault Aviation, quatre avions de combat devraient se retrouver en lice pour le remplacement des F-18 de l’Aviation royale canadienne :

Lockheed Martin F-35 Lightning II

Le LockheedMartin F-35A Lightning II, le seul avion de combat avec le F-22 Raptor de cinquième génération dont le premier vol remonte au 15 décembre 2006 et l’entrée en service au 2 août 2016 au sein de l’US Air Force.  Le chasseur bombardier furtif avait la faveur du gouvernement fédéral canadien précédent, celui du Conservateur Stephen Harper.

Boeing F-18E Super Hornet de l’US Navy.
Photo: US Navy.

Le Boeing F-18E/F Super Hornet, un avion totalement diffèrent du F-18A/B/C/D dont le vol inaugural remontait au 29 novembre 1995 et l’entrée en service en 1999 au sein de l’US Navy

Eurofighter Typhoon.
Photo: Airbus.

L’Eurofighter Typhoon dont le premier vol eutlieu le 27 mars 1994 et l’entrée en service en août 2004. Fondé en 1986, le consortium Eurofighter réunit la franco-germano-espagnole Airbus Defence and Space avec 46%, la britannique BAE Systems avec 33% et l’italienne Leonardo (anciennement Finmeccanica) avec 21%.  Le Typhoon est représenté au Canada par Airbus.

Saab Gripen E.
Photo: Saab Aircarft.

Le Saab JAS39E/F Gripen qui s’est envolé pour la première fois le 9 décembre 1988 et est entré en service en juin 1996.

Mais pour moi, la décision de Dassault Aviation de ne pas proposer son chasseur-bombardier Rafale dans le cadre de la compétition visant au remplacement des McDonnell Douglas F-18A/B Hornet de l’Aviation royale canadienne (ARC-RCAF) n’est pas vraiment étonnante. Le Canada a une longue tradition d’achats d’avions de combat américains avec les North American F-86 Sabre en 1950, les McDonnell F2H Banshee en 1955, puis les Lockheed F-104 Starfighter en 1961, les McDonnell F-101 VooDoo en 1963 et les F-18 en 1982.  Mais aussi il faut tenir compte de la proximité entre les militaires américains et canadiens et les problèmes de partage d’information et de données avec les États-Unis en cas d’un choix d’un système de combat non-américain. Mais le retrait ne signifie pas malheureusement pour autant que la France et l’Europe lâchent prise.

Pour ma part, je suis peu surpris du retrait de l’avionneur de Mérignac car depuis au moins le printemps dernier, Dassault Aviation s’est faite très discrète au Canada contrairement à une autre.  En 2017, lors du Salon du Bourget contrairement à l’édition 2015, Dassault Aviation n’organisa pas pour la presse canadienne un briefing sur le Rafale. L’absence de Dassault Aviation fut encore plus flagrante lors du salon annuel canadien de la défense qu’est CANSEC tenu au mois de mai 2018, au Centre EY, aux abords de l’aéroport international d’Ottawa (YOW). Lors d’éditions précédentes, les membres de l’équipe Rafale, constituée de Dassault Aviation, de Thales et de MBDA, étaient omni présents et leur offre bien visible.

Mais ce retrait de Dassault Aviation qui, il fait le dire n’avait aucune chance de placer son Rafale, fait partie à mon avis d’une stratégie de conquête française bien plus large et calculée.

Il faut en tout premier lieu comprendre le système français. L’industrie aérospatiale française est un tout où les hommes et les femmes sont issus du même sérail, ont fréquenté les mêmes écoles, se sont côtoyés, ont travaillé ensemble alors qu’ils occupaient des postes au sein des officines de l’État, du gouvernement, des forces armées, des centres de recherche et naturellement de l’industrie. Le tout est orchestré au plus haut niveau : de l’Élysée, siège du Président, de Matignon, celui du Premier ministre, du Quai d’Orsay, siège du Ministère des affaires étrangères et de l’Hôtel de Brienne, siège du Ministère de la défense.  Tous ses hommes et ses femmes travaillent dans la même direction.

Donc le retrait de Dassault Aviation laisse la place entière à Airbus dont le chiffre d’affaires est presque 14 plus grand que celui de Dassault Aviation : 4,8 milliards d’Euros (5,57 milliards de dollars américains) contre 67 milliards en 2017 (76,15 milliards de dollars américains).

Mais il ne faut pas être dupe, car Dassault ne disparaitra pas pour autant. Pendant longtemps la question se posa sur l’avenir de Dassault Aviation sur le marché de la construction d’avions de combat face aux ambitions d’Airbus Military Aircraft et de l’Allemagne avec son Eurofighter Typhoon.

Les inquiétudes au sujet du futur de Dassault Aviation sont maintenant du passé. Dassault Aviation et Airbus sont maintenant intimement liés dans le projet d’avion de combat du futur que Macron a su imposer à la chancelière fédérale de l’Allemagne, Angela Merkel ,alors que la Luftwaffe fleuretait avec l’idée d’acquérir le Lockheed Martin F-35 Lightning II pour remplacer ses chasseurs bombardiers à capacité nucléaire Panavia Tornado, rendus à bout de souffle. Fruit de la mise en commun des ressources de British Aircraft Corporation (BAC), de MBB et d’Aeritalia, le Tornado construit à 992 exemplaires effectua son vol inaugural en 1974 et entra en service en 1979. Le 14 juillet 2017, le jour même où Emmanuel Macron recevait en grandes pompes le président des États-Unis, Donald Trump, pour assister sur les Champs-Élysées au défilé militaire du 14 juillet, le président français persuadait Angela Merkel d’embarquer dans le projet d’Airbus et de Dassault Aviation d’avion de combat futur, un avion de papier, au détriment du LockheedMartin F-35A Lightning II, déjà opérationnel depuis juillet au sein de l’US Marine Corps.

Mais par son sauvetage, en septembre 2017, du programme C Series de Bombardier pris dans la tourmente suite aux différents avec Boeing mais surtout à cause de l’obstination de la direction de Bombardier de se lancer sur le marché d’Airbus et de Boeing et un carnet de commandes famélique, l’avionneur européen est maintenant en territoire conquis au Canada ou presque.

L’élection des Libéraux de Justin Trudeau y est pour quelque chose.  Le gouvernement Trudeau, alors désespéré, aurait cédé aux demandes d’Airbus qui lorgne à mon avis, de toute évidence, les importants contrats de l’Aviation royale canadienne. Côté aviation commerciale, Airbus eut son heure de gloire au Canada pendant une vingtaine d’années alors qu’au milieu des années 1980, les transporteurs aériens Canadian International puis Air Canada, sous la férule de Pierre Jeanniot, à la grande surprise de tous, abandonnèrent Boeing et McDonnell Douglas pour opter massivement en faveur d’Airbus.  Mais les choses ont heureusement changé car même si Air Transat est vendue aux produits Airbus et son choix récent de l’A321neoLR en témoigne bien, WestJest est depuis sa fondation fidèle au monocouloir Boeing 737 et a opté pour le 787 pour ses premiers bicouloirs et qu’Air Canada est revenu chez le constructeur de Seattle après vingt ans chez Airbus en portant son dévolu successivement sur le Boeing 777 puis le 787 et plus récemment le 737MAX.

Coté aviation militaire, Airbus avait déjà jeté son dévolu sur le Canada, il y a déjà plusieurs années. En mai 2015, dans une entrevue avec Simon Jacques, président d’Airbus Defense & Space, Canada, lors du Salon Cansec 2015, la table était mise.  Airbus avait de grandes visées au Canada : fournir au Canada son futur aéronef de recherche et de sauvetage (ARSVF-Projet de remplacement d’aéronefs de recherche et de sauvetage à voilure fixe ou FWSAR-Fixed-Wing Search and Rescue Aircraft Replacement Project), le futur chasseur bombardier de la RCAF en remplacement des McDonnell Douglas F-18 Hornet, celui des ravitailleurs en vol Airbus CC-150 Polaris, celui des avions de patrouille maritime Lockheed CP-140 Aurora (P-3 Orion), de satellites de communications militaires (MilSatCom) ainsi que le remplacement des Radarsat.

Les Libéraux de Justin Trudeau, une fois au pouvoir, au pouvoir, Airbus allait savourer sa première victoire par l’octroi, contre toute attente, dès le 1erdécembre 2016, à son C295, du contrat ARSVF-FWSAR.  Il faut dire que j’avais commencé, dès 2005, à couvrir ce programme visant au remplacement des vieux De Havilland Canada CC-108 Caribou dont le favori était le biturbopropulsé Leonardo (anciennement Alenia) C-27J.

Airbus n’y va pas avec le dos de la cuillère.  Depuis l’annonce du Love-In Airbus Bombardier en septembre 2017, Airbus est partout, ses représentants sont invités partout : Forum innovation aérospatiale 2018 d’Aéro Montréal, CANSEC 2018, Colloque sur la défense d’Aéro Montréal, le Sommet de l’aérospatiale canadienne de l’AIAC. La présence d’Airbus ne se limite pas aux stands mais aussi aux présentations quand ses responsables ne sont pas les orateurs d’honneur. Sans oublier, les points de presse et les visites d’officines de l’état dont la rencontre du futur patron d’Airbus, Guillaume Fleury, et du nouveau ministre de l’Économie du Québec, Patrick Fitzgibbon, en octobre dernier.

Même si le choix du futur chasseur de la RCAF devrait se porter tout logiquement sur le F-35A, Airbus entretient de très grands espoirs quant au renouvellement des tankers face au Boeing KC-46A Pegasus et des avions de patrouille maritime face au Boeing P-8A Poseidon et des satellites de communications militaires face à ceux de Boeing et de LockheedMartin.

L’annonce, le 4 décembre 2018, d’une alliance entre LockheedMartin et Airbus avec pour objectif la promotion du ravitailleur en vol Airbus A330MRTT, aidera certainement la cause d’Airbus au Canada, l’avionneur américain offrant le F-35 et le constructeur aéronautique européen Airbus, l’A330MRTT.

Néanmoins, un retour au pouvoir à Ottawa d’un gouvernement Conservateur suite aux élections d’octobre 2019 changerait heureusement la donne.

Maquette grandeur nature d’un F-35A aux couleurs de la RCAF.

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HérouxDevtek, Fitzgibbon et Bombardier. https://infoaeroquebec.net/herouxdevtek-fitzgibbon-et-bombardier/ Wed, 21 Nov 2018 05:13:59 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=27605 MONTRÉAL – Nombre de mots : 652 – Temps de lecture : 5 minutes.

Avant-hier, le lundi 9 novembre 2018, le quotidien de montréalais ‘Le Journal de Montréal’ rendait public que le Ministre de l’économie du tout nouveau gouvernement de la Coalition Avenir Québec, élu le 1eroctobre dernier, Pierre Fitzgibbon, possédait 8000 actions du fournisseur aéronautique HérouxDevtek (TSE : HRX) de Longueuil, au Québec.

Rappelons que monsieur Fitzgibbon, un diplômé en administration des affaires de l’École des HEC de Montréal, un membre de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec et un détenteur d’un certificat en gestion générale de la Harvard Business School, a été en 2018 pendant huit mois, administrateur de HérouxDevtek. Il annoncera néanmoins sa démission de ce poste 11 jours après son élection au poste de député à l’Assemblée nationale du Québec.

L’opposition accuse le Ministre de s’être mis en position de conflit d’intérêt car selon elle, il sera amené à transiger avec les dirigeants de l’avionneur québécois Bombardier (TSE: Bbd) dont HerouxDevtek serait un important fournisseur sur les programmes aéronautiques dont les CRJ à l’avenir est remis en question au sein de Bombardier.

Pour suivre HerouxDevtek depuis l’époque où l’entreprise ne se nommait encore qu’Héroux, l’information me semble incorrecte.

HerouxDevtek, depuis la vente de ses activités d’aérostructures au géant  américain du domaine Precision Castparts Corporation (NYSE:PCP) en juillet 2012, l’entreprise de Longueuil se concentre à la fabrication de trains d’atterrissages et des systèmes connexes. Par cette importante transaction, Héroux-Devtek s’est alors départi de sites de fabrication à Dorval, au Québec, à Querétaro, au Mexique, et à Arlington, au Texas qui produisaient des structures et des pièces pour différents avionneurs dont Boeing, Embraer, LockheedMartin et Bombardier pour entre autres ses jets de transport régional CRJ.

Actuellement, de mémoire, seules les gammes Learjet 70 et 75 de Bombardier sont équipées de trains d’atterrissage signés HerouxDevtek. En 2017, seulement 14 exemplaires de ces jets furent livrés.

Les gammes jets d’affaires Challenger 650, Global 5500, 6500 et 7500, sont équipées de trains d’atterrissages de la française Safran alors que les biréactés de 100-130 places C Series devenus A220 après leur passage sous le pavillon d’Airbus sont signés de l’allemande Liebherr Aerospace. Quant aux biturbopropulsés de transport régional Q400 dont la vente du programme à Viking Air a été annoncée, il y a moins de deux semaines, ils sont chaussés d’atterrisseurs de l’américaine UTC Aerospace Systems.

À la lecture du rapport financier 2018 d’HérouxDevtek, seulement 10% des ventes de la société qui se chiffrent à $386 millions émanent du Canada.

Les produits de Bombardier Aéronautique sont très peu présents dans la nomenclature des contrats de fournitures de trains d’atterrissage présente dans le rapport annuel 2018 d’HérouxDevtek :

  • L’hélicoptère militaire lourd CH-53K King Stallion de Sikorsky
  • Les jets d’affaires Legacy 450 / 500 d’Embraer
  • Le jet d’affaires Falcon 6X de Dassault Aviation
  • L’hélicoptère moyen tonnage EC-175 d’Airbus Helicopters
  • L’avion de combat monoréacté multirôle JAS 39 Gripen NG de Saab
  • L’avion amphibie CL-215 de Canadair
  • Le bimoteur utilitaire DHC Twin Otter DHC-6 de Viking Aircraft
  • Les jets d’affaires Learjet 70 et 75 de Bombardier
  • Le convertible AW609 de Leonardo
  • Le drone Global Hawk de NorthropGrumman
  • Le drone de démonstration X-45C de Boeing
  • L’hélicoptère lourd AW-101 de Leonardo
  • L’avion d’entraînement biréacté Hawk de BAE System
  • L’avion de transport militaire tactique C-27J Spartan de Leonardo
  • L’avion de transport tactique militaire quadriturbopropulsé Lockheed Martin C-130J Super Hercules
  • Les avions de ligne à bi-couloir et long et très long rayon d’action Boeing 777 et 777X
  • L’hélicoptère militaire lourd CH-47 Chinook de Boeing
  • L’avion de transport militaire tactique biréacté KC-390 d’Embraer
  • Pièces de rechange sur les programmes Legacy que sont les B-1B, B-52H, C-130, E-3 et F-16 de l’US Air Force et P-3 de l’US Navy
  • Sous-traitance auprès de UTC Aerospace Systems (Goodrich Corp.) et Safran Landing Systems.

De toute évidence, il serait bien démagogique d’accuser le ministre Fitzgibbon de conflit d’intérêts ou même d’apparence de conflit d’intérêts.

 

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Bombardier c’était écrit. https://infoaeroquebec.net/bombardier-cetait-ecrit/ https://infoaeroquebec.net/bombardier-cetait-ecrit/#comments Tue, 20 Nov 2018 01:59:58 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=27599  MONTRÉAL – Nombre de mots : 1876 – Temps de lecture : 10 minutes.

Les annonces de Bombardier (TSE: BBD.D) du jeudi 8 novembre dernier ne m’ont pas étonné outre-mesure.  En fait, il s’agit de la troisième annonce de restructuration depuis 2016 qui se soldera, cette fois-ci, par la suppression de 5000 postes dont 2500 au Québec, mais surtout par la réduction du champ d’activités de Bombardier Aéronautique. Car, en plus, alors que 75% des réductions de poste devraient toucher le secteur aérospatial, Bombardier se déleste des activités entourant son turbopropulseur de transport régional et se départit de sa division de formation des équipages d’avions d’affaires reprise par sa voisine CAE.

Depuis 2000, les annonces de mises à pieds par Bombardier ont été nombreuses:

2001: 2000 postes à Montréal et Toronto

2003:1800 postes à Montréal et Toronto

Février 2009: 710 postes

Avril 2009: 1030 postes

2015: 1000 postes

Février 2016: 2400 postes

Octobre 2016: 500 postes

Ainsi, ce qui était prévisible après la vente des installations sises à l’aéroport de Downsview (YZD), en banlieue de Toronto, en mai dernier pour $500 millions où Bombardier y assemblent les jets d’affaires de haut de gamme Global et les biturbopropulsés de transport régional Q400, le constructeur aéronautique québécois vend pour $300 millions la ligne du Q400 à Viking Aircraft, propriété de Longview Capital, contrôlé par un membre de la puissante famille canadienne Thomson, Sherry Brydson. En 20016, celle-ciavait déjà mis la main sur la gamme DHC-6 Twin Otter puis, l’année suivante, sur celles des DHC-1 Chipmunk, DHC-2 Beaver, DHC-3 Otter, DHC-4 Caribou, DHC-5 Buffalo, Dash 7 et Dash8-100/200/300 et en 2016 desCL-215, CL-215T et CL-415.

Par contre, plus étonnant est le fait que Bombardier se déleste au profit de sa voisine, l’électronicienne CAE, pour $800 millions, de ses activités de formation aux équipages de ses jets d’affaires des gammes Learjet, Challenger et Global y compris les tout derniers Global 5500, 6500 et 7500.

Déjà depuis très longtemps, la question de la sortie de Bombardier du créneau des avions régionaux se pose. Je me souviens que le sujet avait été soulevé par des analystes français avec qui je discutais le matin même d’une assemblée des actionnaires de Bombardier, vers la fin des années 1990.

Nous avancions déjà à l’époque que Bombardier ne conserverait à terme que ses activités de construction de jets d’affaires, se départissant, le moment venu, de celles des avions de transport régional au profit d’Airbus.

Bombardier Q400 NextGen.
Photo: Bombardier.

Personnellement, je croyais qu’Airbus déjà propriétaire à parts égales avec l’italienne Finnemecanica devenue le 1erjanvier 2007, Leonardo, du constructeur du concurrent du Q400, ATR, basé à Toulouse, aurait été tenté de mettre la main sur le biturbopropulsé canadien pour compléter sa gamme vers le haut.  Plus récemment, appuyée par Leonardo, la direction d’ATR, pendant des années, a souhaité lancer un biturboprop de 100 places, chose à laquelle s’opposait Airbus.

Mais surtout depuis quelques années, le Q400 de Bombardier décliné en une seule version le Q400 NextGen de 86 places, certes populaire aux États-Unis et en Europe de l’ouest, s’est fait distancer par son concurrent franco-italien qui offre son turbopropulsé en deux formats : l’ATR-42-600 de 48 places et l’ATR-72-600 de 70 places.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

En 2017, ATR a livré 77 appareils soit 70 ATR-72-600 et 7 ATR42-600, Bombardier, 30.  ATR a reçu commande de 113 appareils, Bombardier, 42.  Le carnet de commandes d’ATR en date du 31 décembre 2017 se chiffrait à 276 appareils, Bombardier, 43.

ATR 42-600 4US.
Photo: ATR.

De plus les équipes d’ATR peuvent compter sur les synergies avec Airbus, celles du Q400, sur aucun ‘grand frère’.

Mais avec la vente pour ne pas dire le don de la gamme C Series à Airbus et maintenant la cession du Q400 à Viking Aircraft, il ne reste plus à Bombardier dans le secteur de la construction d’avions commerciaux que sa gamme CRJ, déclinée certes en trois formats CRJ-700 NextGen, CRJ-900 NextGen et CRJ-1000 NextGen, mais vieillissante. Bombardier pourrait procéder maintenant à la remotorisation de cette gamme dont le vol inaugural du CRJ100 remonte au 10 mai 1991 et celle du CRJ700 au 27 mai 1999. Il y a un an, Bombardier avait rejeté l’idée de remotoriser sa gamme CRJ dont les moteurs General Electric GE34 sont dérivés du TF34 conçu pour l’avion de combat Republic Fairchild A-10 Thunderbolt II ayant volé pour la première fois le 10 mai 1972.

Embraer E195-E2.
Photo: Embraer.

De plus, la concurrence de l’avionneur brésilien Embraer sur ce créneau ne pourra que devenir plus forte avec son alliance avec le géant de Seattle, Boeing, surtout que le constructeur de Sao José dos Campos à la haute main sur ce marché depuis quelques années.

Sur ce créneau encore, Bombardier peine. En 2017, Embraer a livré 101 jets régionaux (79 E175, 12 E190 et 10 E195), Bombardier 26 (1 CRJ701, aucun CRJ705, 18 CRJ900 et 7 CRJ1000).

Coté prise de commandes, le constructeur aéronautique brésilien en a accumulé 88 contre 33 pour Bombardier. Là où le bât blesse le plus est le carnet de commandes alors que celui d’Embraer s’élève à 435 appareils contre seulement 42 pour Bombardier.

De plus, un jour prochain, lancé au Salon du Bourget 2007, le MRJ ou Mitsubishi Regional Jet dont le vol inaugural du MRJ900 est survenu le 11 novembre 2015, s’invitera sur ce marché soutenu sur le plan marketing par Boeing.

Le MRJ90 lors de sa sortie d’usine.
Photo: MHI.

Décliné en deux versions, le MRJ70 de 70 places et le MRJ90 de 90 places, le Mitsubishi Regional Jet a accumulé, en dépit de nombreux retards, 65 commandes de son MRJ70 et 223 de son MRJ90 accompagnées de 184 options. Plus lourd de conséquence pour Bombardier, deux transporteurs régionaux américains Trans State Holdings et SkyWest ont passé commandes respectivement de 55 et 107 appareils, assortis d’un total de 150 options. Il faut souligner à gros traits que le marché américain absorba la majorité des CRJ depuis le tout-début et que les transporteurs américains restent les plus importants utilisateurs au monde du biréacté de transport régional de Bombardier.

Le MRJ90 devrait entrer en service en 2020 et le MRJ70, en 2022.

En dépit des assurances d’Alain Bellemare, pdg de Bombardier, l’avenir de la division Avions commerciaux ou des CRJ se fera-t-il au sein de Bombardier? Il est légitime de se poser de sérieuses questions.

Monsieur Bellemare a déclaré que ‘Bombardier ‘will continue to actively participate in the regional aircraft market with the scope-compliant CRJ while we explore strategic options for the program’. Néanmoins, il ne cacha pas son intention d’en réduire les coûts de production, d’en augmenter les ventes car ‘We are losing money on the CRJ…We are working with suppliers, but we need to see more movement from suppliers on cost’.

De plus, il ne faut pas oublier que les CRJ sont des vieux avions dérivés, il faut le souligner du jet d’affaires Challenger CL-601 contrairement aux E-Jet E2 et aux MRJ, plus modernes et conçus spécifiquement pour le transport aérien régional.

Mais il est essentiel de rappeler que le marché de la construction d’avions de transport régional reste relativement marginal.

Selon le plus récent Current Market Oulook de Boeing, couvrant la période 2019-2038, 2320 avions de transport régional d’une valeur de 110 milliards de dollars américains seront livrés contre 31360 avions de ligne monocouloirs d’une valeur de $3480 milliards, 8070 avions de ligne bicouloirs d’une valeur de $2480 milliards et 980 avions cargo d’une valeur de $280 milliards.

Sur un marché global de 42730 jets de transport commercial d’une valeur de $6300 milliards, celui des jets régionaux ne représente que 2320 avions d’une valeur de $110 milliards soit 5,43% en volume et 1,74% en valeur.

À titre de comparaison, Boeing a livré en 2017 529 Boeing 737 alors que la cadence de production du monoréacté assemblé à Renton, dans l’état de Washington, passera de 47 737 par mois à 52 en 2018 et 57 en 2019.

Bombardier Aéronautique a un avenir plus assuré sur le marché de la construction d’avions d’affaires qui selon les dernières prévisions ‘Honeywell Business Jet Aviation Forecast’ dévoilées lors du salon de la National Business Aviation Association, tenu en octobre à Orlando, en Floride, tablent sur la livraison de 7700 avions d’affaires d’une valeur de $251 milliards de dollars américains pour la période de dix ans s’étalant de 2019 à 2028.

Bombardier Global 7500.
Photo: Bombardier Aerospace.

En 2017, les activités Avions d’affaires de Bombardier ont généré un chiffre d’affaires de $4,961 milliards dégageant un profit de $391 millions alors que les avions commerciaux avaient généré des ventes de $2,382 milliards et une perte de $385 millions.  De plus, ces chiffres de la division Avions commerciaux incluaient la livraison de 17 C Series et 30 Q400 qui faisaient encore partie du catalogue de Bombardier.

De surcroit, sur le marché de la construction d’aéronefs d’affaires, Bombardier Avions d’affaires, se classe, en bonne seconde position derrière l’américaine Gulfstream Aerospace de Savannah, en Georgie et loin devant les troisième et quatrième, en 2017, respectivement Textron Aviation qui chapeaute les gammes Cessna et Beechcraft et Dassault Aviation et ses Falcon.

Livraisons en unités et en dollars américains en 2017

 

Beechcraft 86

$604,804,063

Bombardier 140

$5,200,560,707

Cessna 249

$2,261,347,100

Dassault 49

$2,420,000,000

Embraer 109

$1,352,795,00

Gulfstream 120

$6,563,400,00

Textron Aviation 335

$2,866,151,163

Source : GAMA.

De plus, le gouvernement fédéral canadien a octroyé le 7 février 2017 à Bombardier un ‘prêt’ d’une valeur de $372,5 millions dont l’essentiel destiné au jet d’affaires à cabine large et long et très long rayon d’action Global 7000, devenu depuis le Global 7500, assemblé pour l’instant aux installations de Bombardier à Downsview, en banlieue de Toronto.

Bombardier BRJ-X.
Photo: Bombardier.

La grave et funeste erreur de la direction de Bombardier fut de s’entêter à vouloir entrer avec un tout-nouveau jet commercial de 100 places dans la cour des grands que sont Boeing et Airbus.  Ce projet remonte chez l’avionneur de Saint-Laurent au BRJ-X dont le lancement eut lieu le 8 septembre 1998 lors du Salon de Farnborough et de son descendant, le C Series, lancé à son tour, le 13 juillet 2008, encore une fois lors du Salon de Farnborough. Cela n’est pas sans me rappeler l’obsession d’Airbus avec son A380.

Et contrairement à ce qu’avancera, le jour de l’annonce de Bombardier, sur les ondes de Radio-Canada, le journaliste économique René Vézina, Boeing n’est pas responsable des ennuis de Bombardier. L’entêtement de la direction de Bombardier à lancer un jet commercial de 100 places et d’ainsi entrer dans le pré-carré d’Airbus et de Boeing, au détriment de se concentrer au renouvellement de la gamme des CRJ, en fut la cause.

Quoiqu’il en soit l’honneur du Canada est sauf car le Q400 et les activités de formation aux équipages des jets d’affaires de Bombardier restent entre des mains canadiennes…

Le cours de l’action de Bombardier a perdu le 8 novembre 2018, jour des annonces du constructeur, $0.78 soit 24,45% pour se transiger en fin de journée à $2,41, alors son plus bas niveau depuis le 6 octobre 2017.

Nous nous souviendrons que l’action de Bombardier a atteint un sommet le 13 juillet 2018 à $5.41 après avoir atteint un creux historique le 13 février 2016 à $0.81. Historiquement, l’action atteignit son sommet absolu le 29 septembre 2000 à $26.00.

L’action de Bombardier a encore reculé depuis les annonces du 8 novembre 2018 pour atteindre $1,67, le 16 novembre 2018, une dégringolade de 20,10% par rapport à la veille.

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Le cirque médiatique d’Airbus au Canada ne fait que commencer. https://infoaeroquebec.net/le-cirque-mediatique-dairbus-au-canada-ne-fait-que-commencer/ https://infoaeroquebec.net/le-cirque-mediatique-dairbus-au-canada-ne-fait-que-commencer/#comments Tue, 25 Sep 2018 03:32:29 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=27235 MONTRÉAL – Nombre de mots : 1368 – Temps de lecture : 10 minutes.

Croire que le constructeur aérospatial franco-germano-espagnol, Airbus Industrie, création des états français et allemands, au prix de centaines de milliards de dollars de subventions depuis sa création selon l’hebdomadaire économique britannique The Economist dans un long article publié il y a une dizaine d’années, a sauvé le biréacté monocouloir de 100 à 130 places C Series par bonté d’âmes, serait vraiment naïf.

Alain Bellemare, pdg de Bombardier et Tom Enders, pdg d’Airbus.
Photo: Philippe Cauchi.

Airbus nous a habitués aux grands effluves d’amour pour obtenir des contrats au Canada. Rappelons-nous du début des années 1980 alors que le consortium jadis franco-germano-espagnol-britannique voulait placer ses avions de ligne chez le transporteur national Air Canada. Après avoir été heureusement rejeté au profit de Boeing et de son tout nouveau biréacté bicouloir 767, Airbus persévéra pour caser, en 1987, son biréacté à fuselage large moyen-courrier A310 auprès du transporteur Wardair d’Edmonton, en Alberta, qui passeront chez Canadian International Airlines de Calgary, en Alberta lors de sa reprise par ce dernier. Canadian International Airlines passera une modeste commande de 13 biréactés monocouloirs de 150 places A320.  Puis stupéfaction, en juillet 1988, au prix de promesses de retombées économiques et industrielles mirifiques et même de la location de somptueux bureaux à la Place Ville-Marie, en plein cœur de Montréal, Airbus plaça son A320 auprès du transporteur national canadien, encore à l’époque ‘société de la couronne’ ou plus simplement propriété de l’état canadien, avec la commande de 34 A320 au prix de $1,5 milliard. La flotte d’Air Canada n’était alors constituée que d’aéronefs américains, des Boeing 737,747,767, des McDonnell Douglas DC-9 et des Lockheed L-1011 TriStar.

Airbus A320 d’Air Canada.

Tout le monde connaît la suite, Air Canada opéra au fil des ans plus de 150 Airbus : A319, A320, A320, A330 et A340.

Puis le gouvernement fédéral Progressiste Conservateur de Brian Mulroney, dont le nom sera lié au scandale Karlheinz Schreiber, viendra au secours de Canadian International Airlines qui avait hérité de dix A310 suite à sa reprise de Wardair, en rachetant cinq d’entre eux pour la Force aérienne canadienne ou Canadian Air Force et qui deviendront les CC-150 Polaris dont deux ont été transformés en Allemagne en ravitailleur en vol A310MRTT et un en avion d’état, transportant le Premier ministre lors de ses déplacements.

Airbus CC-150 Polaris de l’aviation royale canadienne.
Photo: MDN.

Mais depuis près de trois ans, Airbus est en campagne pour s’emparer des contrats aérospatiaux à venir du Ministère de la défense nationale du Canada.  Une entrevue réalisée avec Simon Jacques, président d’Airbus Defence and Space Canada lors du Salon CANSEC tenu en mai 2016 en témoigne http://infoaeroquebec.net/cansec-2016-les-trois-priorites-dairbus-defense-and-space-canada/.

Et la stratégie paye même si je devrais dire que la prise du pouvoir par les Libéraux de Justin Trudeau, n’est certainement pas étrangère au premier succès d’Airbus auprès de l’Aviation royale canadienne (ARC) ou Royal Canadian Air Force (RCAF). Contre tout attente, l’avionneur européen avec son biturbopropulsé à aile haute C295W remporta la compétition visant au remplacement des CC-115 Buffalo, le ‘Projet de remplacement d’aéronefs de recherche et de sauvetage à voilure fixe’ (ARSVF) ou Fixed Wings Search and Rescue (FWSAR).  Depuis le début du processus en 2002, le Leonardo, anciennement Alenia AermacchiC-27J Spartan, avait toujours figuré comme favori. Étrangement, quelques jours avant l’annonce, les gens d’Airbus furent invités à tenir un point de presse par Aéro Montréal.

Airbus Military C295W.
Photo: Airbus Defense and Space.

Mais la légitime poursuite engagée par Boeing contre Bombardier auprès de l’US International Trade Commission (ITC) suite à la vente à prix bradé par Bombardier de 75 C Series au transporteur américain Delta Air Lines qui tourna en drame national au royaume de Bombardier, allait donner au constructeur européen l’occasion de se poser en ‘chevalier blanc’, en ‘défenseur de la veuve et de l’orphelin’, en volant au secours du programme C Series.

Mais nul n’est dupe qu’il y a eu intervention du gouvernement Trudeau auprès d’Airbus qui a dû certainement promettre de favoriser Airbus lors des tout prochains importants appels d’offres du Ministère de la défense nationale du Canada: remplacement des McDonnell Douglas F-18 Hornet, des Airbus CC-150 Polaris, des Lockheed CP-140 Aurora, des MilSatCom sans oublier des conséquents contrats en cyber sécurité.

Lockheed Martin F-35A Lightning II.
Photo: USAF.

F-18E Super Hornet.
Photo: US Navy.

Airbus proposera son Eurofighter Typhoon dont le vol inaugural remonte au mois de mars 1994 pour remplacer les F-18C/D de la RCAF et affronter les Boeing F-18E/F Super Hornet, Lockheed Martin F-35A Lightning II, Dassault Rafale et Saab Gripen. Pour succéder au CC-150, Airbus proposera son A330MRTT face au Boeing KC-46A Pegasus, dont le premier exemplaire vient d’être tout récemment accepté par l’US Air Force et choisi par la Japan Air Self-Defence Force (JASDF) et, sur le point de l’être, par Heyl Ha Havir.

Vol inaugural du KC-46A.
Photo: Boeing.

Au remplacement des avions de patrouille et de lutte anti-sous-marine (ASW) Lockheed CP-140 Aurora (P-3A Orion), Airbus proposera une version ASW de l’ATR ou offrira un ‘avion de papier’ basé sur l’A320 ou même l’A220, connu naguère sous le nom de C Series afin de contrer le Boeing P-8A Poseidon, en service dans l’US Navy et choisi, pour l’instant, par les forces armées du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Corée du Sud, du Japon, de l’Inde, de la Norvège et de la Nouvelle-Zélande.

L’enjeu est de taille pour Airbus qui actuellement au Canada n’a connu de succès qu’avec Air Transat, qui, il faut le reconnaître, est une quantité négligeable face aux flottes d’Air Canada, WestJet et SunWing qui ont tous opté pour les avions de ligne de Boeing : 737NextGen, 737Max, 777 et 787.

Boeing 787-9.
Photo: Boeing.

Airbus va donc jouer à fonds les promesses de retombées économiques et, ‘tout naturellement, rappeler son geste de bonne volonté qui a ‘sauvé’ le C Series.

Ainsi l’offensive médiatique grand public se poursuit avec un texte signé de Tom Enders, pdg d’Airbus, publié dans l’édition du 6 septembre 2018 du quotidien de Toronto, ‘The Globe and Mail’. Nous nous rappellerons des grandes accolades et fous rires de Tom Enders et d’Alain Bellemare, pdg de Bombardier, lors de l’annonce de la reprise du programme C Series par Airbus, en septembre 2017, puis en juillet 2018, lors du passage sous le giron d’Airbus des installations du C Series à Mirabel.

Sous le titre de ‘Airbus – Canada partnership can build a bright future off a storied past’, Tom Enders commence par encenser le passé glorieux de l’industrie aérospatiale canadienne ‘Canada has a great history of innovation in aerospace’ mais se ressaisit vite en ajoutant qu’Airbus veut participer au futur plein de succès de l’industrie aérospatiale canadienne.

Condescendance oblige, monsieur Enders souligne les premières mondiales venues du Canada : l’avion de ligne Avro C102 Jetliner en 1949, les satellites Alouette I en 1962 et le Canadair Regional Jet à la fin des années 1980, sans oublier le C Series devenu en juillet 2018 l’Airbus A220 depuis que le programme a été donné à l’avionneur européen.

Le pdg ne put s’empêcher de souligner à nouveau les 1000 emplois d’Airbus au Canada et le milliard de dollars d’achat de biens et services que réalise l’avionneur européen au Canada chaque année. Il est à noter que cela est peu face au quatre milliards de dollars d’achats effectués au Canada chaque année, par Boeing, sans compter les achats de Lockheed Martin, Bell Helicopter Textron, Pratt & Whitney,…

Naturellement, Airbus, par la plume de son pdg, s’engage à être aux côtés de l’industrie aérospatiale canadienne……à plus forte raison si Ottawa s’arrange pour imposer à l’Aviation royale canadienne (ARC), l’Eurofighter, l’A330MRTT, l’A320ASW et les SatCom d’Airbus

Tom Enders y va d’une dernière envolée ‘Aviation and aerospace are crucial growth and prosperity drivers for the future. Airbus and Canada, by continuing to work and innovate together, will make it fly’. Tout personne sensée et non-partisane, se souviendra de l’attitude d’Airbus après avoir été choisi pour la première fois par Air Canada en 1988, avec l’A320 face aux McDonnell Douglas MD-88 et Boeing 737-400. Airbus alors ferma ses bureaux de la Place Ville-Marie et dirigea toute son énergie sur le prochain marché à conquérir.

À l’opposé, Boeing, même si ces avions de ligne ont été boudés pendant près de 20 ans par Air Canada, continua à considérer le Canada comme un des pays où il s’approvisionne le plus, année après année.

Il est facile d’imaginer que le cirque médiatique d’Airbus au Canada ne fait que commencer.

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Airbus BelugaXL rolls-out of paintshop https://infoaeroquebec.net/airbus-belugaxl-rolls-out-of-paintshop/ Sat, 07 Jul 2018 11:41:19 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=26502

Transport aircraft unveils special livery chosen by Airbus employees

 

Toulouse, 28 June 2018 – The first BelugaXL has rolled out of the paintshop unveiling a special livery making it look like a Beluga Whale. The livery was one of six choices submitted to Airbus employees through a poll in which 20,000 people participated. With 40% votes in favour, the smiley livery won.

 

The BelugaXL will now undertake ground tests before first flight planned in summer 2018. The decision to build the BelugaXL was taken in November 2014 to address the transport and ramp-up capacity requirements for Airbus beyond 2019. The new oversize air transporters are based on the A330-200 Freighter, with a large re-use of existing components and equipments. The first of five BelugaXLs will fly in summer 2018 and enter into service in 2019.

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Airbus ‘Carnet de Vol’, a professional event for young people https://infoaeroquebec.net/airbus-carnet-de-vol-a-professional-event-for-young-people/ Sat, 07 Jul 2018 11:21:11 +0000 http://infoaeroquebec.net/?p=26499

Logo Airbus.

Toulouse, 28 June 2018 – The 7th edition of “Carnet de Vol” will take place at Airbus on Friday, 29 June. This year, once again, Airbus is promoting the professional integration of the work/study students and interns from its different divisions and subsidiaries on completion of their in-company training.

 

Nearly 600 young future graduates with a work/study contract or doing an internship will have the opportunity to meet nearly seventy companies seeking job applicants qualified for the aeronautical and space sectors.

 

During this ‘job-dating’, the young people will be able to talk to the companies present and try to land a job. There will be a greater number of employers at this key event this year than for the previous edition.

 

“Carnet de Vol” offers a wonderful opportunity for these young people: in 2017, 68% of the work/study students were offered a job interview further to this event, and 47% received a job offer in the following weeks.

 

In addition to the SMEs and major companies present for this day, temporary employment agencies, the “Air Emploi” and “Pôle Emploi” job centres will provide their know-how to help and advise the future graduates. Airbus’ partners for this event will also be present: GIFAS, UIMM, OPCAIM, Occitanie region, MEDEF and the Toulouse CCI, along with representatives from institutional bodies.

 

This event is also held every year at the Cité des Congrès in Nantes.

 

At present, Airbus has more than 1,700 work/study students on its French sites, receiving  training in professions ranging from production to engineering, including technical, support and service functions.

 

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